Mon frère m’avait déposé au port de Lauricisque où il avait à faire pour la journée. Sébastien était passé m’y récupérer, et, depuis 8 heures du matin, nous attendions garés sur le boulevard Nelson-Mandela, non loin du Centre des arts, en plein cœur de Pointe-à-Pitre. De la voiture, nous observions l’entrée et la sortie du parking souterrain construit sous un des bâtiments de la résidence Mortenol. Une barre d’immeubles délabrés des années 1970, comme seules les municipalités communistes pouvaient en commettre.
L’ancien parking était devenu un haut lieu du business de la drogue, à quelques centaines de mètres du commissariat. Les trafiquants y avaient organisé une sorte de drive, à l’image de celui d’un McDo. Les acheteurs pénétraient dans le souterrain par un côté et en ressortaient de l’autre. Le flot de clients semblait intarissable. Nous avions bien identifié les guetteurs qui s’égaillaient aux rares passages d’une estafette de police.
Sébastien me manifestait depuis ce matin sa mauvaise humeur. La veille, il avait commencé par refuser de m’accompagner pour mille et une raisons. « La nuit à Rochebonne ne t’a pas suffi – C’est du ressort d’Aoudiani – J’ai autre chose à faire. » Avec mon bras saucissonné, j’avais pourtant besoin de son aide et ce fut la menace d’y aller seul qui finit par le convaincre.
— C’est quoi cette coupe de cheveux ? T’avais des poux ? se moqua Sébastien.
— Anna aime bien. Tu as vu Diaz ? lui demandai-je.
— Qu’est-ce que tu lui veux encore ?
— Eh ben, après les évènements de l’autre nuit sur sa propriété, ça mérite quelques explications, tu ne crois pas ?
— Je suis sûr qu’il n’est au courant de rien. De toute façon, il ne vit plus à Rochebonne depuis des années.
— Tu es sûr de ça ?
— Marc, je me trouvais dans un bar avec Diaz quand tu m’as appelé pour me dire que tu allais à Rochebonne. Il ne pouvait pas être à Capesterre et à la Marina en même temps !
— Et tu lui as dit que je me rendais sur sa plantation ? C’est pour ça qu’ils me sont tombés dessus aussi vite…
— Mais non, t’es con ou quoi ? Je ne lui en ai pas parlé. Pourtant j’aurais dû le faire, ça t’aurait évité tout ça.
— Et pour le Curlone que j’ai trouvé ?
— S’il y avait eu du Curlone, ce devait être un vieux stock oublié depuis son interdiction, il y a plus de vingt ans.
— Comment ça, « si » ? Tu as vu mes photos ! Le sac brûlé, tu t’en souviens ? lui répondis-je, énervé.
— Oui, mais mets-toi à sa place. Ce type gère des dizaines de boîtes, il ne peut pas tout savoir sur tout, et encore moins ce que contient un ancien conteneur laissé dans un coin d’une de ses propriétés. De toute façon, il était vide quand les flics sont arrivés.
— C’est impossible ! En tout cas, on devrait être fixé ce matin, si les infos de Max sont exactes. Le nom de Malval t’évoque quelque chose ? demandai-je.
Je ne répondis pas et lui fis confiance.
— Diaz te balade, repris-je. Il est forcément au courant des types sur qui Rudy a tiré et de ma blessure !
— Tout ça ne s’est pas passé chez lui et il n’est pas au courant ! Il ne peut pas être responsable d’une bagarre qui se serait déroulée sur une route forestière appartenant à l’ONF. Il n’y a ni cadavres ni blessés identifiés, à part toi.
— Des conneries ! Ne me dis pas que tu le crois ?
