Dominic n’y pouvait rien. C’était le sang des collines de sa Sicile natale coulant dans ses veines qui le rendait incapable de résister à un sourire éclatant, une mèche rebelle, un battement de cils, une démarche langoureuse, des hanches épanouies se balançant à un rythme subtil, un cou gracieux orné d’un fin bijou… Ah ! Les charmes féminins étaient trop nombreux et puissants pour que lui, pauvre mortel, tentât d’y résister. Il n’en avait d’ailleurs pas la moindre envie. Son impitoyable et irrésistible amour des femmes lui avait fait perdre sa propre conjointe ? Qu’à cela ne tienne ! Il avait maintenant le champ libre et la conscience tranquille. Il ne passait jamais plus d’une nuit avec la même femme, n’ayant pas la chance de vivre autre chose qu’une nuit d’amour anonyme sans lendemain ? Eh bien, tant mieux ! Cela lui permettait d’en satisfaire davantage, de faire profiter de son savoir-faire inestimable toutes celles qui en avaient besoin. Il n’oubliait jamais que la vie était courte et que son corps pouvait le trahir à tout instant. Son vieux père ne lui répétait-il pas sans cesse qu’il fallait s’en servir, de ce corps, avant qu’il ne soit trop tard ? Et il en savait quelque chose, son vieux père !
Il se souvenait effectivement de ces après-midi ensoleillés au cours desquels, quand il n’était qu’un adolescent n’entrevoyant qu’une parcelle de ce que la vie avait de merveilleux à lui offrir, il allait au village, accompagné de son père, pour casser la croûte et déguster une bonne carafe de vin après le labeur de la journée. Les deux hommes, l’un encore imberbe et l’autre déjà grisonnant, s’asseyaient alors à l’ombre et admiraient les femmes exquises qui les entouraient. La chaleur sèche et accablante faisait baigner ces dernières dans une espèce d’aura lumineuse, ajoutant à la scène une touche d’irréalité. C’était là, à cet endroit précis, que son père détaillait ce qu’il appelait solennellement « la beauté indiscutable » de chaque représentante de la gent féminine. Il pouvait s’agir d’un profil flatteur, de la perfection des traits d’un visage, d’un front fier, de pommettes saillantes… Toute femme était à ses yeux la réincarnation de la beauté pure, qu’elle eût seize ou soixante-seize ans.
— Tu vois, mon garçon, la femme, par définition, est belle. Dieu l’a créée pour qu’elle représente, dans son ensemble, tout ce qu’il y a de plus beau au monde. Regarde Angela, là-bas, grosse de plusieurs mois. Remarque comme ses yeux sont lumineux, ses seins débordant de lait pour l’enfant à naître. Et Carla ? Même à son âge, ses jambes sont encore longues et fermes, prêtes à s’enrouler autour de la taille de son homme. Et la petite, là-bas, si jeune et avec déjà trois prétendants ! Ce n’est pas étonnant, avec de tels yeux ! Les femmes, Dominic, tu dois les vénérer ; si tu fais du mal à une femme, c’est comme si tu en faisais à Dieu lui-même.
Dominic avait bien appris sa leçon, qui était devenue pour lui une seconde nature par la suite. Il admirait les femmes, les respectait et les vénérait autant qu’il lui était possible de le faire. Toutefois, il s’était vite rendu compte que malgré les bienfaits qu’il leur apportait, il les faisait aussi souffrir bien malgré lui, parce qu’elles ne le comprenaient pas tout à fait. Il s’évertuait en effet à les aimer et à les rendre heureuses, mais il y en avait tellement, la tâche était colossale… Il sentait confusément que son père n’aurait pas toujours approuvé ses multiples conquêtes et les cœurs immanquablement brisés. Avait-il mal interprété certains petits détails de leurs conversations ? Dans ce cas, ils s’en reparleraient au paradis.
Entretemps, tant de femmes avaient besoin de lui ! Il avait peine à croire qu’un si grand nombre d’entre elles pussent être si mal aimées. Il trouvait même inconcevable que certains hommes fussent aussi maladroits. Mais il faut dire qu’aimer une femme était un art, et que certains artistes étaient plus talentueux que d’autres en la matière.
On dit d’ailleurs depuis toujours que les Italiens sont beaux, et il l’était, le Dominic, avec son teint basané, ses boucles noires, ses yeux langoureux et son sourire éclatant. Il forçait parfois un peu trop la note sur certains aspects de son style, mais c’était là un défaut bénin, une vanité bien inoffensive. On dit aussi que les Italiens sont les meilleurs amants au monde, et Dominic avait la ferme intention de prouver la véracité de ce dicton. Mais pour ce faire, il était nécessaire d’avoir de la pratique, de la perspicacité, ainsi que de connaître le mieux possible les désirs secrets des femmes.
