L’un après l’autre, les six membres du conseil aquariote vinrent
s’aligner sur la droite de l’estrade. Ainsi que l’exigeait l’Éthique, Solman avait dû ordonner leur comparution immédiate. Les assesseurs,
des hommes et des femmes de différents peuples chargés de contrôler
l’exécution des jugements, s’étaient rendus en délégation dans le
campement aquariote et en étaient revenus une heure plus tard avec
les six pères et mères, avec, également, une escorte qui n’avait cessé de
grossir sur le chemin du chapiteau.
On n’était qu’au milieu du jour, et pourtant, une nuit précoce
s’étendait sous la grande toile, déposée par un ciel bas, gris, et par des
herses de pluie de plus en plus lourdes. Les spectateurs restés dehors
s’abritaient sous des pans de bâches, des parapluies dégoulinants ou
des tissus détrempés.
Les faisceaux des projecteurs traquaient les visages des pères et
mères aquariotes, celui, émacié, aiguisé, d’Irwan, ceux, mous,
informes, des deux autres pères, Orgwan et Lohiq, celui, rond, généreux, de mère Gwenuver, celui, ridé, craquelé, de mère Joïnner, celui,
lisse, impénétrable, de mère Katwrinn. Des visages que Solman
croyait bien connaître mais qui, à la lumière crue des projecteurs,
lui paraissaient tout à coup étrangers. Ils avaient pris le temps,
avant d’emboîter le pas aux assesseurs, de revêtir les tuniques et les
pantalons amples qui leur servaient de tenues officielles. Les chignons stricts des trois femmes leur conféraient une sobriété, une
austérité qui contrastaient avec les couleurs vives de leurs vêtements.
Très calmes, hormis cette éternelle angoissée de mère Joïnner, ils
attendaient la suite des événements en silence, tournant tantôt leurs
regards vers les Slangs, les levant tantôt sur l’estrade. Les perceptions
de Solman restaient floues pour l’instant, parce que les débats
n’avaient pas commencé, mais surtout parce qu’il n’était pas revenu
de son saisissement, qu’il avait l’impression d’évoluer dans un rêve.
Si l’accusation des Slangs était fondée, il devrait prononcer la plus terrible des sentences à l’encontre de ces hommes et de ces femmes qui
l’avaient recueilli après l’assassinat de ses parents : la mort par absorption d’ultra-cyanure. La tradition voulait qu’un donneur demeurât
en dehors d’une affaire impliquant des membres de son peuple, mais
les Slangs avaient justement su faire la différence entre une coutume,
une simple habitude, et la règle formelle de l’Éthique nomade : ils
avaient saisi le juge de leur choix, ce jeune Aquariote qui leur avait
valu leur plus cinglante humiliation onze ans plus tôt ; l’Éthique lui
commandait d’entendre la plainte qu’ils déposaient contre le conseil
aquariote et d’établir la vérité en son âme et conscience.
La vérité… Helaïnn l’ancienne était parvenue à dissimuler le
meurtre de ses enfants pendant plus de quarante ans. Solman avait
beau disposer de perceptions plus aiguisées que la moyenne, certaines
vérités demeuraient inaccessibles, enfouies dans les profondeurs de
l’oubli, ensevelies sous des couches et des couches de remords.
La vérité… Certains la brandissaient comme une arme, tels les
fanatiques du peuple kuom qui lapidaient les hommes et les femmes
convaincus de mensonge. Tels les bakous, les prêtres errants et nus
qui se mutilaient mutuellement à l’issue de confessions publiques.
Il ressentit le besoin d’une présence amicale tout à coup. Il chercha
Raïma parmi les visages des premiers rangs, mais il ne la vit pas. Elle
était sans doute retenue dans sa voiture par les nombreux patients
qui se pressaient sous son auvent. Il regretta son comportement de
ces derniers jours, une attitude de salaud guère plus glorieuse que la
violence de ce Lanx qui frappait son épouse et venait ensuite se
plaindre qu’elle le trompait. Si Raïma s’était trouvée devant lui
en cet instant, il lui aurait dit qu’il aimait la beauté de son être, il
lui aurait dit qu’il se sentait fort avec elle et que rien d’autre ne
comptait.
