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Braun


L'aube naissante filtrait à travers le mince tissu occultant les fenêtres de la chambre d'Angela, je regardais les ombres jouer le long du mur tandis que le jour se levait. Je n'avais pas dormi. J'avais tenu la petite femme allongée sur ma poitrine et apaisé ma bête en caressant sa peau, en effleurant son corps de mes mains avec un contentement et une paix que je n'aurais jamais cru possibles, peu importe combien de fois j'avais rêvé de trouver la femme de ma vie.

Elle était douce et chaude, et son parfum m'enveloppait.

Angela était à moi. La bête savait que je ne me trompais pas. Mais je l'avais gardée captive, inquiète de la laisser en liberté sans les bracelets de mariage à mes poignets et ceux d'Angela, elle faisait les cent pas en moi telle une bête sauvage, même lorsque nous prenions du repos.

Impatiente. En colère. De plus en plus puissante à chaque instant qui passait.

Bientôt, je ne serais plus capable de la contrôler. La proximité d'Angela était à la fois une bénédiction et une malédiction. La bête savait qu'elle était à nous, et en même temps luttait plus intensément pour sa liberté.

La bête avait besoin de la posséder, d'accepter sa domination sur nous. Elle était maintenant le seul être dans l'univers entre moi et la folie totale, la rage meurtrière… l'exécution.

La bête en moi se fichait de mourir. Elle n'avait pas peur des cellules de prison Atlan, ni de se battre et détruire tout et tous ceux qui l'entouraient.

Elle ne voulait qu'une chose.

Elle.

Mais elle ne serait pas satisfaite tant que je ne l'aurais pas possédée selon la coutume atlan traditionnelle, avec mes bracelets à ses poignets.

La créature, l'animal de compagnie d'Angela, était tapie sur la petite table en bois à côté de son lit. Ses yeux verts me fixaient dans l'obscurité comme s'il était un chasseur féroce et moi, sa proie.

Le chat, comme elle l'avait appelé, semblait prêt à bondir, il ne ronronnait plus. Je m'approchai de lui pour caresser sa fourrure blanche et duveteuse comme je l'avais fait hier soir.

Oscar, l'animal bien-aimé de ma compagne, leva une patte et me donna un coup de ses petites griffes.

Petit diable.

Il me siffla dessus dans la pénombre.

Je gloussai et sifflai à mon tour.

— Tu n’es pas farouche, en plus. Et tu crois protéger notre femme. Il n'était pas bien costaud, mais féroce.

Je me demandais en voyant la petite boule de poils cligner lentement ses yeux verts s'il comprenait vraiment ce que je lui disais — ou s'il envisageait d'attaquer. Les deux pensées me firent sourire.

— Qu'est-ce qui se passe ? Angela, collée contre moi, leva la tête et fixa son animal. Oscar, arrête.

Je passai mes doigts dans ses cheveux, appréciai la texture de ses boucles rebondies.

— Ton animal essaie de te protéger d'une bête.

Elle posa son menton sur ma poitrine en souriant, puis inclina la tête pour déposer un baiser sur mon torse. Je crus que mon cœur allait exploser, tandis que la bête rugissait en moi pour se libérer. Même un geste aussi simple pouvait me faire sortir de mes gonds. Je pris une profonde inspiration et essayai de me calmer.

— Il est vraiment pénible. Elle passa son bras au-dessus de moi et toucha son animal, caressa sa tête. Ce que provoqua les ronronnements de la boule poils. Non pas que je lui en veuille. Je voulais qu'Angela me caresse aussi.

Elle l'avait fait la nuit précédente, et plutôt bien, ses mains enroulées autour de ma bite m'avaient amené au bord de l'orgasme, mais j'avais écarté ses mains et terminé profondément enfoui en elle, seulement après qu'elle ait joui. Bien entendu.

Oscar me regarda fixement comme s'il était un roi et moi, un paysan indigne de lever les yeux sur lui, avant de se dresser sur ses pattes, de sauter de la table sur le lit, et se camper sur ma poitrine pour me dévisager.

Je fronçai les sourcils devant la petite bête.

— Qu'est-ce qu'il fait ?

