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Angela, Planète Atlan, Cellule 384


Je marchais entre Tiffani et le Seigneur de guerre Deek, leur présence près de moi était la seule chose qui m'empêchait de perdre mon sang-froid tandis que nous dépassions des enfilades de cellules abritant des géants hurlants, enragés et rugissants. Des bêtes.

Je m'étais téléportée sur Atlan, et ce couple, une humaine et un Atlan, m'avait accueillie et escortée jusqu'à la prison. La Directrice Égara avait téléporté Tiffani jusqu'à son mari et elles étaient restées en contact. Et voilà où j'étais maintenant, je passai devant un maniaque enragé, suivi d'un monstre rugissant. Intimidée n'était pas le terme qui convenait pour décrire ce que je ressentais.

Était-ce ce qui m'attendait ? Un géant hargneux et destructeur ? Trouverais-je Braun les poings ensanglantés pour avoir martelé les murs de sa cellule ? La peau griffée et meurtrie à force de se jeter contre la barrière invisible qui retenait ces créatures gigantesques et furieuses dans leurs cellules ?

Tiffani attrapa ma main et je tins la sienne, je la serrai en retour deux fois plus fort qu'elle ne l'avait fait. J'étais probablement en train d'écraser ses pauvres os. Elle ne s'en plaint pas.

— Tout se passera bien, Angela. J'étais comme toi, même si j’étais compatible. Deek était enfermé dans une de ces cellules, je ne l'avais jamais rencontré. Mais sa bête m'a reconnue. Elle savait que j'étais sa compagne.

— Toi. À moi. Deek s'était métamorphosé en bête quelques minutes après être entré en prison, il avait grogné de façon menaçante devant presque toutes les cellules que nous avions vues défiler. Il se montrait apparemment très protecteur envers sa compagne. Tiffani lui sourit, lui tapota la joue, lui dit qu'il était beau, doux et adorable.

— Et tu es à moi, mon amour.

Une bête heurta la barrière énergétique de la cellule à gauche de Deek. Je sursautai. Tiffani ignora son rugissement. Deek se retourna et rugit deux fois plus fort. Si Tiffani trouvait ça mignon et adorable, l'amour rendait vraiment aveugle.

Je le trouvais effrayant au possible, mais Deek n'était pas ma bête. Braun oui. Ou du moins, je l'espérais. J'étais tellement soulagée de découvrir qu'il n'était pas encore mort que je ne pensais pas vraiment à ce qui se passait ici. Sur Atlan.

À lui. Et sa bête.

Qu'allais-je faire s'il était en colère ? Je savais qu'il ne me ferait jamais de mal, ou du moins je le croyais jusqu'à ce que ce monstre enragé ait essayé de traverser le mur de la cellule de prison.

Tiffani me regarda.

— Ça va aller. Fais-moi confiance. Tout va bien se passer. Braun te reconnaîtra.

J'acquiesçai en tremblant.

— Je sais que oui. Mais après ?

Elle me regarda.

— Tu as fait l'amour avec lui, n'est-ce pas ?

— Oui. Je trouvais sa question un peu personnelle, mais la situation n'était pas des plus normales, et Tiffani était la seule humaine à laquelle j'avais accès, officiellement mariée à une bête. Mais pas avec sa bête.

— Pardon ? Tiffani s'arrêta net. Nos mains étant toujours jointes, elle me força à m'arrêter. Tu as fait l'amour avec lui ? Il t'a dit que tu étais sa compagne mais il ne t'a jamais montré sa bête ?

L'inquiétude dans sa voix me fit tressaillir.

— Non.

Deek haussa les épaules.

— Faire peur à sa partenaire. Contrôle. Son regard se focalisa sur moi, et je dus lever les yeux — très, très haut — pour poser mes questions.

— Braun ne m'a pas montré sa bête parce qu'il ne voulait pas me faire peur ?

Ses énormes épaules se levèrent et s'abaissèrent, un haussement d'épaules version bête.

— Va-t'en. Petite femme. Trop petite. Son regard glissa vers sa compagne, Tiffani, qui était non seulement nettement plus grande que moi, mais dont le corps deux fois plus charpenté que le mien possédait des courbes voluptueuses. Tiffani remarqua l'examen prolongé de sa bête, et ses joues se parèrent d'une jolie teinte rose.

— Deek. Sois gentil.