— Je ne dis pas ça, Marc. J’ai bien vu des bougs quand je suis venu te récupérer, mais je ne sais pas qui c’était. Il y avait la même voiture au pied de l’hôpital. Je suis d’accord, cette histoire n’est pas claire. D’ailleurs, si je suis ce matin avec toi, c’est que j’aimerais bien voir de mes yeux ce Curlone. Mais comprends que je connais Diaz depuis des années et que c’est quelqu’un qui compte dans l’île. Cesse de le prendre pour un truand, c’est un mec bien, je t’assure. Je te crois, mais je ne saisis pas ce qui s’est passé. Permets-moi d’être sceptique tant que toutes ces questions n’auront pas de réponses.
Ses explications tenaient la route et ne m’autorisaient pas à douter de sa loyauté. J’aurais pu lui poser une question directe sur son honnêteté vis-à-vis de moi, mais je craignais de le vexer. Lui aurait été plus cash et ne se serait pas gêné.
Max m’avait juste prévenu la veille que le Curlone disparu de la propriété de Capesterre refaisait surface. Les deux seules informations à peu près fiables étaient que l’insecticide était caché dans une camionnette sous la résidence Mortenol et qu’ils devaient s’en débarrasser aujourd’hui. Max ne connaissait ni l’heure du transfert ni ce qu’ils avaient prévu d’en faire. Il tenait le renseignement d’Henri Malo qui répétait ce que son nigaud de cousin, ouvrier à Rochebonne, lui avait dit.
Il était presque midi, et à part le défilé incessant des acheteurs de dope, rien n’était à signaler. Durant cette longue attente, Sébastien passait son temps au téléphone et à pianoter des messages. Son gros SUV était devenu un deuxième bureau.
— Je commence à en avoir marre de poireauter ici, fit Sébastien en raccrochant d’un énième coup de fil. J’ai mal au cul à force d’être assis sans bouger. Tu es sûr qu’on ne perd pas notre temps ? Il ne se passe rien.
— Max devrait m’appeler pour m’en dire plus. Sois patient ! lui demandai-je.
Pour le faire attendre, je téléphonai à Max, mais je tombai sur sa boîte vocale.
— Si ça trouve, ta camionnette n’est même pas là. Ou elle est déjà partie, ronchonna Sébastien.
— Je vais aller voir, lui proposai-je.
— Non, avec ton bras en écharpe, tu es trop vulnérable dans ce trou à rats. Et puis, il faut que je me dégourdisse les jambes. Je reviens !
Sans prévenir, il ouvrit sa portière et descendit de voiture. En chemise blanche et pantalon sombre, il n’avait pas l’allure à fréquenter ce genre d’endroit. Je le vis traverser le boulevard et se diriger droit vers le parking souterrain, où il disparut.
J’en surveillai la bouche noire, espérant que Sébastien en ressorte vite. J’attendis quelques minutes, mais il ne réapparaissait pas. La pendule du tableau de bord marquait 12 h 04. Je lui laissai jusqu’à 10 pour sortir du souterrain.
À 06, un fourgon blanc jaillit du parking et tourna en direction de la rocade. Bas sur ses amortisseurs, il paraissait chargé. J’étais sûr de ne pas l’avoir vu pénétrer dans le garage depuis notre arrivée. Un pick-up beige déglingué avec un homme au volant le suivait. Il était rentré dix minutes plus tôt, sans attirer notre attention. Tous deux semblaient pressés.
Sébastien ne ressortait toujours pas.
Où était‑il ? Encore dans le parking ? Une colère inquiète m’envahissait et je grognai pour moi : « Tu fais chier Sébastien, t’es passé où ? »
Je décidai d’aller voir à mon tour dans le garage au volant du SUV.
Je pénétrai dans le parking au ralenti et en inspectai les recoins sordides avec les phares. La lumière du jour n’y parvenait que sur les premiers mètres puis laissait place à une pénombre menaçante. Ça sentait la pisse et la misère. En plus de faire office de supermarché de la défonce, le souterrain servait aussi à dépouiller voitures et scooters. Des ombres glissaient derrière les piliers en béton, des corps dormaient par terre, au milieu d’ordures, tandis que d’autres se faufilaient par des ouvertures faites dans la clôture du parking souterrain. Des canalisations au plafond fuyaient et laissaient de grandes flaques sur le sol.
