Épilogue

Angela, La Colonie


Je ne savais pas comment lui annoncer que j'étais enceinte. Je n'avais vomi qu'une seule fois dans le sous-sol de l'hôtel, et à part mes seins douloureux, je n'avais pas d'autres signes que Braun aurait pu remarquer. Après l'accouplement —- bon sang, c'était torride et sauvage — il allait être vexé que je ne lui ai rien dit. Je l'entendais déjà s'inquiéter d'avoir été trop brutal avec moi.

Pour la première fois, il ne s'était pas retenu. J'avais vu le vrai Braun, le vrai Atlan. Sa bête était féroce mais je savais qu'il ne me ferait jamais de mal. Un accouplement atlan se déroulait avec la femme plaquée au mur, les bras attachés au-dessus de ma tête et prise de force.

Ma chatte se contractait en se rappelant comment sa domination m'avait fait jouir. Mais sa bête ne s'était pas montrée effrayante ou omniprésente. Que mes poignets soient entravés l'avait peut-être un peu apaisée. Peut-être parce qu'il n'avait plus à se battre. La bête obtenait ce qu'elle voulait, ce qu'elle recherchait depuis le début.

Moi.

Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire.

Braun m'attrapa par les hanches et nous fit rouler afin que je me retrouve à califourchon sur lui.

— C'est un sourire de satisfaction, ma chérie ? demanda-t-il en me regardant.

Nous étions dans son appartement sur la Colonie. Dans son lit. Il ne m'avait pas lâchée depuis deux jours.

Ses pouces caressaient ma peau nue et je lui souris. Le reflet de ses bracelets jouait avec la lumière.

— Comment pourrait-il en être autrement ? demandai-je en passant mes mains sur sa large poitrine. Sa peau était chaude, ses muscles durs comme de la pierre. Il était... la perfection.

Il souriait aussi, son regard était tendre. La différence entre son sang-froid sur Terre et maintenant était flagrante. Il s'était retenu, avait maîtrisé la bête. Mais plus maintenant.

La bête et l'Atlan étaient satisfaits. Heureux.

Et pourtant, je ne lui avais toujours pas parlé du bébé. J’aurais pu simplement tout déballer, mais je m’étais dit qu'il fallait trouver le moment idéal. Prendre soin d’emmener la nouvelle en douceur. Que ferait-il en découvrant qu'il m'avait quittée alors que j’étais ... enceinte ? Sa bête enragerait-elle ?

J'appréciais cette version de Braun. Même s'il était prudent avec moi, l'accouplement n'avait pas été la seule fois où il s'était montré dominateur et autoritaire. Ma chatte frémissait encore du plaisir qu'il venait de me procurer. Sa bite était toujours profondément enfouie en moi. Je me contractais sur son sexe durci, qui n'avait jamais débandé.

Dans les yeux clairs de Braun, je lisais son désir, et sa prise s'affermit.

— Femme, me prévint-il.

Comme si je voulais qu'il nous prive du plaisir qu'il avait à me posséder. Encore une fois.

Il me souleva et me descendit une fois de plus sur lui. J'étais si glissante que mon corps n'offrait aucune résistance. Je me penchai en avant, posai ma main sur le mur au niveau de la tête de lit. Mes seins pendaient au-dessus de son visage. Il se leva pour sucer un téton dans sa bouche pendant qu'il me baisait. Encore.

Mes seins étaient gonflés, mes mamelons ridiculement sensibles. La succion de sa bouche seule me fit presque jouir.

— Oui ! criai-je, le son comme rebondissant sur les murs de sa chambre.

Ma chatte enserrait et trayait sa bite, et il jouit en même temps que moi. Cela s’était terminé en quelques minutes, notre désir réciproque à nouveau satisfait. Pour l'instant.

Je m'affalai sur son torse en sueur, fermai les yeux en écoutant les battements de son cœur. Je n'avais jamais été aussi excitée par le sexe. Pas avant Braun. Mais là encore, il était tellement à l'écoute de mon corps. Il savait ce dont j'avais besoin, même quand je l'ignorais. Comme pendant l'accouplement. Bien sûr, sa bête gardait le contrôle, nous faisions toujours l’amour d’une façon débridée et sauvage dont j'avais autant envie que lui. Les bruits que je faisais... Mon Dieu. Je rougissais en songeant à mon comportement.