Cela, son épouse ne l’avait jamais compris, même si elle en profitait, elle, de la perfection de son art ! Aux yeux du Don Juan, peu importait l’endroit où il acquérait ses compétences, l’important, c’était le résultat. Toutefois, elle ne voyait pas les choses du même œil et menaçait souvent de le quitter. Dominic avait pourtant tenté l’impossible pour la combler, se pliant à ses moindres caprices. Il avait même un jour prétendu être un voleur qui s’était infiltré dans la maison, afin de la faire gémir de douleur et de plaisir. Elle faisait toutefois la sourde oreille à ses fantasmes d’homme, se contentant de le sucer maladroitement et presque avec dégoût. Mais ce n’était pas le pire. Le pire, dans tout cela, ce qui enrageait Dominic et lui donnait une merveilleuse raison pour lui être infidèle, c’étaient ses innombrables critiques. Elle n’arrêtait en effet jamais de lui casser les oreilles.
— Dominic, tu n’arriveras à rien. Photographe professionnel ! Elle est bien bonne ! Tu n’es qu’un raté. Tu ne feras jamais rien d’autre que des pubs pour des détergents à lessive ou des médicaments contre les verrues !
Bon, sa carrière ne s’était effectivement pas toujours développée comme il l’aurait voulu. Mais ces petits contrats de publicité qu’elle jugeait ridicules payaient quand même à Madame tous les petits luxes qu’elle souhaitait. Non, ce n’était pas exactement ce à quoi il aspirait, mais il y arriverait un jour, en dépit de ce que sa chère épouse s’évertuait à répéter. Et puis, il n’y avait strictement rien de mal à faire une publicité pour des médicaments contre les verrues, surtout lorsque la mannequin qui y figurait était si jolie !!
Ce modèle avait d’ailleurs été sa première conquête d’homme marié. Elle ne devait pas avoir plus de dix-neuf ou vingt ans. Et elle était délurée, la petite ! Dès son arrivée dans le studio, elle l’avait dévisagé sans aucune pudeur et lui avait fait comprendre qu’il était son genre. Elle voyait sans doute en lui un homme d’expérience, plus âgé, mais tellement plus intéressant que les jeunots de son âge. Elle n’avait pas eu à travailler très fort pour saisir sa proie. Elle lui avait glissé son numéro de téléphone à la fin de la séance de photos et Dominic avait alors hésité entre deux choix cornéliens : ignorer le bout de papier qui brûlait sa poche de pantalon et retourner sagement vers son épouse ingrate, ou bien s’offrir cette petite fantaisie, la première, sans doute la dernière et dont personne ne saurait jamais rien. L’agonie avait finalement été brève. Il s’était précipité sur le téléphone pour réserver une chambre à l’un des nombreux motels longeant l’artère principale de la ville. Pas un palace, loin de là, mais pas un repaire à coquerelles non plus. De son côté, ce qui importait à la belle, c’étaient ses attraits et son statut d’homme marié, facteur qui lui garantirait beaucoup de discrétion et peu de conséquences à ses gestes.
Aujourd’hui encore, Dominic conservait un souvenir émouvant de cette chambre, témoin de sa première aventure extra-conjugale : des murs beiges probablement blancs, jadis ; un tapis, rouge et élimé, orné de vagues motifs noirs auxquels se mariaient admirablement les brûlures de cigarettes ; le mobilier, du même blanc effacé que les murs, totalement insipide. En revanche, le lit d’eau était merveilleux, et les miroirs au plafond assez propres pour que les amants puissent s’y admirer à leur aise. Dominic avait attendu la mannequin environ une heure, au cours de laquelle il avait ressenti quelques remords. Mais en s’imaginant ce qu’il allait vivre, ses objections avaient fondu comme neige au soleil. Et quand il pensait à la jeunesse et à la beauté de cette fille… il adorait vraiment ces toutes jeunes femmes. Il rêvait du jour où il serait enfin le photographe attitré d’une foule de top-modèles et parcourrait le monde au bras de ces jeunes déesses.
Celle qu’il attendait était assez loin du compte, mais tout de même jolie. Elle avait cette allure longiligne à la mode, de petits seins ronds, libres et insolents sous sa blouse légère, et une démarche coquine. Elle avait pris les choses en main dès son arrivée. Elle s’était déshabillée sans prononcer une seule parole, avait retiré les vêtements de Dominic et, sans préambule et toujours silencieuse, pris sa queue déjà dure entre ses lèvres humides. Elle n’en était pas à sa première tétée, elle ! Rien à voir avec la pipe pathétique que sa femme avait tenté de lui offrir il y avait déjà longtemps de cela ! Dominic l’avait laissé faire un bon moment, puis, constatant son appétit, avait enfoui plus profondément encore son engin dans la bouche accueillante. La jeune femme s’était montrée réceptive et semblait même apprécier la chose, puisqu’elle avait commencé à se caresser dès cet instant. Il l’avait alors solidement empoignée par les cheveux et s’était davantage activé. Elle s’était soudain emparée de ses bourses trop pleines, et Dominic avait pensé jouir. Mais il était encore beaucoup trop tôt ! Il s’était donc retiré, et la fille s’était étendue sur le ventre, les fesses bien relevées, lui offrant une vue alléchante. Dominic s’était alors précipité, constatant qu’elle était moite et prête à le recevoir. Il avait fiévreusement glissé en elle, s’agrippant à ses hanches menues, puis l’avait retournée, lui intimant l’ordre de le chevaucher. Il avait ensuite profité des vagues du lit d’eau pour la pénétrer de toute la longueur de sa queue sans trop d’efforts.
