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90. Bouddha Gautama portant son

bol à aumône, date inconnue, Lhassa,

Tibet, sculpté et peint sur une falaise.

 

 

Alors que le nouveau professeur établissait les fondations de son ordre et expérimentait en premier la dévotion puis les attaques du reste de la population, sa famille à Kapilavastu ne demeurait pas ignorante des changements de sa vie. Suddhodana envoya à son fils un message lui demandant de venir dans sa ville natale pour voir son père une dernière fois avant que celui-ci ne meure. Gautama partit donc pour Kapilavastu et à son arrivée s’arrêta selon son habitude dans un bosquet hors de la ville. Là, son père, ses oncles et de nombreux autres vinrent le voir mais ces derniers ne furent pas ravis de voir un de leurs membres devenu mendiant. Alors qu’il était coutume dans de telles occasions d’offrir aux ascètes leur repas quotidien, ils n’en firent rien. Par conséquent, le jour suivant, Gautama, sorti, accompagné de ses disciples, portant son bol pour mendier son repas. Comme il s’approchait de la porte de la petite ville, il hésita à se rendre directement à la demeure du raja, mais pour finir, il décida de suivre une règle de l’Ordre selon laquelle un mendiant bouddhiste doit mendier régulièrement de maison en maison. La nouvelle selon laquelle son fils parcourait les rues en mendiant, parvint rapidement aux oreilles du raja. Alarmé par de telles nouvelles, il se leva et sortit rapidement à la recherche de Gautama.

Le raja lui dit « Pourquoi, maître, souhaites-tu nous faire honte ? Pourquoi vas-tu mendier de la nourriture ? Penses-tu qu’il est possible de fournir de la nourriture pour tant de mendiants ? »

« Ô, Maharaja, telle est la coutume de notre peuple, répondit-il. »

« Mais nous sommes descendants d’une illustre race de guerriers, et aucun d’entre nous n’a jamais mendié son pain. »

« Toi et ta famille, répondit Gautama, vous pouvez affirmer descendre de rois, ma descendance vient des prophètes anciens et ces derniers, mendiant leur nourriture, ont toujours vécu de l’aumône. Mais, mon père, lorsqu’un homme trouve un trésor caché, il est de son devoir de présenter à son père le plus précieux des bijoux » ; et en conséquence il informa son père du dogme cardinal de sa doctrine, et ses paroles ont été rapportées sous la forme de deux versets dans le Dhammapada :

« Lève-toi ; ne sois pas indolent ! Suis une vie normale et juste ! Celui qui suit la vertu est heureux en ce monde et dans l’autre. Suis une vie normale ! N’en suis pas une qui n’est pas juste ! Celui qui suit la vertu est heureux en ce monde et dans l’autre. »