Sa mâchoire se crispa.

— À moi.

Elle gloussa et me regarda avec un mélange d'espièglerie et de hâte. Elle rayonnait quasiment de bonheur.

— On devrait se dépêcher. Je connais ce regard."

Je regardai Deek et réalisai que je connaissais aussi ce regard. Sa bête regardait Tiffani de la même façon que celle de Braun, juste avant de me pénétrer avec sa bite et que je le supplie de continuer.

— Oh là là. Ok. Allons-y.

Ils m'escortèrent jusqu'à la cellule où Deek avait appris que nous trouverions Braun. L'intérieur était sombre, comme si Braun voulait se passer de lumière. Pourtant, les couloirs étaient bien éclairés, et je pouvais le voir.

Je m'attendais à trouver un monstre enragé comme ceux que nous avions croisés dans les autres cellules. Une créature sanglante et rugissante si incontrôlable que la mise à mort était la seule option sur Atlan.

— Laissez-moi entrer. Je m'adressai à Deek, mais je ne pouvais pas détourner mon regard du dos nu de Braun, du scintillement des intégrations argentées à intervalles réguliers sur toute la longueur de sa colonne vertébrale. Il tournait le dos au couloir, recroquevillé sur le côté comme un animal sauvage blessé en train de mourir. Il ne bougea pas. Il ne tourna même pas la tête pour voir ce qui passait à l'extérieur de sa cellule. Comme s'il était déjà mort.

Deek se dirigea vers le panneau de contrôle sur le côté de la cellule de Braun et demeura immobile. Comme il employait trop de temps, je quittais Braun des yeux pour le regarder.

— Laissez-moi entrer. Maintenant. Dépêchez-vous !

Deek pencha la tête et me fixa, geste infiniment plus sérieux venant d'une bête, que s'il avait revêtu son apparence normale. Il était grand. Comme Braun. Grand, musclé et beau. Il était sérieux et super concentré.

— Tu dois sûr.

Je hochai la tête, mais ce n'était apparemment pas suffisant.

— Femme. Compagne. Pas d'aide. Toi aller. Pas d'aide. Cette façon de s'exprimer me parut étrange, et je me demandais si le neuro-processeur que m'avait donné la Directrice Égara fonctionnait correctement, car je ne comprenais pas ce qu'il disait. Je me tournai vers Tiffani, qui mordillait nerveusement sa lèvre inférieure.

— Il a raison, Angela. Tu dois savoir. Si tu entres et qu'il devient violent, personne ne pourra t'aider. Ce sera trop dangereux. Une bête avec une femme à protéger est encore plus dangereuse que celles que nous venons de croiser. Si Braun perd les pédales, tu seras toute seule.

Je pâlis, subitement inquiète. J'avais fait tout ce chemin pour l'aider, je n'allais sûrement pas reculer maintenant.

— Tu es entrée dans une cellule comme celle-ci, n'est-ce pas ?

-— Oui.

— Et toi et Deek ne vous étiez jamais rencontrés ? C'est ça ? Vous étiez compatibles, mais il ne t'avait jamais rencontrée ?

Elle hocha la tête.

— J'avais fait le test et j'étais compatible avec un type ici, prêt à être exécuté. J'étais folle. Je sais. Mais…

Je l'interrompis.

— Je connais Braun. C'est mon mec. Il ne me fera pas de mal. Je soutins le regard de Tiffani jusqu'à ce qu'elle acquiesce. Elle se tourna vers son mari.

— Laisse-la entrer, Deek. Et ramène-moi à la maison.

Son grognement satisfait m'aurait fait rire si je n'étais pas si nerveuse. J'avais beau parler, j'étais inquiète. Pourquoi Braun ne m'avait-il jamais montré sa bête ? S'il croyait vraiment que j'étais la femme de sa vie, pourquoi ne pas m'avoir tringlée tout de suite, comme Wulf avec Olivia, en direct à la télévision ? Les entendre baiser derrière cette porte fermée était si torride que j'avais presque applaudi lorsque la diffusion en direct avait continué.

Mais c'était Wulf. Et Deek était Deek. Braun ? Je n'avais jamais rencontré sa bête.

La barrière énergétique s'ouvrit à côté de l'endroit où se tenait Deek et j'entrai dans la cellule. Tiffani me fit un petit signe de la main juste avant que Deek ne referme la barrière.