L’atmosphère à la fois solennelle et surexcitée du chapiteau plongeait dans une perplexité imprégnée de terreur les quatre enfants
juges recroquevillés sur leurs chaises. Lorr tremblait de tous ses
membres pour Solman : elle qui s’était montrée incapable de prendre
parti dans une querelle dérisoire pour quatre chiots, elle ne s’imaginait pas placée dans la terrible obligation de juger les pères et les
mères de son peuple.
Sur un signe de Solman, les assesseurs s’efforcèrent, à grand renfort de gestes et de glapissements, de ramener le calme dans l’assistance.
« Maintenant… »
Solman se pencha sur le côté pour s’éclaircir la gorge.
« Maintenant que ceux que vous accusez sont présents devant
vous, veuillez exposer les motifs de votre plainte. »
L’un des trois Slangs inclina la tête et s’approcha de l’estrade. Il
dominait de deux têtes les membres du conseil aquariote, une
impression de gigantisme encore accentuée par sa coiffure en forme
de plumet. Chacun de ses mouvements engendrait un craquement
horripilant de cuir froissé ainsi qu’une succession de grincements et
de cliquetis. Des rides profondes recouvraient d’un filet aux mailles
serrées la peau hâlée de son visage. Ses paupières lourdes réduisaient
ses yeux à deux traits luisants, pénétrants.
« Mon nom est ErHat et je suis le père d’un clan des Slangs. Nous
avons eu autrefois des… différends avec les Aquariotes.
– Différends ? »
La protestation émanait de Irwan, qui s’était avancé de deux pas, la
mèche en bataille.
« Vous appelez différends l’enlèvement et la torture de deux mères
de notre peuple ? Vous appelez différends une tentative d’extermination ? »
ErHat le toisa pendant quelques secondes avant de répondre. Un
silence irrespirable avait maintenant enseveli le chapiteau dont la
toile ployait par endroits sous les trombes d’eau.
« Nous pensions à l’époque que le monopole de l’eau et du gaz
donnait trop de pouvoir aux Aquariotes et menaçait l’équilibre
nomade.
– Disons plutôt que vous projetiez d’ajouter le monopole de l’eau
et du gaz au monopole des armes ! répliqua Irwan. Vous n’aviez pas
l’intention de rétablir un équilibre, vous cherchiez à créer un déséquilibre en votre faveur.
– Peu importe, cela s’est passé il y a plus de dix ans, et nous avons
été condamnés par le conseil des peuples. Nous avons perdu un grand
nombre d’hommes et de femmes jeunes en Transylvanie. Les Arges,
ceux que vous avez choisis pour gardiens de vos geôles… » La voix du
Slang se chargea de mépris et, l’espace de quelques secondes, Solman
crut qu’il allait cracher par terre. « ... sont pires que des bêtes. »
Les Arges, l’un des rares groupes survivants de la Troisième
Guerre mondiale à refuser le nomadisme. Installés au pied des Alpes
de Transylvanie, ils vivaient dans des fermes conçues avant guerre
comme des communautés autarciques. Les pollutions chimique,
nucléaire et génétique les ayant obligés à recourir aux services des
peuples nomades, des Aquariotes en particulier, ils avaient accepté,
en échange, d’être les gardiens des prisons troglodytiques où étaient
enfermés les fauteurs de troubles. Frustes, ils s’acquittaient de leur
tâche avec un zèle excessif, et les hommes chargés de convoyer les
prisonniers rapportaient de Transylvanie des récits accablants.
« Nous avons fait notre peine, nous avons payé le prix », reprit
ErHat après un moment de silence.