Ce soir-là, il l’avait faite soupirer tant qu’il l’avait pu, lui faisant l’amour trois fois d’affilée, jusqu’à ce que sa queue crie grâce. Il avait finalement laissé la jeune femme repue et endolorie, avant de s’endormir tout près d’elle. Au petit matin, en bon gentilhomme, il l’avait raccompagnée chez elle dans sa rutilante voiture de sport rouge, musique tonitruante et capot abaissé en prime, en lui promettant de l’appeler bientôt. Elle savait qu’il n’en ferait rien, mais c’était parfait ainsi.
Était ensuite arrivée la publicité pour un détergent à lessive. La comédienne qui la jouait était beaucoup moins jeune que la mannequin, mais possédait cette assurance et cet abandon typiques des femmes à la trentaine épanouie. Elle était tout comme lui mariée, et lui avait avoué avoir toujours rêvé d’un bel étalon, ne serait-ce que pour une incartade. Dominic s’était donc senti obligé de réaliser son rêve. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis la nuit au motel, et il n’en avait conservé aucune séquelle. Il s’était ainsi dit qu’il serait sûrement capable d’assumer aussi brillamment une seconde aventure. Il avait au bout du compte offert à la comédienne de passer une nuit incomparable avec lui, une invitation qu’elle avait acceptée avec joie. Ils avaient dîné (aux frais de la dame !) dans une suite du plus grand hôtel de la ville. Durant le repas, Dominic l’avait complimentée sur sa beauté, sa grâce, tout en l’aguichant avec de fréquentes caresses sous la table nappée. Le repas s’était poursuivi jusqu’à un immense bain tourbillon, dans lequel ils avaient bu du champagne et sucé des fraises, ainsi que diverses autres petites choses. Dominic lui avait ensuite fait l’amour tour à tour doucement, brutalement, romantiquement, violemment. Il y avait mis tout son savoir-faire, la tenant en haleine plus de deux heures d’affilée, encore trois fois de suite… Le trois était définitivement son chiffre chanceux. Il l’avait léchée, sucée, embrassée, pénétrée, léchée de nouveau. Elle avait joui à répétition, ce qui, affirmait-elle, lui arrivait pour la première fois. Le lendemain de cette nuit sublime, qu’ils savaient tous deux sans suite possible, ils étaient partis chacun de leur côté, partageant un merveilleux souvenir.
Puis, il y en avait eu d’autres. Elles étaient arrivées comme ça, sans prévenir, sans que Dominic pût l’empêcher. Et il lui était impossible d’abandonner ces pauvres femmes à leur solitude, si bien que dans un élan de générosité ou pour éviter de blesser leur amour-propre, il cédait à leurs demandes. Il avait ainsi succombé à la réceptionniste du petit journal pour lequel il faisait, à l’occasion, des reportages ; ensuite, il y avait eu cette beauté orientale qui l’avait un jour aidé quand sa voiture était tombée en panne ; plus tard, une collègue photographe s’était amourachée de lui, ce qui était dommage, car elle aurait pu s’offrir bien des hommes plus libres que lui ; et puis, la serveuse du bar où il avait ses habitudes, ainsi que deux ou trois clientes, il en perdait le compte… Et enfin, la voisine. C’était à ce moment-là que sa tendre épouse en avait eu assez.
— Tu me trompes avec toutes les filles qui passent, je peux déjà difficilement accepter ça ! Mais là, c’est trop près de mon foyer, de mon territoire !
Ah ! Leur foyer, leur territoire ! Elle était blanche de colère, toutes griffes dehors, prête à sauter à la gorge de l’ennemie, de la traîtresse qui envahissait son domaine. Étrange. Quoi qu’il en soit, ils avaient convenu de se quitter le plus calmement possible et avaient, tout compte fait, assez bien réussi.
Dominic était maintenant prêt pour la grande envolée. Il en avait assez des salaires de crève-la-faim et de travailler en étant constamment entouré d’amateurs. Il était temps qu’il fasse sa place ailleurs. Il en avait le talent et, maintenant, la disponibilité. Plus rien ne le retenait dans cette ville, qu’il quitterait sans le moindre regret à la première occasion. Il entreprit donc de mettre de l’ordre dans son portfolio, en retira les photographies les plus explicites, n’y conserva que les mieux réussies, puis frappa à quelques portes.