Une fois terminé, les gardes étaient venus et avaient vu les bracelets autour de mes poignets et la preuve que sa fièvre avait disparu, et nous fûmes transportés directement sur la Colonie. J'avais rougi furieusement sur le trajet menant de la prison au centre de transport. J'avais été incapable de regarder les gardes dans les yeux. Je savais dès le départ que je devrais coucher avec Braun pour le sauver. Ce n'était pas difficile. J'avais tellement envie de lui, comme si j'avais moi aussi une bête en moi.

Mais après ? Oui, l'humiliation totale. Même si j'imaginais que les gardiens faisaient preuve de suffisamment de respect pour ne pas regarder — la prison devait être équipée de caméras — ils avaient tout entendu. Je n'avais pas été silencieuse. À vrai dire, j'avais hurlé mon plaisir. Pas une fois, mais deux. Contre un mur. Clouée. Baisée brutalement. Possédée.

Braun, en revanche, avait souri. Il rayonnait. Pas parce que la fièvre était enfin tombée, même si j'étais persuadée qu'il en était ravi. Mais parce qu'il avait comblé sa compagne, que tout le monde avait entendu ses cris de plaisir.

Mon dieu. Un vrai homme des cavernes.

La platine de communication dans le mur émit un bip. Braun soupira.

— J'écoute, répondit-il.

Seigneur de guerre Braun, votre femme et vous êtes attendus dans la salle de transport immédiatement.

Braun ne cilla même pas ni ne tenta de me couvrir alors que j'étais allongée nu sur lui, je supposais par conséquent que le son correspondait à un pseudo-appel téléphonique, et non à un appel vidéo. C'était peut-être un homme des cavernes, mais nous voir en plein porno, pas question.

On ne quitte pas la Colonie, dit-il à la voix.

Non, Seigneur de Guerre. Vous avez une arrivée.

Braun repoussa mes cheveux en arrière et je levai le menton pour le regarder.

Une arrivée ?

Oui. La famille de votre femme arrive dans... sept minutes.

Je me redressai d’un bond et Braun gémit en se retirant malgré lui.

— Oh mon dieu. Mes parents arrivent ?

Communication terminée, dit Braun, il me regardait assise au bord du lit, j’étais paniquée.

Sept minutes ? dis-je en me regardant. Braun, j'ai l'air...

Tu es magnifique, ma femme.

J’ai l'air bien baisée.

Braun souriait. Mon Dieu, il était si beau quand il souriait. Ses sourires étaient de plus en plus fréquents, je savais que c'était grâce à moi. Je m'assurerais qu'il sourit souvent, pour le restant de mes jours.

Effectivement.

Je lui fis les yeux doux et posai mes mains sur mes hanches.

— Je ne veux pas que mes parents sachent ce qu’on faisait.

Il s’assit, et j’aurais pu jurer que ces abdos se contractèrent et ondulèrent.

— Nous avons des bracelets de mariage. Tu as voyagé jusqu'à une planète lointaine pour être avec moi. Je pense qu'ils ont peut-être une idée.

Je pinçai les lèvres et pivotai sur moi-même.

— Braun, où sont mes vêtements ?

Je n'avais aucune idée de ce qui était arrivé aux vêtements terriens que je portais lorsque la Directrice Égara m'avait transporté sur Atlan. Je les portais quand nous étions arrivés à la Colonie, même s’ils avaient été un peu déchirés par la brutalité de Braun pendant l’accouplement, mais c'était il y a deux jours et je ne m'étais pas habillée depuis.

Ils sont fichus. Tu n’as pas besoin de vêtements.

Je ne vais pas rencontrer mes parents toute nue !

Je vais te fabriquer des vêtements, ma chérie. Ne t'inquiète pas. Je prendrai soin de toi de A à Z.

Je fronçais les sourcils.

— Tu vas me coudre des vêtements en... en cinq minutes ?

Braun se leva lentement du lit et se dirigea vers le mur en souriant. Tout nu. Il me regarda par-dessus son épaule, promena son regard sur mon corps, puis appuya sur plusieurs boutons dans le mur.