Une chaleur intense naissait sur le front de Solman et s’étendait à
son nez, à ses joues : le poids du regard de mère Gwenuver. Il n’osait
pas le soutenir pour l’instant, de peur d’y contempler le vrai visage de
la monstruosité.
« Nous avons reconstitué nos clans puis repris notre place et nos
activités sur le territoire de l’Europe. Nous aspirons à présent à une
vie paisible et au troc équitable. Les armes vous sont nécessaires pour
chasser, pour vous défendre contre les hordes ou contre vos ennemis.
Nous essayons de mettre au point un système qui débarrassera les
pistes de la menace des solbots…
– Je n’ai toujours pas entendu de plainte », coupa Solman.
ErHat retroussa sa lèvre supérieure sur une rangée entière de
dents métalliques et taillées en pointe.
« La dernière livraison d’eau des Aquariotes remonte au prin
temps. Elle s’est effectuée en Bulgarie, sur les bords de la mer Noire,
dans les ruines sofiotes où nous avions installé notre campement.
Nous l’avons troquée contre vingt fusils d’assaut, vingt pistolets
automatiques et une réserve de dix mille balles. »
Le Slang se tourna vers Irwan.
« Est-ce exact ? »
Le porte-parole du conseil aquariote acquiesça d’un hochement de
tête dont la sécheresse avertit Solman que la nervosité commençait à
le gagner.
« Un grand nombre des nôtres ont bu cette eau, se sont lavés avec
cette eau, ont cuisiné avec cette eau et… sont morts de cette eau. »
Le tumulte, à nouveau, une vague sonore qui monte, déferle au-dessus des poings brandis, semble emporter l’estrade puis se brise
subitement sur les bras écartés du donneur.
« Rien ne prouve que ce soit notre eau qui ait tué les gens de votre
clan ! contre-attaqua Irwan. La nourriture peut être responsable, un
virus mutant peut être responsable, la pollution nucléaire peut être
responsable, des insectes transgéniques peuvent être responsables,
que sais-je encore ? »
La colère transformait ses yeux clairs en éclats diamantins et sa
mèche rebelle en un panache tressautant.
« Nous n’avons pas pensé à l’eau tout de suite, dit ErHat. Malheureusement, car cela nous aurait permis d’épargner beaucoup de vies.
Nous avons brûlé nos réserves de nourriture et nos vêtements, nous
avons levé le camp pour nous établir à plus de trois mille mètres d’altitude, là où en principe on ne rencontre ni virus mutant ni insecte
transgénique, ni pollution nucléaire, mais les nôtres ont continué de
mourir par dizaines ainsi que nos animaux. Alors l’un d’entre nous a
fait le rapprochement entre le début de cette épidémie et la livraison
de l’eau. Nous avons décidé de tenter l’expérience sur un chevreuil
que nous venions tout juste de capturer : il est mort deux jours après
avoir bu de l’eau livrée par les Aquariotes.
– Absurde ! gronda Irwan. Vous savez bien que les animaux sauvages ont un système qui les immunise et leur permet d’éliminer le
poison…
– Ça, c’est vous qui le dites ! Parce que ça vous arrange ! Moi je
pense qu’ils ont un flair infaillible pour trouver l’eau potable.
– En quoi est-ce que ça nous arrange ? »
ErHat défit la boucle de sa cartouchière et entrouvrit sa veste de
cuir. La lumière accrocha les épaisses gouttes de sueur qui perlaient
sur son torse. Solman aperçut les bourrelets dentelés des cicatrices qui
lui barraient la peau, des souvenirs de son séjour en Transylvanie
peut-être.
« Si les animaux sauvages sont capables de trouver de l’eau saine,
alors n’importe qui en est capable, dit le Slang. Pas besoin de vos sourciers, pas besoin de vos citernes, pas besoin de vos camions.
– Rien ne vous empêche d’utiliser votre… flair, lâcha Irwan entre
ses lèvres serrées.