Je ne voyais pas Sébastien et ça commençait à m’inquiéter. Je refis le tour du parking une nouvelle fois en m’arrêtant pour observer un zombie allongé par terre. Je manœuvrai pour fouiller avec les phares les coins les plus obscurs. Des crackmen en haillons et des clodos, mais pas de Sébastien.
Il devait être dans une des voitures qui venaient de quitter le garage. Mais où étaient‑elles parties ?
Alors que je me dirigeais vers la sortie du parking, la vitre arrière explosa et je vis une autre pierre qui m’avait raté rouler au sol. Je n’étais pas le bienvenu dans ce cloaque. J’en ressortis en vitesse et pris à mon tour la direction de la rocade. Je composai le numéro de Max sur la console de la voiture, en tenant le volant du genou.
— Oui, Sébastien, répondit Max, peu amène.
— Non, c’est Marc. On est dans la merde !
Je lui résumai la situation et lui demandai de se renseigner sur l’endroit où ils avaient prévu de se débarrasser du chlordécone.
— Ça va prendre un peu de temps, me prévint Max. Il me faut appeler Malo, qui va contacter son cousin. Je te rappelle, dit‑il en raccrochant.
Où pouvaient‑ils être passés ? Arrivé à Baimbridge, j’avais le choix entre trois directions. Affolé, je tournai au hasard à l’embranchement qui me mettait sur la voie rapide en direction de Basse-Terre. La circulation était dense à l’heure de la pause déjeuner. Je lançai le puissant SUV à fond, en zigzaguant entre les voitures. Je scrutai le plus loin possible avec l’espoir de voir le fourgon blanc qui, chargé, ne devait pas pouvoir rouler bien vite. J’étais énervé et une fois de plus, Sébastien se retrouvait dans le pétrin à cause de moi. Je klaxonnais et faisais des appels de phares furieux aux automobilistes qui se traînaient. Sans la vitre arrière, l’habitacle en surpression m’assourdissait.
Le téléphone de la voiture sonna. C’était Max.
— Il n’est pas sûr, mais il a entendu parler de la Rivière Salée. Si c’est ça, le seul endroit discret et accessible avec une camionnette se trouve sous le pont de l’Alliance. Tu vois où c’est ?
— Oui, très bien. Je me dépêche, dis-je en accélérant.
La Rivière Salée était un étroit bras de mer de plusieurs kilomètres bordé de mangrove qui séparait les deux îles voisines, Grande-Terre et Basse-Terre. Deux ponts les reliaient. Le plus récent, le pont de l’Alliance, avait été construit au centre de la forêt humide. C’est par ce canal que l’on pouvait rejoindre, au nord, l’immense lagon appelé le Grand Cul-de-Sac marin.
La tonne de Curlone découverte dans le conteneur de l’Habitation Rochebonne, si elle était déversée dans la Rivière Salée, allait provoquer une pollution majeure. Diffusé dans le milieu marin, le pesticide pénétrerait les chaînes alimentaires et se retrouverait dans la chair des poissons. Cette contamination risquait une nouvelle fois d’exposer la population au chlordécone pendant des années et de générer une immense catastrophe pour toute cette zone, véritable réservoir de la biodiversité marine.
Je connaissais parfaitement le lieu où Max pensait que le chlordécone allait être jeté, mais je n’y étais passé qu’en bateau. Lors de ma thèse, j’allais presque quotidiennement avec la barcasse de la fac dans le Grand Cul-de-Sac pour des manips et des observations sur les massifs coralliens. Je me souvenais de cet endroit crasseux sous le pont qui reliait les deux îles au milieu de la mangrove, mais je n’avais aucune idée de la façon de m’y rendre en voiture.
Alors que j’étais en vue du viaduc, je vis sur ma gauche le fourgon blanc suivi du pick-up. Ils ne roulaient pas sur la rocade, mais sur un chemin qui la longeait. Ils se dirigeaient au milieu des marécages et des herbes hautes dans le même sens que moi. D’où j’étais, séparé d’eux par l’autre voie et les barrières de sécurité, je n’avais aucun moyen de les rejoindre.