Non. La machine S-Gen va les créer. Viens, ma chérie. La machine S-Gen doit scanner ton corps pour les fabriquer à la bonne taille.

Je me levai avec empressement, excitée de voir quelque chose de typiquement spatial. À part la téléportation à travers la galaxie, qui était géniale mais que je n'avais pas vue de mes propres yeux, c'était le premier gadget dont je m’approchais depuis mon arrivée. Braun avait jusqu’à présent fait en sorte que je sois... occupée.

Dans l’angle, une zone noire et lisse striée de lignes vertes lumineuses formaient un quadrillage.

Mets-toi devant la machine. Les lumières vertes vont te scanner pour déterminer ta taille.

Ok. Je fis ce qu'il me demandait. Les lumières vertes se déplaçaient sur mon corps comme des lasers. Une fois terminé, je descendis et tint la main de Braun pendant que nous attendions. Une tenue complète se matérialisa sous mes yeux, comme transportée directement depuis l’atelier d’un couturier jusqu’à ma chambre.

C’est une robe traditionnelle atlan. J'aimerais que tu la portes, si elle te plaît.

Il était timide, je trouvais ça adorable. Je pris la robe et souris en voyant sa couleur rouge foncé. J'allais être fabuleuse dans cette robe.

— J'adore.

Je ne savais pas quoi dire d'autre. Une machine créait des vêtements instantanément. En enfilant l’étoffe douce, je réalisai qu'elle m'allait à la perfection. Cette machine était magique.

Tu as besoin de vêtements aussi. Il me regardait fixement. Dépêche-toi !

Il cligna des yeux puis sourit avant de se tourner vers la machine pour commander une tenue. Ce ne fut que lorsque nous fûmes tous deux habillés de pied en cap — j'étais restée comme deux ronds de flanc en voyant Braun s'habiller — que je réalisai quelque chose, mais il était trop tard maintenant.

La prochaine fois, je veux des sous-vêtements, lui dis-je.

Il prit ma main et m’attira vers la porte qui s'était ouverte en silence.

— Même pas en rêve.

Nous arpentâmes le couloir beige et tournâmes au coin, la couleur de la peinture fut bientôt remplacée par une nuance bleu pâle. Il y avait de nombreux couloirs, et je doutais de pouvoir retrouver mon chemin sans l'aide de Braun ou alors j'étais distraite par l'arrivée de mes parents.

Ici.

Sur la Colonie.

Dans l'espace.

Sur Terre, je n'avais même pas eu le temps de leur dire au revoir, des larmes de gratitude me serraient la gorge.

Une autre porte s’ouvrit, nous étions dans un endroit familier. La salle de transport.

Un technicien se tenait derrière le pupitre de commandes. Un homme aux cheveux noirs et au collier rouge sang nous salua.

Seigneur de guerre. Madame. Je suis heureux de vous voir tous deux en si bonne forme. Il ne se moquait pas, ne faisait pas l’imbécile. Il était sincère.

Braun posa sa main sur mon épaule et répondit avec la même sincérité.

— Je m'excuse, Gouverneur. Vous n'avez pas été officiellement présenté à ma compagne. Voici Angela Kaur de la Terre. Angela, voici Maxim Rone. Je dois le remercier de m'avoir envoyé sur Terre.

Le gouverneur s’inclina devant moi. Le gouverneur de la Colonie s’inclinait devant moi. Était-ce un rêve bizarre ? Je reconnus son visage viril, sa peau et ses cheveux brun-doré, cette couleur caractéristique de son espèce rendait super bien en photo, raison pour laquelle ils avaient commencé à faire de la publicité sur Terre. D’après la rumeur, être compatible avec un Prillon donnait droit à deux beaux garçons.

Non merci. Un immense extraterrestre me suffisait amplement.

Le gouverneur me regarda droit dans les yeux.

— Merci d’avoir sauvé Braun.

C'est mon mari. C'est tout ce que j'avais à dire sur le sujet. C'était apparemment suffisant.

