La privée sort de l’Agence, achète le journal et du tabac, s’installe dans un troquet face à la Seine, au croisement de la rue de l’Amiral-de-Coligny et les quais. Elle lit la rubrique des faits divers, les meurtres, les procès, les affaires non élucidées. Ça lui rappelle Faites entrer l’accusé. Elle ne rate aucune émission. Ceux qui disparaissent la fascinent. Frédérique note dans son carnet, Victoria a-t-elle été enlevée ? Aucune demande de rançon enregistrée. Le stylo bave quand elle écrit, s’est-elle enfuie ? Derrière les visages et les portes, on ne sait jamais ce qu’il se passe. En apparence, Victoria possédait tout, la beauté, la jeunesse, la séduction, l’argent. Frédérique roule nerveusement un clope et se dit, c’est pas possible, Victoria a eu peur de quelque chose.