Ce que je te demande

J’ai une demande à te faire. Je travaille pour toi, tous les jours, je veille jour et nuit à ce que tu ne manques de rien, je veux que tu goûtes à ce qu’il y a de meilleur tout le temps, je veux que tu apprennes sur toi, je veux que tu te libères de tes conditionnements, je voudrais que tu puisses être toi-même un peu plus chaque jour. Je voudrais que tu aimes ton corps, que tu aimes qui tu es chaque jour, chaque seconde, je voudrais que tu te trouves vraiment une belle et bonne personne, que tu le ressentes comme tel un peu plus tous les jours. Je voudrais que tu connaisses l’amour comme je sais que tu es capable de le connaître, l’amour qui transforme, l’amour qui mène vers soi. Je voudrais que tu vives une relation profonde et significative avec tes enfants, que tu puisses autant apprendre d’eux qu’ils pourront apprendre de toi, et si tu n’as pas d’enfants, que ce soit avec les enfants de ta vie, tes nièces, tes neveux, les enfants de tes amies. Je voudrais que tu connaisses l’amitié, la vraie amitié sans contraintes, sans reproches, sans obligations. De bonnes amies qui t’aiment telle que tu es et ce peu importe si tu les appelles tous les jours ou non. Je voudrais que tu aies la chance de connaître véritablement tes parents, les êtres humains que sont tes parents, leur histoire, leurs blessures et que, si c’est possible, tu arrives à leur pardonner les erreurs et les maladresses qu’ils ont sûrement faites. Je voudrais que tu aimes manger cette bonne nourriture sur ta table tous les jours, que tu cesses de compter les calories et que tu fasses confiance à ton merveilleux corps qui saura prendre l’exercice dont il a besoin au moment où il en a besoin. Je voudrais que tu goûtes aux plaisirs charnels, te faire toucher, dormir dans les bras d’une personne que tu aimes, toucher et être touchée par cet être humain qui partage cette intimité. Et je voudrais surtout passer en premier dans ta vie, que tu me saches là, que tu me fasses le chemin pour que je puisse faire mon œuvre. Je sais exactement ce dont tu as besoin au moment où tu en as besoin. Parfois, quand tu as besoin de pleurer, ma belle, laisse-moi placer sur ta route ce qui te fera pleurer. Parfois, tu as besoin de rire ; laisse-moi te placer dans des situations où tu ne pourras t’empêcher de rire aux larmes. Parfois, tu auras besoin de te reposer ; laisse-moi te faire un beau lit douillet avant que tu ne tombes malade. Si tu veux que je fasse mon œuvre, que je te devance, j’ai besoin de toi et, en ce sens, j’ai une demande à te faire : laisse-moi travailler pour toi, je t’en prie, je sais mieux que toi ce dont tu as besoin. Tes peurs, tes conditionnements, tes reflexes, tes lois t’empêchent de me suivre tout à fait. Pourtant, c’est ce qu’il me faut pour bien faire mon travail. Ce ne sera pas comme tu le voudrais, ça c’est certain, tu m’en voudras peut-être parfois, tu te diras que toi tu aurais fait les choses autrement, que ça irait plus vite avec ta méthode, tu seras même parfois découragée, tu auras l’impression de faire du surplace, mais je te jure que si tu me laisses faire mon travail, tu seras satisfaite à 100 %. C’est ce que je te demande depuis le début. Quand tu étais petite, c’était plus facile, tu avais moins peur, tu étais plus près de moi, tu écoutais ce que j’avais à te dire et tu me faisais entièrement confiance. Puis tu as commencé à croire que tu le savais mieux que moi, et je n’ai pas eu le choix de te laisser faire tes expériences. J’avais beau te souffler mes conseils et ma guidance à l’oreille, tu devais confondre cette voix avec celle de tes parents et tu te faisais un devoir de la renier. Mais j’étais toujours là, patiente. Je t’ai vue prendre des détours, je t’ai vue faire à ta tête, je t’ai vue forcer, prouver, te dénaturer, je t’ai vue éteinte. J’étais là, dans l’ombre de ta lumière qui parfois n’était plus qu’une petite lueur. Je te voyais, je t’attendais. Je t’attends toujours et si je t’écris cette lettre aujourd’hui, c’est que je sens que tu aurais envie de ça. Je sens que tu es prête pour ça : entrer dans mon courant puissant et te laisser porter sans savoir où je t’amènerai exactement, mais me faire assez confiance pour savoir que ce sera au bon endroit. À l’endroit où il faut que tu sois. Que ta maison soit l’endroit où tu dois vivre. Que la personne aimée soit la personne avec qui tu dois cheminer. Que le chemin où tu te trouves soit la route que tu dois emprunter pour te rendre là où tu dois aller. Où, quand, comment, qui, quoi ? Cela ne te regarde pas. Je te demande de me laisser tout ça entre les mains et de me suivre. Telle est ma demande.

Merci d’avoir pris le temps dans ton horaire très chargé d’avoir lu cette lettre.

Signé : ta vie