Un mois plus tard, Dominic s’était buté à de nombreux refus. Il se trouvait dans un cercle vicieux tout à fait ridicule : les grosses agences ne lui laissaient pas sa chance parce qu’il n’avait jamais travaillé pour l’une d’entre elles. Il lui aurait fallu des références, si petites fussent-elles…
À court d’idées et au bord du découragement, il fouilla dans la pile de cartes professionnelles qu’il avait amassées et conservées depuis ses débuts. Il en avait plusieurs centaines, pour la plupart remises par des représentants de boîtes de publicité insignifiantes qui n’avaient pas fait long feu. Il n’y avait donc rien à attendre de ce côté-là. Mais alors qu’il les rangeait après les avoir distraitement regardées, l’une d’elles se détacha du lot et vola légèrement, comme un message subliminal, avant d’atterrir à ses pieds. Il se souvint alors de ce collègue, rencontré brièvement lors d’une annonce pour des vêtements. Il l’avait oublié, celui-là ! Jean-Christophe avait déjà travaillé, quelques années auparavant, pour plusieurs agences de mannequins internationales et fait maintes publicités pour des produits haut de gamme. Dominic décida de lui passer un coup de fil sur-le-champ, pour tâter le terrain. Il le rejoignit facilement — un autre bon présage —, et ils convinrent de se rencontrer dans un bar du centre-ville que Jean-Christophe fréquentait. Les consommations y étaient ridiculement chers, mais il s’agissait d’un endroit où il était bon être vu, aussi Dominic considéra-t-il cette démarche comme un investissement.
Au premier coup d’œil sur son collègue, il sut qu’il avait contacté la bonne personne. Tout, en Jean-Christophe, transpirait le succès. Vêtu de cuir des pieds à la tête, il avait cette allure savamment négligée qui faisait tourner les têtes. Il devait approcher la cinquantaine, mais l’arborait de façon remarquable. Après quelques verres, Dominic apprit qu’il était même très bien placé au sein de plusieurs agences, magazines et autres sources de revenus fort intéressantes. Jouant le tout pour le tout, il opta pour la carte de la sincérité. En lui montrant son portfolio, il lui fit part de ses difficultés à intégrer le monde dans lequel il voulait se faire une place. Il savait qu’il devait franchir le cap qui le ferait passer de minable à respectable, et qui ferait toute la différence. L’étape qui lui garantirait, en plus du respect de ses pairs, un niveau de vie plus confortable.
Il s’attendait à ce que Jean-Christophe garde jalousement son succès pour lui, mais ce dernier convint spontanément du talent de Dominic, surtout pour les photographies de nus, et promit de lui fournir des références au cours des semaines suivantes, selon les contrats disponibles.
S’enhardissant, Dominic lui posa des tas de questions sur sa vie professionnelle et sut que Jean-Christophe avait non seulement photographié des défilés d’envergure à plusieurs reprises, mais aussi que ses rêves étaient conformes à la réalité d’un photographe en vue : mannequins irrésistibles, orgies presque quotidiennes, corps féeriques pratiquement nus à sa disposition, etc. C’était d’ailleurs ce qui avait convaincu Jean-Christophe de retourner brièvement dans cet univers épuisant, mais ô combien satisfaisant, avant de se retirer définitivement, au sommet de sa gloire. Il avait de plus déjà envisagé avoir un protégé et était disposé à donner sa chance à Dominic, si ce dernier s’en montrait digne. Les deux compères continuèrent à commander tournée après tournée, ce soir-là.
Le lendemain, malgré une gueule de bois retentissante, Dominic se rendit au studio pour ce qu’il espérait être sa dernière séance à titre d’illustre inconnu. Il se voyait déjà parcourir la planète, croquant tous les grands défilés, vendant ses photos à prix d’or aux magazines de mode les plus prestigieux. Les plus belles femmes au monde l’accompagneraient dans ses déplacements : tantôt la belle Gisele, sur laquelle il fantasmait depuis sa première apparition dans un magazine de mode, tantôt, selon les jours, les Natalia, Gemma et Lara de ce monde. Elles succomberaient bientôt à son charme et à son talent, exigeant que ce soit lui, et seulement lui, qui ait le privilège de les prendre en photo… et de les prendre tout court. Tant qu’à rêver !
Mais dans l’attente, il avait une publicité à faire. Et pas une publicité des plus réjouissantes, puisqu’il s’agissait de nourriture pour chiens ! Comme il détestait ces animaux et y était allergique, il n’avait accepté ce contrat que parce qu’il était vraiment à court d’argent. Quelle horreur ! Il se consola en se convainquant que sa vie allait changer radicalement dans de très brefs délais.