Elle se blottit contre mon épaule et gloussa.

— Je crois qu'il t'aime bien.

— Absolument pas. Je levai la main pour lui montrer les griffures qu'Oscar m'avait faites juste avant son réveil. C'est un animal d'attaque féroce, résolu à te défendre.

— Quoi ? Elle approcha ma main de son visage pour l'examiner. Non. Je suis sincèrement désolée. Elle regarda Oscar, paupières plissées. Oscar. Méchant petit chat. On ne griffe pas Braun.

Le chat cessa de me fixer pour la regarder.

— Ça ne lui fait ni chaud ni froid. C'était l'évidence-même. Le chat regardait Angela de haut comme si elle aussi était quantité négligeable.

Un sourire émailla mon visage lorsque la petite créature baissa la tête et plaqua son front contre le mien.

— Quoi ?

— Oscar. Ne donne pas de coup de tête à notre invité.

Oscar recommença, en produisant cette fois un miaulement étrange.

— Non, ce n'est pas encore l'heure du petit-déjeuner.

Le regard calme et insidieux d'Oscar semblait vouloir dire donne-moi à manger. Les yeux verts nous regardèrent tour à tour Angela et moi, le miaulement gagna en intensité.

— Non.

Contrarié, Oscar se mit en boule sur ma poitrine et s'installa comme s'il était en pays conquis.

Angela rit et me le retira des bras tandis que je restais parfaitement immobile, ne sachant que faire de la petite boule de poils installée sur moi.

— Tu vois, je t'avais dit qu'il t'aimait bien.

Je n'en étais pas si sûr.

Angela se dirigea vers sa salle de bain.

—Je vais me doucher. J'ai ma journée — je veux dire par là que je suis libre jusqu'à dix-huit heures. Je devais aller voir mes parents. Mais nous ne sommes pas obligés d'y aller si tu ne veux pas.

Ses joues se parèrent d'une nuance rose foncé alors que je la fixais. Ma compagne s'habituerait à pareille attention. Elle était belle et je l'admirais.

— Alors ?

— Oui ?

— Qu'est-ce que tu veux faire ?

C'était elle qui menait la danse. J'irais où elle voulait, qu'elle demande mon avis m'étonnait. J'admirais le moindre centimètre de son corps et me rappelais avoir appris à la découvrir dans les moindres détails.

— Ne t'habille pas. Mes paroles venaient du cœur mais elle éclata de rire, d'un rire qui me serra le cœur d'une façon nouvelle et douloureuse.

Les femmes étaient des créatures dangereuses.

— Arrête. J'entendis le bruit de la douche et elle passa la tête par la porte ouverte. Allons à la plage. Tu dois changer d'air. Tu mettras une casquette. On va te déguiser en joueur de basket. Ils sont grands.

— Je ne suis pas grand. Pour un Atlan, j'étais de taille moyenne.

— Si. Dis oui, s'il te plaît. Tu es déjà allé à la plage ? Elle fronça légèrement les sourcils."Je ne sais même pas s'il y a des plages sur Atlan. Bon sang, je ne sais rien de l'endroit d'où tu viens."

J'y remédierais bientôt, mais pas maintenant. Je ne me sentais plus chez moi sur Atlan mais je voulais qu'elle la voie. Qu'elle sache qui j'étais. Je lui parlerais de la Colonie, où nous irions vivre.

— Il y a de l'eau, mais c'est hyper différent des photos que j'ai vues de Miami et la Floride. J'ai hâte de te montrer.

Elle sourit.

— Parfait, on y consacrera du temps mais j'ai quelque chose de prévu à dix-huit heures.

Oscar ronronnait à nouveau, je demeurais immobile et admirais ma partenaire.

— Qu'est-ce qui se passe à dix-huit heures ?

— J'ai un cours de dix-huit à vingt-et-une heures.

— Quel genre de cours ?

— Je suis en dernière année d'école d'infirmières. Je sais ce que tu penses, je suis trop vieille pour aller à l'école.

Loin de moi cette idée.

— Tu fais des heures à rallonge et tu suis des cours ? Ton emploi du temps est bien rempli.