Ma femme s’appelle Rachel, elle est terrienne. Plusieurs autres femmes, toutes des épouses terriennes, sont impatientes de faire votre connaissance. Je suis sûr que vous croulerez bientôt sous les amies, mais elles savaient que vous seriez... occupée pendant un certain temps.

Je rougis. J'avais été bien occupée.

Votre famille arrive bientôt. Il y a eu un léger retard dans le créneau de transport.

Les problèmes diplomatiques ont été résolus ? demanda Braun. Sa main glissa de mon épaule à ma taille, m’attirant vers lui. Je me glissai au creux de son bras.

Maxim hocha la tête.

— Oui. L'ambassadeur a réglé tous les problèmes en suspens.

La porte de la salle de transport s’ouvrit et un autre homme entra. Un homme, enfin plutôt un extraterrestre... Je le reconnus comme étant un Prillon. Tout comme le gouverneur, il portait un collier autour du cou. Celui de ce Prillon était gris argenté, contrairement au collier rouge foncé du gouverneur. Il était formel, avait une posture rigide et me salua.

Je suis le Dr Surnen. Le gouverneur m’a averti de votre arrivée, j'ai appris que vous seriez dans la salle de transport en attendant votre famille. Je voulais profiter de l'occasion pour m'assurer que vous alliez bien.

Elle va bien, Docteur, lui assura Braun. Je me suis occupé d'elle personnellement.

Je donnai une pichenette sur la poitrine de Braun.

— Hé ! Je sentis le rouge me monter aux joues. Ces types parlaient de sexe comme si de rien n'était.

Oui, mais dans…

Merci, docteur, répondis-je en l’interrompant. Je lui fis les gros yeux, j’essayai de lui faire comprendre silencieusement de la fermer, je ne voulais pas que Braun apprenne que j'étais enceinte de la bouche de quelqu'un d'autre. Nul doute que le gouverneur était au courant de la situation puisqu'il s’était entretenu avec la Directrice Égara. Il l'avait évidemment dit au docteur. Et à personne d'autre, espérons.

— Je sais que vous vouliez vous assurer que je n'étais pas fatiguée par le transport...

Le docteur demeura immobile et m’observa. Il regarda Braun, qui avait l'air presque placide. Avant de hocher la tête.

— Je vois. Oui. Je suis en mesure d’affirmer que vous allez effectivement bien. Si vous avez des problèmes ou inquiétudes à ce sujet…

Angela est une femme forte, lâcha Braun, le coupant dans son élan. Elle n'a pas besoin d'être placée en observation à cause du transport.

Maxime baissa les yeux et plaqua sa main sur sa bouche. Oui, il était courant. Le Dr Surnen aussi. Braun, non.

Non, vous avez raison. Elle n'a pas besoin de moi pour ça.

Je suis tout de même content que vous soyez là, continua Braun. Angela est infirmière sur Terre.

Surnen haussa un sourcil brun.

— Vraiment ?

Élève infirmière. Je n'ai pas terminé mes cours, je tenais à le préciser. Je finissais mon dernier stage quand j'ai rencontré Braun.

Nous avons toujours besoin de personnes ayant une expérience médicale. J'espère vous voir très prochainement au dispensaire. Nous avons des protocoles de formation pour la Coalition. Vous pouvez commencer immédiatement. Je serais ravi de vous avoir dans notre équipe. Il haussa à nouveau un sourcil et m’adressa un regard perçant. Et d’un, j'étais très contente de sa proposition. Je pourrais être infirmière ici, sur la Colonie. Cela allait être formidable. J'apprendrais tout sur les formes de vie extraterrestres, comment soigner les guerriers qui venaient ici, comment retirer leurs intégrations.

Et les Terriennes dont ils m'avaient parlé ? Elles seraient certainement heureuses de tomber sur une femme pour leurs problèmes plus... délicats... et leurs préoccupations.

Mais ce n'était pas ce que le Dr Surnen voulait dire. Je pouvais pratiquement lire dans l'esprit de l'extraterrestre.

Je veux vous examiner et m'assurer que vous et votre bébé êtes en bonne santé.

Je sentis les vibrations de la plateforme de transport sous mes pieds, je sentis l'électricité statique et les poils de ma nuque se hérisser.