Il survécut tant bien que mal à son expérience et rentra chez lui couvert de poils, les yeux rougis, le nez coulant, la gorge en feu… Mais il avait tout de même le numéro de téléphone de la coordonnatrice du projet, une mignonne rousse aux longues jambes et aux yeux pétillants. Il passa une nuit agréable en sa compagnie, acceptant même qu’elle le suce à plusieurs reprises. Il faut dire qu’elle adorait faire jouir les hommes de cette façon et s’y prenait comme une déesse. Quel pingre aurait-il été pour la priver de ce petit plaisir ? C’était néanmoins une vraie tigresse. Au petit matin, il avait la queue joyeusement endolorie, tandis que ses épaules, son dos et ses fesses avaient été égratignés par les longs ongles écarlates de la jeune femme. Il se demanda si Gisele serait aussi vorace qu’elle. On ne lui connaissait alors aucune relation sérieuse, donc le moment était parfait. Il ne faudrait toutefois pas trop la faire attendre…
Jean-Christophe lui téléphona deux jours plus tard. Un manufacturier de parfums lui avait proposé un contrat, et il souhaitait l’offrir à Dominic pour voir quel genre de travail il ferait. Avant de le choisir comme protégé, il devait effectivement s’assurer de son professionnalisme. Dominic accepta avec enthousiasme et promit qu’il serait à la hauteur de ses plus sévères attentes. Il se présenta au rendez-vous avec une bonne demi-heure d’avance et goûta l’atmosphère qui y régnait. Des professionnels ! Il se retrouvait enfin parmi de vrais professionnels, chacun exécutant une tâche précise sans perdre de temps. La jeune femme qu’il devait photographier pour la publicité était ravissante. Ses longs cheveux cascadaient le long de son corps jusqu’aux fesses, enveloppant ses courbes délicieuses d’un soyeux rideau d’ébène. De petits frissons d’anticipation firent sourire Dominic. Elle n’était pas encore très connue comme mannequin, mais il la sentait promise à un avenir glorieux. Il se dit même que, dans quelques années, il pourrait lui rappeler cette première séance ensemble, puis qu’ils savoureraient tous deux leur vertigineuse ascension vers le firmament de la mode. Comme ce serait agréable ! Pour l’instant, il était bien tenté de l’approcher avec un de ses irrésistibles compliments, mais les enjeux étaient trop importants. Il se devait, pour Jean-Christophe, d’acquérir de la crédibilité et de faire preuve d’un professionnalisme hors pair. Il se contenta donc d’effectuer son travail avec un zèle et un talent qui le surprirent un peu. La fille était vraiment superbe, et d’après ce que Dominic voyait à travers sa lentille, elle prenait une dimension presque irréelle. Il savait donc d’avance que ces clichés seraient parmi ses mieux réussis.
Il repartit, sourire aux lèvres, impatient comme un écolier de voir le résultat de son travail.
Les photos étaient éblouissantes, et Jean-Christophe fut impressionné. Le manufacturier était de son côté très content et promit de le contacter pour ses futures publicités. Dominic jubilait ! Il savait que ce premier vrai contrat le propulserait vers des sommets insoupçonnés et trouvait déjà l’attente d’un nouveau contrat excessivement pénible.
L’appel arriva finalement trois semaines plus tard. Jean-Christophe lui demanda s’il avait envie de couvrir, pour le magazine Sélect, un défilé qui avait lieu à New York le weekend suivant. Or, Sélect était sûrement le magazine le plus chic du pays. Dominic eut du mal à croire à sa chance et sauta évidemment sur l’occasion sans hésiter. Jean-Christophe lui expliqua qu’il s’agissait d’un défilé-bénéfice que plusieurs grands couturiers organisaient pour une cause charitable quelconque. Dominic n’avait que faire des détails. Tout ce qu’il voulait savoir, c’étaient l’endroit et le moment du défilé. Pour que de grands couturiers y participent, il était évident que des top-modèles internationaux y seraient aussi. Il devint surexcité et tenta d’apprendre qui serait là, mais Jean-Christophe l’ignorait. Il se contenta de lui donner le nom du grand hôtel new-yorkais et de lui dire de se présenter avec au moins une heure d’avance à l’événement. Il lui ferait parvenir son billet d’avion et son laissez-passer au cours des prochains jours.
Dominic pouvait déjà tout imaginer : une foule de gens riches à craquer, portant pour l’occasion des vêtements griffés des plus illustres couturiers au monde. Il pouvait dès maintenant sentir les parfums les plus chers, voir l’éclat des bijoux hors de prix, entendre de délicates flûtes en cristal tinter les unes contre les autres, faisant remonter les bulles du meilleur champagne de l’univers. Comme il s’agissait d’un défilé-bénéfice, plusieurs vedettes de cinéma et de la télévision y feraient sûrement une apparition remarquée. Il se promit d’arriver très tôt pour ne rien manquer du spectacle et savourer pleinement cette journée qui marquerait, sans doute, le début de sa nouvelle vie.