– Rien, si ce n’est la paresse instaurée par l’habitude. Rien, si ce
n’est une volonté délibérée d’entretenir la peur… Pour revenir au
chevreuil, il présentait tous les symptômes de la mort par ultra-cyanure : les lèvres et la langue bleues, une bave noire, les yeux révulsés…
– Si l’eau avait vraiment été empoisonnée, comment se fait-il que
certains d’entre vous en aient réchappé ? » demanda Irwan.
Une question pertinente : aucune famille ne pouvait couper à la
nécessité quotidienne de l’eau. ErHat consulta brièvement du regard
les deux autres Slangs. La foule retenait son souffle.
L’accusation des troquants d’armes ébranlait le système fondamental des échanges qui reposait depuis cent ans sur les seules
notions de confiance et d’équité.
« Ça tient à notre organisation, dit enfin ErHat. Chez nous, des
familles sont plus économes en eau que d’autres. Celles-là utilisaient
encore leurs réserves de la distribution précédente. Ça leur a sauvé la
vie.
– Votre accusation ne repose que sur votre témoignage », s’emporta Irwan.
Le Slang dégagea une petite gourde de peau de la poche de sa veste
et la brandit à bout de bras.
« C’est pourquoi nous avons pris la précaution de remplir cette
gourde et de l’emmener avec nous.
– Irrecevable ! ricana Irwan. Qu’est-ce qui prouve que l’eau de
cette gourde soit la même que celle que nous vous avons livrée ? »
ErHat hocha la tête, dévissa le bouchon de la gourde et, d’un geste
théâtral, en renversa le contenu sur le sol. La crosse de l’un de ses pistolets tinta contre une plaque métallique sertie dans sa veste.
« Rien. Mais vous avez ici un donneur, un clairvoyant, un garçon
qui a su déjouer nos plans il y a de cela onze ans. Il détecte la dissimulation aussi sûrement que les animaux sauvages flairent l’eau
potable. Certains n’aiment pas les donneurs et seraient prêts à tout
pour les faire disparaître. D’ailleurs il est le dernier de ce rassemblement. Les enfants qui paradent à ses côtés sur cette estrade ne sont
que des ersatz, des imposteurs, des marionnettes. »
La foule se mit tout à coup à onduler et à gronder comme une mer
en furie. La carcasse métallique du chapiteau trembla, grinça, les
cordes ployèrent, des paquets d’eau dégringolèrent des concavités de
la toile. Solman vit des centaines d’yeux blanchis par la colère se détacher comme des flocons d’écume des vagues sombres.
« Qu’est-ce que vous en savez ? hurla Irwan.
– Demandez-le-lui ! cracha ErHat en pointant le bras sur l’estrade.
Lui, il le sait, et il ne peut pas mentir. Solman le boiteux est précieux,
vénérés pères, vénérées mères. Vous devriez veiller sur lui jour et
nuit, prêts à le défendre contre tous, contre vous-mêmes au besoin !
Le jour où il recevra un poignard dans le cœur, vous regretterez votre
négligence. »
Solman comprit que c’étaient eux, les Slangs, qui étaient venus à
son secours la nuit précédente, eux qui avaient tiré et mis les Neerdands en échec. Mais comment avaient-ils eu vent de cette agression ?
Et comment savaient-ils que les enfants assis à ses côtés sur l’estrade
n’étaient pas de véritables clairvoyants ?
Ils ne l’avaient certainement pas protégé pour préserver le dernier
des donneurs, comme ils le prétendaient, mais pour traîner les pères
et les mères du peuple aquariote devant lui. C’est donc qu’ils étaient
sûrs de leur fait, sûrs de la culpabilité de ceux qu’ils accusaient. Solman se concentra sur ErHat et ses deux acolytes pour essayer de percer leurs véritables intentions : voulaient-ils seulement obtenir la
justice ou avaient-ils adopté une nouvelle stratégie pour briser le
monopole des Aquariotes après l’échec de leur coup de force onze ans
plus tôt ? Il perçut en eux la musique forte de la douleur et de la
colère, puis, en arrière-plan, comme un bourdon grave, le son étouffé
de l’orgueil et de l’ambition communs à tous les chefs.
