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80. Bouddha assis, date inconnue,

pagode Shwesigone, Monywa, Birmanie.

 

 

En résumé, le Bouddha enseigne la manière de réaliser le bonheur véritable et durable, le nirvana :

« Il existe cette dimension où il n’y a ni terre, ni eau, ni feu, ni vent, ni dimension de l’infinitude de l’espace, ni dimension de l’infinitude de la conscience, ni de dimension de la vacuité, ni de dimension de perception ou de non-perception, ni ce monde, ni le prochain, ni le soleil, ni la lune. Et là, dis-je, il n’y a ni venue, ni allée, ni immobilisme, ni disparition ni naissance : sans position, sans fondation, sans support. Ceci, simplement ceci, est la fin de la souffrance. »

[Ud VIII.1]

 

« Je n’ai toujours décrit, hier comme aujourd’hui, que la souffrance et la cessation de la souffrance. »

[SN XXII.86]

 

L’importance attachée par la suite à l’adhésion des prochains convertis de Gautama est présenté par le nombre d’évènements miraculeux qui se sont apparemment produits après son passage. De ceci, l’unique base historique possible est qu’à Uruwela, vivaient trois frères nommés Kasyapa, fidèles du feu et des philosophes ermites, dont la grande réputation d’enseignants avait attiré un nombre considérable d’étudiants. Après que Gautama soit resté quelques temps avec eux, le plus âgés des frères adopta son système, et prit immédiatement une place importante dans le petit groupe de croyants. Ses frères et leurs étudiants suivirent son exemple, la première série de discours prêchée par Gautama à ses nouveaux disciples est préservée dans les Pitakas sous le titre d’Adittapariyaya Sutta (Sermon de l’incendie).

Ce sutra offre un excellent exemple de la méthode si souvent adoptée par Gautama pour créer de nouvelles doctrines en inscrivant un nouveau sens à des cérémonies religieuses de l’époque ou dans les moments de la vie courante. Les nouveaux disciples, qui furent des adorateurs d’Agni, le feu sacré, étaient assis avec Gautama sur le rocher de l’éléphant près de Gaya, surplombant la belle vallée de Rajagriha, lorsqu’un incendie se déclara dans la jungle à l’opposé de la colline. En prenant pour sujet de son texte le feu, le Professeur déclara que tant que les hommes restaient dans l’ignorance, ils étaient consumés par le feu de l’excitation interne produit par des choses externes. Ces choses agissaient sur eux au travers des cinq sens et du cœur (que Gautama considérait comme le sixième organe des sens). L’œil, par exemple, perçoit les objets : de cette perception monte une sensation interne, produisant du plaisir ou de la douleur. Les sensations produites par cette souffrance ou cette joie, nourrissent le feu du désir interne, de la haine, de l’ignorance et les anxiétés de la naissance, du déclin et de la mort. La même chose fut déclarée être le cas avec les sensations produites par chacun des autres sens. Ceux qui suivirent le schéma de Bouddha sur la maîtrise de soi, les quatre étapes du chemin dont la porte est la pureté et le but est l’amour, devinrent des sages. Pour eux, les sensations ne nourrissaient plus le feu interne, puisque le feu du désir, de la haine et de l’ignorance avait cessé de bruler. Ces vrais disciples furent par conséquent libérés de cette soif insatiable qui est la source du mal, et la sagesse qu’ils avaient obtenue les mena à la perfection. Ils étaient délivrés des souffrances qui résulteraient d’une nouvelle naissance. De plus, dans cette naissance actuelle, ils n’auraient plus besoin de guide comme les lois, comme celles des castes, des cérémonies et des sacrifices, puisqu’ils étaient au-dessus de ça.