Quant aux mannequins présents, Dominic se laissait porter par les espoirs les plus fous. Et si elles étaient toutes là, ses chéries ? Aucune d’elles ne voudrait manquer un tel événement. Il se mit à rêver au déroulement de la journée. Il chassa de son cerveau toute pensée inutile et se concentra sur la scène qu’il allait sûrement vivre très bientôt. Son esprit passa outre les formalités d’introduction et l’entraîna directement dans les coulisses, où régnait une bruyante et joyeuse frénésie. Les habilleuses couraient après les maquilleuses qui, elles, tentaient tant bien que mal d’embellir encore plus les déesses qui se faisaient coiffer. Parmi les nuages de fixatif et de poudres diverses, Dominic ne pouvait s’empêcher de s’attarder sur un sein par ici, une fesse par là. Et pas n’importe lesquels ! Gisele ne portait effectivement qu’une minuscule culotte et de vertigineux escarpins ; Lara, elle, arborait un soutien-gorge diaphane et un porte-jarretelles ; Natalia, pour sa part, était complètement nue et s’affairait à attacher un bijou discret à son nombril. Gemma, de son côté, n’avait pour tout vêtement qu’un magnifique collier avec des boucles d’oreilles assorties, et Leila, de longues cuissardes et une casquette en cuir.
Dominic était bouche bée et bandait de bonheur. Il observait la scène en retenant son souffle, tentant d’ancrer cette vision à tout jamais dans sa mémoire. Combien d’hommes auraient été prêts à commettre les pires crimes pour se trouver à sa place ? Des milliers, il en était certain. Et on le payait pour ça, en plus ! Tout à sa béatitude, il ne savait plus laquelle de ces beautés irréelles il tenterait de séduire en premier. Il en avait remarqué plus d’une qui regardait dans sa direction en affichant un sourire espiègle. Était-ce parce qu’elles le trouvaient mignon, ou bien parce que sa douloureuse érection devenait un peu trop évidente ?
Il ne se posait pas de questions et se contentait de rendre des sourires qui se voulaient charmeurs et irrésistibles. C’était Gisele, la première, qui donnait finalement un petit coup de coude à Lara en regardant dans sa direction. Les deux comparses ricanaient, puis allaient retrouver Natalia, Gemma et Leila. Les cinq beautés le fixaient ensuite avec beaucoup d’insolence et de malice. Dominic se rappelait qu’il devait, une fois de plus, prouver à Jean-Christophe qu’il était à la hauteur de la confiance que ce dernier lui portait. Il faisait donc un énorme effort pour détourner le regard, mais au même moment, il pouvait voir Lara lécher un de ses adorables doigts d’un geste on ne peut plus langoureux, tout en le dévisageant. En avalant péniblement sa salive, il la voyait juste après se caresser doucement le sein de son doigt humide. Ses mamelons une fois dressés, elle en profitait pour les palper doucement, la salive de son doigt les faisant miroiter. Les quatre autres beautés se tenaient par la taille et se serraient l’une contre l’autre, comme pour se réchauffer, en l’observant. Dominic trouvait pourtant qu’il faisait soudainement très chaud ! Il n’osait en fait croire que cette déesse s’offrait ainsi en spectacle devant lui. L’aguicheuse, elle ne perdait rien pour attendre ! Mais alors qu’il voulait rejoindre ces canons de beauté, son corps était soudain paralysé. Il était incapable de bouger, une érection de plus en plus douloureuse dans l’entrejambe, tandis que Gisele glissait sa longue main sur le ventre de Lara, qui frémissait doucement. Natalia, de son côté, massait délicatement les épaules et le cou de Gemma qui, d’un toucher aussi léger qu’une brise d’été, caressait les cuisses écartées de Gisele, après s’être agenouillée derrière elle. Elles ne riaient plus. Leurs visages angéliques avaient pris des airs rêveurs, tendres et éperdus.
Dominic se demandait quelle serait la façon la plus efficace de les combler toutes, les unes autant que les autres. Il y trouverait sans doute son compte, mais en amoureux des femmes qu’il était, il ne pouvait s’imaginer en satisfaire une plus qu’une autre. Ses interrogations avaient été toutefois subitement interrompues. D’un même geste, les cinq sirènes lui faisaient signe de s’approcher. Il s’apercevait, à cet instant, qu’il était inutile de planifier toute action : c’étaient elles qui prendraient les choses en main. Il savait qu’il avait à sa disposition suffisamment d’énergie pour toutes ces femmes, c’était l’essentiel. En homme bien élevé, il obéissait sur-le-champ et s’approchait du quintette divin après une dernière et très, très brève pensée pour Jean-Christophe et ce que celui-ci attendait de lui. Il aurait été prêt à sacrifier sa carrière, s’il le fallait, pour voir la suite des événements. Les top-modèles, de leur côté, l’accueillaient à bras ouverts, l’engouffrant dans leur cercle.