J’écrasai les freins et, dans un nuage de gomme brûlée, enclenchai la marche arrière pour remonter l’autoroute à contresens. Dans un bruit strident de moteur, je cherchai des yeux l’embranchement qu’ils avaient dû emprunter. Je ne trouvai aucun endroit pour sortir de la rocade.
Les voitures que je croisais me klaxonnaient et effectuaient de grandes embardées pour m’éviter. J’essayais de rester sur l’étroite bande d’arrêt d’urgence. J’allais trop vite et le vent s’engouffrait par la vitre cassée du hayon.
J’arrivai en marche arrière à un rond-point. J’en fis plusieurs fois le tour sans parvenir à comprendre par où ils étaient passés. Je m’énervais et ne savais comment faire. Je criais et m’insultais.
J’appelai mon frère pour lui expliquer la situation. Il m’attendait sur son embarcation dans le petit port de Lauricisque, prêt à remonter à la Désirade. Lui aussi ignorait comment se rendre sous ce fichu pont par la route.
— Je peux y être en cinq minutes en bateau, me dit‑il. J’y vais en vitesse !
— OK, il doit y avoir une camionnette blanche et un pick-up. Fais attention à ces gens…
Il avait déjà raccroché.
C’est alors que je remarquai le GPS sur l’écran de la console centrale. Dans mon affolement, j’en avais oublié l’existence. Je l’allumai, sans savoir quelle destination lui demander. Le maigre avantage résidait dans une grosse flèche qui m’indiquait où je me trouvais et les différentes routes qui s’offraient à moi. Je n’en voyais aucune autre que l’autoroute pour aller vers la Rivière Salée. Je pris la direction de Baie-Mahault et tournai au pif à droite sur un étroit chemin goudronné, trop petit pour apparaître sur le GPS. Au milieu des champs de canne, j’avais au moins le bon cap.
Au bout de quelques kilomètres, je longeai à contresens la rocade. Je me trouvais exactement où était le convoi quelques minutes plus tôt. Au détour d’un virage, derrière un massif de bambous, je vis enfin les structures grises du pont.
Sans plan de bataille, j’avais un vague souvenir de l’endroit. J’arrivai beaucoup trop vite dans ce cul-de-sac. L’eau noire de la rivière coulait à une centaine de mètres. J’eus une vision figée de la situation : le pick-up était garé au milieu du terre-plein, portes ouvertes, tandis que le fourgon stationnait l’arrière tourné vers le bras de mer. Tom arrivait, son bateau à fond, son marin debout à l’avant.
Emporté par ma vitesse, je freinai trop tard en donnant un coup de volant de ma main valide pour éviter une des nombreuses piles du pont. Je partis en dérapage sur le sol spongieux et heurtai un pilier en béton. La brutalité du choc déclencha les airbags dans un bruit d’explosion et me fit faire un tête-à-queue. Les roues arrière au bord de l’eau, je faisais maintenant face au pick-up, à une dizaine de mètres de moi.
Sébastien était couché au sol, sur le côté, les mains attachées. Un pneu lui avait été enfoncé autour des épaules, sur sa chemise couverte de sang. Il se débattait comme un diable et lançait de furieux coups de pied. Il cherchait à atteindre un petit gars râblé debout à quelques pas de lui qu’il ne pouvait pas voir à cause du sac plastique passé sur sa tête.
Je reconnus Malval. Un jerrican rouge était posé à ses pieds. Au regard qu’il me jeta, je devinai immédiatement son projet. Mon arrivée fracassante l’avait distrait quelques secondes. Alors qu’il fouillait dans ses poches sans me lâcher des yeux, je compris l’urgence. Je ne pouvais pas le laisser faire.
La voiture avait calé. Affolé, je dus insister pour la redémarrer. J’enclenchai la marche avant et la berline bondit dans un bruit de tôles froissées. L’autre cherchait toujours avec frénésie quelque chose dans son short.
