Les Békés sont les descendants des familles nobles européennes venues coloniser les Antilles françaises dès le XVIe siècle. Ils développèrent la culture de la canne à sucre, grande consommatrice d’esclaves importés d’Afrique.
Pour échapper à la Révolution française et à la fin de leurs privilèges, les Blancs de la Martinique se rallièrent à la Couronne anglaise. Quand Napoléon eut rétabli l’esclavage dans les colonies des Antilles, ils réintégrèrent l’empire colonial français.
Bien plus tard, en 1902, l’explosion de la Montagne Pelée tua plus de trente mille personnes, dont la quasi-totalité des Békés.
Aujourd’hui, les Békés ne sont plus que quelques milliers parmi les trois cent cinquante mille arrière-petits-enfants d’esclaves. Les Békés détiennent plus de la moitié des terres agricoles ainsi que les industries et les grandes surfaces de la Martinique. Classe possédante, avec des relais au plus haut niveau de l’État français, ils sont restés les maîtres de la Martinique.
Ce n’est pas un volcan, mais les troupes révolutionnaires qui exterminèrent l’intégralité des nobles de Guadeloupe avant qu’ils puissent rejoindre le royaume d’Angleterre. La nature ayant horreur du vide, des colons Blancs péyi constitués de petits commerçants, de fonctionnaires et de paysans, se substituèrent aux guillotinés et prirent la tête des plantations. Ils devinrent, à leur tour, les maîtres de la Guadeloupe. Bien que le terme « Béké » ne concerne que les Blancs de Martinique, les Guadeloupéens appellent également Békés les Blancs péyi de Guadeloupe.
Les communautés blanches des deux îles s’obligèrent à pratiquer l’endogamie. Elles se mélangèrent dans le but de perpétuer des familles monochromes. Ces alliances permirent d’accroître l’emprise économique des descendants des maîtres esclavagistes.
La Martinique a été durant près de deux siècles le siège du gouvernement général des Antilles françaises. Elle administrait la Guadeloupe qui ne pouvait commercer sans passer par elle. Les navires négriers accostaient d’abord en Martinique, où les colons de l’île choisissaient les meilleurs esclaves. L’histoire a nourri un sentiment de supériorité de la part des Békés martiniquais sur leurs voisins guadeloupéens. Cet antagonisme persiste encore de nos jours.