Le fleuve du rien

Comme toi j’ai désiré avoir l’inconsolable mémoire,
une mémoire d’ombre, de pierre.

Marguerite Duras

Au fond

le fond de tout n’est pas très profond

Le fleuve du rien non plus

 

C’est un voile jeté sur les pierres

une nappe sur le plancher

un oiseau liquide démembré

s’offrant à l’éponge les ailes repliées

 

Le soleil sortira

le transpercera d’un rayon au cœur

Il montera au ciel sans battre des ailes

se croyant un saint évaporé

 

Il deviendra dans les nuages

un protecteur

un passeur pour tous ceux

effrayés par l’effacement…