Dominic se rendait alors compte que le paradis existait vraiment, qu’il ne s’agissait pas que d’une machination montée par des religieux en quête d’adeptes. Tandis que dix bras splendides s’activaient à retirer ses vêtements et que cinq souffles chauds embrasaient son corps, son membre viril frémissait et tremblait de bonheur. Il était si impatient de s’engouffrer dans une des chaudes cavernes à sa disposition, peu importait laquelle ! Néanmoins, contre toute attente, c’était une bouche tiède, moite et accueillante, qui l’ensevelissait et le manipulait avec un savoir-faire désarmant. Ses mains ne rencontraient que des peaux de velours et des cheveux de soie. Il aurait voulu avoir dix mains pour que chacune d’entre elles puisse caresser tous les seins, les fesses, les ventres et les sexes qui s’offraient à lui ! Il tâtait, léchait, suçait à qui mieux mieux, tout en essayant de retenir une éjaculation menaçante. La bouche qui avait emprisonné sa verge se retirait alors, et il se retrouvait étendu sur le sol, une paire de jambes écartées au-dessus du visage, deux adorables seins massant ses testicules engorgés. On lui tenait une main, la frottant contre un sexe bien humide et combien tentant, et trois mains — oui, trois ! — cajolaient sa queue doucement, avec une lenteur affolante. Les autres mains caressaient d’autres sexes autour de lui ; des bouches féminines embrassaient et léchaient des seins magnifiques ; des fesses admirables se collaient les unes aux autres. Le sexe qui lui chatouillait la bouche se retirait bientôt, et la déesse s’installait debout, les pieds de chaque côté de la tête d’un Dominic éperdu, de façon à lui offrir une vue imprenable sur ses lèvres écartées. Puis, une autre se plaçait en face d’elle, assez près pour que leurs seins se touchent, et la caressait lentement, permettant à la victime de voir tous les détails des doigts s’insérant dans les replis de chair odorante, puis glisser à l’intérieur, laissant une goutte onctueuse de jouissance lui atterrir sur la langue.
Dominic sentait alors une main — ou plusieurs ? — s’insinuer le long de sa cuisse et s’emparer de nouveau de son membre gourmand, juste au moment où une troisième fée se glissait derrière les deux autres qui le surplombaient. Cette nouvelle venue caressait les seins de la seconde, puis lui flattait le ventre avant d’enfouir ses deux mains entre les cuisses écartées. Celle qui se faisait ainsi envahir s’accroupissait pour pouvoir goûter au sexe de la première qui ruisselait abondamment. La main sur le membre dressé de Dominic devenait quant à elle une bouche qui le pompait sauvagement, se retirant au moment où il sentait qu’une trop violente érection allait le saisir. Un sexe de femme prenait aussitôt place au-dessus de lui et se laissait glisser le long de sa verge haletante ; c’était doux, chaud et glissant. La propriétaire de ce sexe enchanteur balançait les hanches et lui imposait un rythme tout d’abord langoureux, avant d’accélérer lentement. C’était là qu’il se rendait compte que la cinquième femme se tenait à l’écart. Elle était assise sur l’une des tables de maquillage, les jambes bien écartées, avec entre les mains une bouteille de parfum de la taille et de la forme d’une queue formidable, qu’elle glissait en elle de plus en plus rapidement.
De tout ce qui se passait autour de lui, ce qui excitait le plus Dominic était cette vision de la bouteille, bien lubrifiée, qui disparaissait profondément dans l’entrecuisse du cinquième top-modèle avant de réapparaître, luisante. Puis, tout déboulait. Il haussait les hanches de manière à empaler la femme qui s’activait sur lui ; chacune de ses mains s’emparait de l’un des sexes au-dessus de sa tête ; la quatrième femme se caressait elle-même, et la dernière entamait avec la bouteille de parfum un rythme frénétique en se l’enfonçant de plus en plus profondément dans le vagin. Il jouissait finalement en même temps que les deux sexes qui roulaient sous ses doigts. Sa cavalière et celle qui se masturbait étaient pour leur part toutes deux secouées de spasmes effrénés, et la bouteille de parfum s’immobilisait tout au fond du sexe de la cinquième beauté, maintenant tremblante.
Pantelant devant une telle vision paradisiaque, Dominic, à mi-chemin entre le fantasme et la réalité, ferma les yeux un moment. Puis, il s’endormit pour s’éveiller une heure plus tard, dans son salon, affalé dans son fauteuil favori, le pantalon défait et poisseux.