— Oui. C'est assez chargé, mais c'est comme ça. Ça prend une éternité parce que j'ai dû aider mes parents et tout ça. Mais j'ai presque terminé. J'entame ma dernière série de stages le semestre prochain afin d'obtenir ma licence. Elle se retourna et je regardai son cul parfaitement rond tressauter tandis qu'elle s'éloignait.

La bête grogna et Oscar comprit que le vent avait tourné. Il bondit de sur ma poitrine comme si j'avais mis le feu à sa queue blanche toute douce.

La voix douce d'Angela parvenait jusqu'à moi dans la chambre, je l'écoutais pendant quelques instants, savourant son bonheur. Elle devait être épuisée, j'aurais dû lui laisser plus de temps pour dormir plutôt que la tringler et la faire jouir. Je m'assurerais d'instaurer un équilibre savamment dosé. Je la baiserais à couilles rabattues, puis je la laisserais se reposer.

Je n'avais jamais été aussi intime avec une femme auparavant, je n'avais jamais connu les petits moments de plaisir ou de bonheur avec une vraie partenaire, les moments intimes passés à se laver, dormir ou la regarder rire dans mes bras. Songer à ses désirs et ses préoccupations. L'aider à porter ses fardeaux était mon devoir. J'étais suffisamment fort pour deux.

J'avais eu des petites amies quand j'étais plus jeune, comme tout chef de guerre en devenir. Les femmes de ma planète étaient impatientes de chevaucher la bite d'un seigneur de guerre dans l'espoir d'être choisies. Si l'homme survivait à la guerre et à son séjour au sein de la Flotte de la Coalition, il recevait des terres et une maison en récompense, ainsi qu'une somme plus que conséquente pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille pour le restant de ses jours.

Je n'étais jamais retourné sur Atlan. J'avais été capturé par la Ruche et intégré, j'avais survécu assez longtemps pour finir sur la Colonie. Ce n'était peut-être pas là que j'étais né, mais c'était chez moi désormais.

Et maintenant, je l'avais trouvée. La femme de ma vie. La femme capable d'apprivoiser ma bête et la fièvre de l’accouplement qui faisait rage dans mes veines.

Je n'avais pas compris grand-chose à ce qu'elle m'avait dit sur ses cours et stages, mais j'étais bien décidé à tirer ça au clair ultérieurement. La formation médicale au sein de la Coalition était rigoureuse et destinée aux plus brillants, ce qui signifiait que ma compagne était non seulement respectable mais aussi intelligente. Je voulais tout savoir d'elle. Tout.

Pour le moment, la seule chose que je pouvais faire était me lever du lit, la suivre dans sa salle de bain et la posséder à nouveau. Ma bite entra instantanément en érection, ma bête acquiesçait totalement.

Je fis coulisser l'étrange rideau qui la séparait de moi et découvris son corps couvert de savon. Partout. Elle tenait une douchette à la main et essayait de rincer les bulles sur sa peau sombre. Ses yeux étaient fermés, je compris en voyant la vapeur s'élever de l'eau que ma compagne aimait l'eau bien chaude.

— Je peux entrer ? Je pénétrai dans le petit espace et lui pris le pommeau de douche des mains.

— Oh !

J'attrapai le savon, la rinçai d'une main pendant que je me savonnais de l'autre. Moins de deux minutes plus tard, je posai le pommeau de douche sur son support et me tournai vers ma compagne.

— Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle, en me regardant avec une lueur de désir réciproque.

— Tu es superbe. Je levai les mains et touchai ses seins. Elle vacilla et posa une main sur le mur carrelé pour rester en équilibre.

Mauvaise idée. Je ne voulais pas qu'elle redoute de tomber.

Je la soulevai et la plaquai rapidement dos au mur, l'épaule et le flanc sous le jet d'eau pour qu'elle n'ait pas froid. Je pliai les genoux et la soulevai de plus en plus haut, installai ses cuisses sur mes épaules. Je passai mes bras derrière son dos et la tins étroitement. Je regardai sa magnifique chatte béante devant moi. Bien en vue.

Elle tressaillit.

— Hein ? Oh putain, ne me fais pas tomber.

Son inquiétude attira mon attention.