Avec la direction faussée, j’avançai en crabe. J’accélérai à fond et visai Malval qui venait de sortir un briquet.
Comme un torero, il me laissa venir pour tenter une esquive au dernier moment. Alors que j’allais le percuter, il fit un pas de côté sans me quitter des yeux. C’est à ce moment que la roue droite se bloqua, provoquant une embardée qui souleva à moitié le lourd SUV. Au lieu d’éviter la voiture, Malval s’était approché de ma trajectoire imprévisible. Il fut happé par un morceau de la carrosserie déchiquetée. Je le heurtai dans un bruit sourd et l’envoyai valdinguer à plusieurs mètres.
Je stoppai et sautai de la voiture. En courant, je rejoignis Malval que je venais de renverser. Comme dans les séries policières, j’éloignai son briquet d’un coup de pied. Il avait l’air mal en point et saignait de l’arcade sourcilière et de la cuisse. Il ne bougeait plus et je craignis de l’avoir tué.
Je me précipitai ensuite vers Sébastien. De ma main valide, je lui enlevai le sac qui l’aveuglait, défis ses liens et l’aidai à se dégager du pneu qui lui bloquait les bras. Il puait l’essence. Il avait le visage tuméfié et saignait de la tête. Je parvins à le mettre debout, et l’emmenai s’asseoir dans sa voiture. J’inspectai ses blessures qui ne semblaient pas trop graves.
Je courus ensuite vers le fourgon dont les portes arrière étaient ouvertes sur la rivière. D’où je me trouvais, je ne voyais ni les occupants ni mon frère. Il y avait plusieurs sacs vides de Curlone à la surface de l’eau devenue laiteuse.
J’arrivais trop tard.
Une forte agitation et des cris s’échappaient du fourgon. Je m’en approchai.
La proue du bateau de pêche s’était encastrée dans l’arrière ouvert de l’utilitaire, écrasant sa cargaison. Tom, de l’eau aux genoux, avait transpercé le biceps d’un homme avec une large gaffe de pêche. Il le tenait à distance et tira d’un coup sec sur le manche, déséquilibrant le boug qui tomba dans la rivière. Mon frère se rua sur lui pour l’assommer à coups de pied.
Le marin de Tom, armé d’un fusil de chasse sous-marine, m’informa qu’un deuxième larron s’était enfui dans la mangrove. L’enchevêtrement de racines de palétuviers couvertes d’huîtres et la vase noire nous dissuadèrent de le poursuivre.
Sous la coque du bateau, le fourgon était encore plein de sacs de Curlone. Par chance, seuls les deux ou trois vus en arrivant avaient été ouverts. C’est là que j’entendis un bruit de moteur. Le pick-up beige se sauva dans un nuage sombre de diesel. Malval, que j’avais renversé deux minutes plus tôt, avait disparu.
Je retournai voir Sébastien. Sa tête ne saignait presque plus. Comme saoul, il regardait stupéfait autour de lui.
— Putain, Marc, ma caisse, t’as vu dans quel état elle est ? bredouilla‑t‑il.
Cette remarque était plutôt bon signe. Sébastien revenait à la vie.
Je le laissai à l’arrière et m’assis au volant. Tout était couvert d’une sorte de talc blanc, répandu par les airbags. Je composai le numéro d’Aoudiani pour lui résumer ce qui venait d’arriver. Avant de raccrocher, je lui demandai d’envoyer des ambulances et coupai la communication.
Le calme revenu, on ne percevait plus que le bruit sourd des camions qui passaient sur le pont au-dessus de nous.
Je pris Sébastien dans mes bras, désolé de le voir dans cet état. Avec des amis comme moi, il n’avait plus besoin d’ennemis. Je restai avec lui jusqu’à ce que j’entende les sirènes des voitures approcher.
C’est seulement à ce moment que je courus jusqu’à Tom qui avait remis son bateau à flot. Nous filâmes en vitesse vers la Désirade.