Transport imminent, dit le technicien, et nous nous tournâmes tous vers la plateforme surélevée.

Mes parents, Papy et Oscar se matérialisèrent en un clin d’œil.

Le chat sauta des bras de Papy et courut se réfugier sous le pupitre de commandes.

C'était quoi ce truc ? demanda Maxim.

Un chat, expliqua Braun en me lâchant.

Je me précipitai sur les marches et embrassai d'abord ma mère, puis mon père. Quand fut venu le tour de Papy, il me serra fort ; je reculai et le regardai fixement.

Putain de merde.

Il me souriait. Envolée sa pâleur maladive. Ses yeux étaient brillants, son dos droit. Il souriait et avait l'air... en forme.

Je sais. Je me sens sacrément bien !

Qu’est-ce que ... comment... tu... le dernier traitement a été efficace ! dis-je, avant de le serrer à nouveau dans mes bras, mais avec précaution, comme d'habitude. J'avais parlé à mes parents et Papy après que Braun ait quitté la Terre, mais je ne les avais pas vus depuis deux semaines. J'étais trop occupée et trop triste pour les voir.

Ah, pas besoin d'être gentil. Le cancer est parti.

Je reculai et regardai mes parents. Ils souriaient et hochaient la tête, des larmes roulaient sur les joues de ma mère.

— L'espace te réussit, dit ma mère en souriant à travers ses larmes.

Quoi ? Comment ?

Ton compagnon m'a soigné, expliqua Papy. Une dame en uniforme chic a agité une baguette magique sur moi. Il y avait une lumière bleue et tout. Elle a répété l’opération à plusieurs reprises pendant qu'on était tranquillement assis en train de donner du bœuf séché à Howard. J'ai commencé immédiatement à me sentir mieux. C’est la raison pour laquelle je ne peux pas rester longtemps. Je manquerais à Howard.

Papa ! s’exclama Maman, bien que sa frustration habituelle concernant son amitié avec Howard ait disparu.

Je pivotai sur mes talons et regardai Braun.

— Tu as fait quoi ? Avec quelle baguette ?

Il vint jusqu'au pied de l'escalier. J'étais à peine plus grande que lui là où je me tenais, juste trois petites marches au-dessus de lui.

— J'avais été exilé. La fenêtre de transport était fermée. Je ne savais pas si je reviendrais. Si je serais exécuté. Je ne pouvais pas laisser un camarade vétéran malade juste parce qu'il vivait sur une planète primitive. Il se tourna vers Papy. Il a combattu avec les honneurs et mérite de guérir. Braun croisa mon regard. Te voir souffrir m’était insupportable, ma chérie.

Papy tapota sa prothèse de jambe.

— Ça fait de moi un cyborg, alors ? J'ai du métal, comme vous les gars.

Maman rit plus fort et s'essuya les yeux.

Tu as fait ça pour lui ? chuchotai-je.

Je l'ai fait pour lui, oui, confirma Braun. Mais aussi pour toi.

Je ne pouvais pas être plus amoureuse de mon extraterrestre grand et musclé qu'en ce moment. Je me jetai sur lui, il me prit dans ses bras et m'embrassa.

Tout le monde riait, et quand nous relevâmes nos têtes, nous rîmes aussi.

Je reculai et contemplai son visage.

— Je t'aime, Braun le Magnifique.

Il sourit et frotta son nez contre le mien.

— Moi aussi, je t'aime. Tu es la femme de ma vie.

Angela Kaur de la Terre, une journée chargée vous attend, dit Maxim en nous interrompant. Vos parents repartent sur Terre dans trois jours maximum mais l'ambassadeur a délivré un laissez-passer permanent pour votre famille chaque fois qu'elle souhaitera vous rendre visite. Ce qui, je pense, sera très fréquent, surtout dans un proche avenir.

Je regardai le gouverneur par-dessus mon épaule.

— Merci. Puis je regardai mes parents, tandis que Braun me tenait toujours dans ses bras. Je suis désolée de ne pas vous avoir dit au revoir.

Tu avais de bonnes raisons, dit maman en prenant la main de papa. Être amoureuse, c'est... presque comme un nouvel univers.

Sa blague me fit lever les yeux au ciel et Braun me reposa au sol malgré sa réticence.