— Bonne chance. On passera te voir plus tard.

Je hochai la tête et pivotai sur mes talons pour affronter mon destin. Ou la fin de celle-ci.

Braun se raidit sur le grand coussin où il était allongé, comme s'il avait fini par sentir ma présence. Cela ressemblait à un matelas mou, je me demandais s'ils ne mettaient pas de lits volontairement parce que les bêtes les détruiraient ou utiliseraient les matériaux comme armes.

Non pas qu'ils aient besoin d'une massue ou d'un bâton pour tuer quelqu'un. Pas quand ils mesuraient deux mètres quarante et étaient une montagne de muscles.

Je me mordis la lèvre.

— Braun ? Je fis un pas en avant et m'arrêtai, ne sachant pas ce que je devais faire. J'avais mûrement réfléchi, je ne lui parlerais pas du bébé. Pas encore. Il devait me vouloir moi. Juste moi.

Braun leva ses mains vers ses oreilles et les couvrit, comme s'il souffrait. Son rugissement fit bondir mon cœur dans ma poitrine et je tressaillis.

— Braun ? C'est moi. Angela. Je me suis téléportée ici depuis la Terre.

Il rugit de nouveau mais j'étais prête cette fois.

— Braun ?

— Non !

Sa voix était plus grave, si sourde que je sentis une vibration dans ma poitrine.

C'était quoi son problème ?

— Qu'est-ce que tu veux dire par non ? Je suis là. Tu ne veux pas me parler ?

Il pivota sur ses jambes, baissa ses mains qui ne couvraient plus ses oreilles, et se leva lentement.

Je le regardai, me tordis le cou tandis que je regardais en l'air, toujours plus haut.

Il était encore plus grand que Deek. Plus de deux mètres quarante de haut.

— Putain de merde. Braun ! Les mots sortirent de ma bouche sans que je puisse m'en empêcher. Je m'attendais à ce qu'il soit grand, mais bon sang !

Il se tourna vers moi et je restai parfaitement immobile tandis qu'il s'approchait. Il ne portait qu'un pantalon. Pas de chemise, pas de chaussures, comme si ces choses n'étaient plus nécessaires ici. Alors que je me retrouvais face à lui, il se pencha et inspira profondément, les narines dilatées. Son regard parcourut mon corps comme pour confirmer que j'étais bien là, comme pour vérifier que la voix qu'il avait entendue n'existait pas seulement dans sa tête. Ceci fait, il leva ses énormes mains et les passa dans mon dos, puis m'attira contre son corps.

— Vraie. Femme. Vraie.

Je passai mes bras autour de sa taille — enfin, autant que faire se peut — et je le serrai dans mes bras.

— Je suis bien réelle.

Il me souleva alors de terre et me prit dans ses bras pour qu'on soit face à face.

— Blond. Non. Ma femme. À moi.

Le blond... Le blond. Ah, Casey et ses cheveux blonds. J'avais le cœur gros pour Braun, à cause de la confusion. De ce qu’il avait cru voir. Il avait failli mourir en croyant quelque chose de faux.

Je posai mes paumes sur ses joues et me penchai jusqu'à ce que mon front touche le sien.

— Le blond, Casey, est un simple ami. Tu es le seul homme de ma vie, Braun.

— Femme.

Je hochai la tête, nos fronts se cognèrent.

— Oui.

Il grogna et se dirigea vers une zone du mur que je n'avais pas remarquée auparavant. Une étagère rembourrée trônait à mi-hauteur, et Braun y jucha mon derrière. Elle n'était pas assez large pour que je puisse m'y asseoir sans être soutenue, mais presque. Une fois dessus, il souleva mes bras au-dessus de ma tête. Je levais les yeux de surprise en constatant que du métal froid se refermait autour de mes poignets.

Des bracelets. Ses bracelets de mariage. Qu'ils se verrouillent autour de mes poignets avec une telle détermination aurait dû me terrifier. Au lieu de cela, je ressentis du soulagement.

Il était à moi maintenant. À moi. Les bracelets assortis à ses poignets confirmaient notre lien. Il n'y aurait pas d'exécution. Je ne le perdrais pas.

— Braun ?