« Les quatre enfants qui ont pris place avec toi sur cette estrade
ont-ils le don ? »
Solman eut besoin de quelques secondes pour prendre conscience
que la question du Slang s’adressait à lui. Il fixa tour à tour Lorr, qui
l’encouragea d’un sourire, et les trois autres enfants terrorisés sur
leurs chaises.
« Cette question n’a pas de rapport avec la plainte… »
Son murmure se brisa sur le mur de silence dressé devant lui.
« Ont-ils ou n’ont-ils pas le don ? répéta ErHat.
– Dis-leur que je ne l’ai pas, Solman. »
La voix aiguë de Lorr avait jailli avec une étonnante netteté de la
zone de pénombre à la droite de l’estrade.
« Dis-leur la vérité. Dis-leur que tu es le seul donneur des peuples
nomades. Dis-leur qu’ils nous ont volé notre enfance. »
Solman écarta d’un geste nerveux les mèches folles qui lui
balayaient les joues.
« Elle n’a pas le don, dit-il. Elle a dit la vérité.
– Et les trois autres ? insista ErHat.
– Non plus. »
Une nouvelle série de secousses agitèrent la multitude comme un
grand corps pris de convulsions. La pluie cinglante isolait le chapiteau
dans une bulle de fébrilité toxique. La lumière des projecteurs commençait à irriter les yeux de Solman.
« Comment le sais-tu ? hurla une femme.
– Seul un donneur peut reconnaître le don, répondit-il d’un ton
las.
– Pourquoi ne l’as-tu pas dit plus tôt ? cria une autre.
– Je ne suis pas tenu de répondre aux questions qui ne me sont pas
posées. »
Pendant quelques minutes, il crut que la foule allait rompre la
digue fragile formée par les assesseurs, s’engouffrer dans l’espace
réservé aux plaignants et submerger l’estrade. Mais ErHat leva les
bras et, la fixant avec détermination, la dominant de toute sa stature,
parvint à l’apaiser.
« Eh bien, je te pose une question, Solman le boiteux, reprit le
Slang. Les pères et les mères du peuple aquariote ici présents ont-ils
volontairement empoisonné l’eau qu’ils nous ont livrée ? »
Des pointes fulgurantes transperçaient la jambe torse et mal irriguée de Solman qui changea de position sur la banquette. À nouveau
il chercha le visage de Raïma dans la multitude, mais ses yeux fatigués glissèrent sans se poser sur une mer de têtes grises et anonymes.
Alors il accepta de regarder les pères et les mères de son peuple. Ils
le fixaient tous les six avec une intensité qui ressemblait étrangement
à de la ferveur. Ils avaient confiance en lui, dans ce fils spirituel qui les
avait accompagnés dans leurs négociations, dans leurs tribulations,
qui avait partagé leurs hésitations, leurs discussions, leurs secrets. Si
Irwan et les deux autres pères s’efforçaient de ne pas montrer leurs
sentiments, les mères en appelaient sans pudeur à ses sentiments
filiaux, mère Gwenuver en particulier, dont les yeux clairs l’imploraient en silence. Cette scène avait quelque chose d’absurde, de répugnant.
Il ne ressentit rien au début, comme si une partie de lui-même
refusait catégoriquement de perquisitionner dans leurs âmes, de violer leur intimité. Pourtant, ils avaient peut-être conçu le projet de le
tuer, ils avaient peut-être ordonné à Rilvo d’exécuter Raïma, ils
avaient peut-être la mort de centaines de Slangs sur la conscience.
Une réponse commença à se dessiner, une sensation floue au
début, de l’ordre de l’intuition, puis, l’un après l’autre, ils s’ouvrirent
comme des fleurs sous le soleil, et il les vit tels qu’ils étaient.