— Jamais. Je ne permettrai à personne de te faire du mal. Je ne voulais pas qu'elle panique. Bien au contraire, je voulais la soulager de tous ses soucis et la faire jouir. Sur ma langue, pour avoir son goût quand nous irions à la plage.

Son regard se fit plus tendre et elle leva les mains pour les enfouir dans mes cheveux.

— Tu es fou ! Elle riait. Qu'est-ce que tu fais ?

— Je te goûte. Comme si ce n'était pas évident.

— Mais on vient de…

Je l'interrompis en pressant ma langue contre sa chaleur moite. Ses mains s'enfouirent dans mes cheveux, elle se contorsionnait et tirait dessus pour m'attirer plus près, ma bête grondait de plaisir, luttait pour se libérer.

Je la maintenais en place et me régalais de sa chatte, sans lui laisser le temps de récupérer. Aucune pitié. Tant pis pour le repos. J'avais besoin de la toucher, de la sentir et la combler. Elle avait besoin qu'on lui procure du plaisir, qu'on prenne soin d'elle.

Elle avait un goût si doux, musqué et féminin, je sentais aussi le mien. Je l'avais inondée d'une tonne de sperme. Ça ne me dérangeait pas. Au contraire, ça me donnait envie de vider mes couilles en elle à nouveau. Ma bête était heureuse de la savoir marquée, cela indiquait clairement qu'elle nous appartenait. On ne l'avait pas encore tringlée mais ça n'allait pas tarder.

Elle frissonnait, sa chatte se contractait sur ma langue, j'abaissais son corps afin que nos bouches puissent échanger un baiser. Un baiser affamé, puis plus bas jusqu'à ce que sa chatte se liquéfie sur mon gland.

— Braun. Elle venait de prononcer mon prénom — le mien — et la bête exigeait qu'on la tringle. Violemment. Contre le mur. Tout en veillant à protéger notre femme. Putain, ce que j'aurais aimé avoir mes bracelets. J’aurais pu les passer à ses poignets sur-le-champ et la faire mienne.

Mais non, je les récupèrerais plus tard. Je ne voulais pas la laisser maintenant. Pas en manque, excitée et impatiente. Cela ne m'aidait pas à me calmer mais m'encourageait au contraire à ce que ma bête la possède encore plus intensément. Rapidement.

Toute douceur avait disparu désormais, mais Angela ne semblait pas avoir besoin de tendresse, pas en ce moment.

Ses doigts se cramponnaient à mes épaules, ses ongles se plantaient dans ma peau.

— Dépêche-toi. J'ai encore envie de toi.

N'étant pas du genre à discuter, j'enfonçai ma bite dans sa chatte chaude, le frémissement de plaisir me fit presque tomber à genoux. Je n'en aurais jamais assez. Ma bite serait constamment en érection. J'avais beau être plus grand et faire le double de son poids, c'est elle qui avait le pouvoir. Elle n'avait aucune idée du contrôle qu'elle exerçait sur moi. Sa chatte pouvait s'empaler sur ma bite, mais ma vie était entre ses mains.

Les mains de ma femme se promenaient, me touchaient partout où elles pouvaient, m'encourageaient à la baiser, à la pénétrer, à la posséder.

— C’est trop bon, Braun !

Je ne lui refuserais rien. Pas aujourd'hui. Ni jamais.

Je la baisais jusqu'à ce qu'elle jouisse à nouveau, jusqu'à ce que je ne puisse plus me retenir, et que je l'inonde de sperme. Une fois terminé, je la tins délicatement et lavai chaque centimètre de son corps, plus pour explorer ses courbes que pour la nettoyer proprement dit.

Une fois tout attendrie, épuisée et souriante, je coupai l'eau et l'enveloppai dans la serviette la plus douce que je pus trouver. Puis je l'embrassai. Encore. Parce que je devais le faire. Parce que j’étais en mesure de le faire. Parce qu'elle m'appartenait.

— Et maintenant, ma chérie, direction la plage. Je ne veux qu'une seule chose, déguster une glace.

— Une glace ? demanda-t-elle.

— Oui. À part ça, tu peux m'emmener où tu veux.