— À moi. Je compris à quoi servait ce perchoir une fois installée. À s'accoupler. Pour être possédée. Baiser. J'étais plus qu'attachée au mur. J'avais des bracelets en métal autour des poignets, ces bracelets étaient attachés à des chaînes métalliques plantées dans le mur. Je ne pouvais pas m'échapper, ni changer d'avis. Pas de seconde chance.

Tant mieux. Je ne voulais pas être ailleurs.

Braun attendait, il contemplait mon visage tandis je quittais les bracelets des yeux pour le regarder. Il frémissait de la tête aux pieds, chaque muscle, ligament et vaisseau sanguin contracté, comme prêt à exploser. Sa poitrine et ses épaules palpitaient, il luttait pour conserver la maîtrise de son corps. Il se baissa et descendit la braguette de son pantalon, sa bite apparut, semblable à une longue massue épaisse. Bon sang. Elle était énorme. En érection. Plus grosse que lorsque nous avions couché ensemble en Floride. Du sperme dégoulinait déjà du gland tandis qu'il m'observait.

J'étais entièrement habillée. Comment allait-il—

Rip.

Adieu pantalon et sous-vêtements. Il fit passer les lambeaux de tissu par mes chevilles et jeta mes vêtements derrière lui comme de vulgaires ordures.

Une autre déchirure et je me retrouvais seins nus.

Il s'était montré brutal avec mes vêtements, mais tendre avec moi.

— À moi. Les mains à l'intérieur de mes cuisses, Braun se pencha en avant et posa sa bouche sur moi.

Je tressaillis, haletai et gémis.

Il me baisait avec sa langue. Pas de préliminaires. Pas de caresses. Juste un désir brut. Luxure. Envie.

Je mouillais, le désir grimpa en flèche en l'espace de quelques secondes.

Il me suçait et me goûtait en tenant mes jambes écartées, je ne pouvais rien faire hormis m'accrocher aux chaînes, comme si ma vie en dépendait, et me laisser faire. Me donner à lui corps et âme.

— Braun !

— Femme. Ses mouvements se calmèrent pendant quelques secondes mais sa tendresse ne dura pas. Il enfonça deux doigts dans mon vagin humide et posa ses lèvres sur mon clitoris avec une force telle que je me mis à hurler lorsque le premier orgasme me frappa, semblable à un coup de fouet sur la chair nue. Je n'offris aucune résistance. Je n'étais pas prête à une telle intensité de plaisir.

Il se redressa, empoigna la base de sa verge et me pénétra profondément avant que j'aie le temps de dire ouf. Je criai à nouveau, il était énorme. S'il ne m'avait pas préparée, j'aurais eu du mal à l'accueillir. Il me dilatait, me pénétrait à fond.

Si j'entendais les bêtes des autres Atlans se déchaîner dans leurs cellules, alors n'importe qui dans la prison pouvait m'entendre me faire tringler. Je découvris à ma grande surprise que je me fichais de savoir qui savait ce qu'on faisait. Ce petit siège capitonné sur lequel il m'avait installée et les menottes indiquaient que c'était le seul espoir pour tous les prisonniers Atlans, si on leur trouvait une partenaire, ils seraient sauvés. Le sexe était la seule issue, et tout le monde savait que j'étais là pour sauver Braun.

Je. M'en. Fichais. J'étais libre.

Enchaînée au mur avec une bête qui me baisait, me pénétrait, me tringlait comme si j'étais la seule femme au monde. Il me désirait. Moi et moi seule.

Il avait besoin de moi.

J'étais celle qui pouvait le sauver.

Durant notre période de séparation, je m'étais trompée sur toute la ligne, un zéro pointé. Il n'en avait pas épousé une autre.

C'était moi depuis le début.

Il le prouvait par son obsession absolue, sa dévotion envers moi — et moi seule. C'était intense, flagrant au moindre grognement, au moindre contact, à la moindre pénétration de sa bite avide.

Il ne me voulait pas seulement de moi parce que j'étais enceinte ou parce qu'il aimait ma façon de cuisiner ou comptait me voler l'argent du loyer. Il était à moi comme personne ne l'avait jamais été auparavant. Et j'étais à lui. Je le sauvais, et il me sauvait en retour.

Sa bite me remplissait presque au point de sangloter si je ne jouissais pas de nouveau.

— Encore. J'ai encore envie, gémis-je, ma tête se cognant contre le mur.