Dominic survécut tant bien que mal à l’attente. Les jours passèrent avec une lenteur insoutenable, ponctués d’érections spontanées au seul souvenir de son fantasme qui, dans ses rêves les plus fous, se réaliserait sans doute bientôt. Après une semaine, elles devinrent presque constantes. Bien sûr, il tentait de ne pas se faire trop d’illusions. Ce qu’il espérait plus que tout au monde n’avait que d’infimes chances de se produire. Toutefois, il refusait de croire qu’il ne lui serait pas permis de vivre ne serait-ce que la plus minuscule parcelle de ce rêve, et cela en vaudrait la chandelle. Fébrile, il avait fait et défait sa valise plusieurs fois, en tentant de ne rien oublier, mais sans en faire trop.
Au matin du grand jour, il était dans un tel état d’énervement et d’épuisement qu’il manqua presque son avion. Arrivé à New York, il se précipita sur le premier taxi jaune de la file. Le chauffeur conduisant de manière presque civilisée, Dominic sentit qu’il était doté d’une chance extraordinaire qui allait l’accompagner tout au long de la journée. Il profita du trajet pour tenter de se calmer et de se composer une attitude professionnelle, celle d’un homme calme et tout à fait habitué à ce genre d’événement. Il fallait en effet qu’il ait l’air sûr de lui, surtout pour les mannequins. Les femmes étaient si perspicaces ! Il devait absolument les convaincre qu’il était prêt à toutes les possibilités et qu’il n’était pas trop excité… Si seulement sa queue pouvait se tenir tranquille !
Il avait heureusement revêtu un pantalon ample qui dissimulerait bien une érection malvenue, tout en le laissant libre de ses mouvements. Une ancienne conquête lui avait de plus affirmé qu’il avait, dans ce pantalon, des fesses croquables.
Il arriva donc avec une bonne heure d’avance, comme prévu. Il se présenta à une jeune femme qui, cartable à la main, vérifia son identité avant de le diriger vers le lieu sacré qui le transformerait sans doute en nouvelle coqueluche des mannequins, voire, qui sait, en amant rassasié. La jeune femme qui le guidait n’était certes pas attirante. Froide, trop grande et trop maigre, elle était tellement pincée que Dominic prit bonne note de tout ce qu’elle lui expliquait pour ne pas avoir à la consulter de nouveau. Tant pis ! Les beautés qui s’offriraient à lui, quelques minutes plus tard, compenseraient largement son arrivée un peu ratée. Cette seule pensée provoqua un nouveau frétillement dans son pantalon. Sa guide lui montra la galerie des photographes dans une salle somptueuse, puis lui indiqua le chemin des coulisses. Dominic était dans un état second. Il se voyait déjà attirer chaque mannequin qui paraderait dans un coin, relever les vêtements qu’elle viendrait d’exhiber de façon si professionnelle, puis la pénétrer sauvagement. Il honorerait chacune d’elles si fort et si bien qu’elles en perdraient tout contrôle et hurleraient de plaisir, le suppliant de ne jamais s’arrêter. Il y avait tant de possibilités ! La jeune femme l’informa alors qu’il y aurait douze mannequins, recrutés parmi les meilleures agences du monde, puis le laissa s’installer. Dominic prit tout son temps, sortant ses appareils et accessoires de leur étui en prenant une profonde inspiration entre chaque mouvement, afin de faire diminuer son érection déjà énorme.
Il était prêt. Il se plaça derrière son appareil et tenta de s’imprégner des lieux encore calmes. Les habilleuses apportaient les porte-vêtements recouverts de housses opaques, et les maquilleuses installaient leur fourbi. Le café s’écoulait doucement dans plusieurs cafetières, et un traiteur installait d’énormes paniers de fruits et diverses victuailles sur une grande table. Les dames tant attendues arriveraient sûrement très bientôt.
S’examinant dans la glace, Dominic mit la touche finale à son apparence : il déboutonna un peu sa chemise, sentit discrètement ses aisselles pour s’assurer qu’aucun relent ne viendrait tout gâcher, aspergea son visage de lotion après-rasage et s’assura qu’il avait bien apporté sa boîte de condoms, sait-on jamais… Enfin, il ébouriffa quelques boucles de son épaisse chevelure et s’installa nonchalamment dans un fauteuil, bien calé et en faisant mine de lire un magazine afin d’avoir l’air vaguement ennuyé par l’attente.
Le bruit de nombreux pas se fit bientôt entendre, comme si douze mannequins surgissaient en même temps. Parfait ! Il n’aurait qu’une seule surprise à vivre et pourrait toutes les embrasser d’un seul regard. Il réajusta sa pose en les entendant arriver à l’entrée de la salle, affichant son air le plus séduisant, tout en regardant la porte s’ouvrir sur son destin… une bande de gamins bruyants, le plus âgé ayant à peine neuf ans, effroyablement excités à l’idée de faire leur premier vrai défilé.