Où Maxime veut en venir, ma chérie ? Ton grand-père est désormais en bonne santé, les visites urgentes ne sont plus une priorité.

Maxim s'éclaircit la gorge, je le regardai, ainsi que le Dr Surnen. Merde. Ce n'était pas comme ça que je voulais annoncer les choses, mais là encore, je n'avais aucune idée de la façon dont j'imaginais annoncer à mon amant extraterrestre, mon compagnon extraterrestre, qu'il allait être père.

Je mordillai ma lèvre et posai ma main sur mon ventre plat. Ma mère tressaillit, je savais qu'elle avait compris.

Ma chérie ? Braun semblait inquiet. Intrigué. Je ne pouvais pas faire durer le suspense plus longtemps.

Je... je suis enceinte.

Braun me dévisagea, les yeux ronds. Il demeurait immobile, je me demandais s'il respirait encore.

— Quoi ? chuchote-t-il.

Je porte ton bébé. Je sais que c'est une surprise et que c'est soudain, mais... eh bien, je suppose qu’il fallait s’y attendre. Je n'allais pas parler de ses super-spermatozoïdes devant ma famille.

Un bébé ?

Je hochai la tête.

— Un bébé.

Toi ?

Je hochai de nouveau la tête, désormais quelque peu inquiète.

— Moi. Et toi. Nous. Tu es... content ?

Content ?

Ses yeux se révulsèrent d'un coup d'un seul et il bascula tel un séquoia en pleine forêt. Il s'évanouit soudainement. Il tomba au sol avec un grand bruit et Oscar gronda, tapi dans un coin reculé de la pièce.

Papy éclata de rire et descendit les marches pour me prendre dans ses bras tandis que nous regardions Braun, inconscient. Le Dr Surnen s'agenouilla à côté de lui et passa une baguette sur son visage.

Cet homme a combattu la Ruche, a survécu à sa capture et son intégration, dit Maxim. Il s'est échappé. Il a survécu aux émissions de télé-réalité stupides sur Terre. Il a même survécu à la fièvre de l’accouplement. Mais il s'évanouit parce que vous allez avoir un bébé.

Papy releva mon menton et sourit.

Rares sont ceux pouvant se targuer de terrasser une bête.

Ma bête, dis-je.

Je m'agenouillai et pris la main de Braun, pour essayer de ranimer mon Atlan évanoui. Comme s'il avait décidé que c'était le meilleur moment pour faire son entrée, Oscar se dirigea vers Braun et sauta sur la poitrine de l'Atlan comme si Braun était sa montagne personnelle. Il se mit en boule et commença immédiatement à ronronner.

Je les regardai et ne pus m'empêcher de sourire.

— S'il réagit comme ça en apprenant que nous allons avoir un bébé, je n'imagine même pas ce que ce sera si on a des jumeaux.

Papy éclata de rire et attira l'attention du Dr Surnen.

— Il y en a dans la famille, Doc. Je vous assure.

Je vais devoir vous examiner immédiatement, répondit le docteur, pas amusé le moins du monde.

Je secouai la tête.

— Plus tard. Je me penchai et embrassai mon héros inconscient. Il m'avait sauvée de tant de façons. J'étais prête à entamer ma nouvelle vie sur une nouvelle planète avec lui et un bébé. Braun était mon univers maintenant. Il était temps de commencer à vivre. Avec lui.

Il devait simplement se réveiller.

Lisez La Belle et la Bête ensuite!


On ne refuse rien à la bête.


Je suis un Seigneur de guerre. Une bête.


Un assassin à la solde des Renseignements.


Néanmoins envoyé sur Terre pour une mission simple: trouver ma partenaire.


Je n'ai aucun espoir. Qui voudrait de moi? Une créature couturée de cicatrices... physiques et morales.


Un seul regard sur cette beauté humaine aura suffi ; le coup de foudre, la femme de ma vie.


Je suis prêt à tout pour la récupérer et la sauver des griffes de mes ennemis.


Rien sur Terre — ni sur aucune planète de l'univers — ne nous séparera.

Elle. Est. A. Moi.


Lisez La Belle et la Bête ensuite!