Il imprima des coups de reins plus rapides et j'étais reconnaissante à cet ersatz de siège qui m'aidait à rester en place.

— La mienne. Ma chatte. Ma femme.

— Oui. J’aurais pu tomber amoureuse rien qu'en entendant sa voix. Si belle. Si profonde. Si torride. Je délirais pendant qu'un autre orgasme me traversait, je tirais sur les chaînes. J'avais besoin de lui. J'avais besoin de le toucher. J'allais mourir à force. C'était trop. Trop de bite. Trop de peau. Son odeur. Les émotions qui explosaient en moi. Trop de chez trop.

— Je t'aime, Braun. Je t'aime, soufflai-je alors qu'il me faisait jouir.

Braun


Angela. Femme. À Moi.

Les mots tournaient inlassablement en boucle dans mon esprit, la bête se concentrait totalement sur notre compagne. Son odeur. Sa chatte chaude et humide. La voir étalée devant moi comme un festin. Les bracelets de mariage à ses poignets avaient mis fin à des semaines de douleur. J'étais prêt à mourir, à l'abandonner à son bonheur. À sa vie avec l'homme aux cheveux blonds.

Mais elle était ici maintenant. Avec moi.

— À moi.

La bête était tout à fait d'accord. Je l'avais entendue prétendre que l'homme n'était qu'un ami, mais la bête n'était pas satisfaite tant que les bracelets n'étaient pas à ses poignets. Avant qu'on l'ait baisée. Jusqu'à ce qu'elle apaise ma fièvre et fasse de moi un homme à part entière, parce qu'elle était maintenant à moi.

Je t'aime, Braun. Je t'aime…

Son parfum, ses cris de plaisir, sa chatte qui palpitait et se contractait sur ma queue alors qu'elle jouissait.

Je m’abandonnais. Ma bête rugissait alors que je l'inondais de sperme, la possédais pour toujours selon la coutume Atlan traditionnelle.

Enfin ancré en elle, la colère qui bouillonnait dans mes veines depuis des années, la peur de perdre le contrôle comme l'avait fait mon père, s'estompèrent pour la première fois depuis mon enfance, et la paix qui s'installa en moi était presque douloureuse.

Un soulagement douloureux, calme et silencieux.

Tout en tenant ma compagne dans mes bras, je libérai ses mains collées au mur et examinai doucement les bracelets de mariage afin de m'assurer qu'ils soient bien ajustés à ses poignets.

Elle les contempla et me regarda.

— Ils sont parfaits, Braun. Ils sont magnifiques.

Ses paroles plurent à ma bête, je me penchai en avant, heureux de la clouer sur place, la bite bien enfoncée, mon grand corps se lovait contre elle. Je la retins pendant un long moment, ne voulant pas bouger alors que ses petites mains caressaient ma bête. Moi. Ma tête, ses doigts jouaient dans mes cheveux. Mon dos. Elle finit par prendre mon visage entre ses mains et m'éloigner doucement jusqu'à ce que je sois là où elle voulait, assez loin pour pouvoir me regarder dans les yeux.

Puis elle embrassa ma bête. Elle nous embrassait. Moi. Elle. La douleur qui m'envahissait devint si poignante qu'elle coula de mes yeux en liquide brûlant.

— Oh non. Braun. Bébé, ne pleure pas. Angela chassa mes larmes avec un baiser, et je la pris dans mes bras. Je l'embrassais alors que ma bite durcissait à nouveau en elle.

J'embrassai ses lèvres une fois. Deux fois. Puis j'enfonçai profondément ma bite une fois de plus.

— À moi.

Elle rit puis gémit, le mouvement était tel que son corps enserrait ma bite. Je poussai un grondement et donnai un coup de rein. Avide. Désirée. Aimée. Adorée. Vénérée. Elle était à moi ; cette femme incroyablement belle était à moi.

Je la baisai encore une fois jusqu'à ce qu'elle hurle de plaisir. Jusqu'à ce que sa chatte palpite et pulse, qu'elle me supplie de continuer encore et encore. Quand elle fut épuisée, je la tins dans mes bras, la bête dormait dos au mur. Elle refusait de reculer, elle refusait que je la remette en cage après tant d'années de lutte pour se libérer.

Elle tenait notre femme. Elle la goûtait. Elle la baisait. Et elle était comblée.

Nous étions tous les deux enfin heureux.