Pillage
L'Institut archéologique de Cambridge appelle à une « révolution éthique » face au pillage artistique qui prive de nombreux peuples de leur culture. Nous apprenons ainsi, dans un rapport intitulé Le Vol de l'Histoire, que les revenus annuels tirés du trafic des biens culturels sont évalués à vingt milliards de francs, ce qui en fait le plus important après celui de la drogue. « Plus aucune église en France ou en Italie, aucun monument hindou ou bouddhiste n'est à l'abri de pillards qui ont remplacé les traditionnels pics et pelles par les bulldozers, la dynamite et la tronçonneuse. » Un exemple : on recense mille six cents figurines de marbre cycladiques, dont seulement cent cinquante découvertes légalement. La destruction des sites est telle que les spécialistes pensent désormais impossible de développer une connaissance de la préhistoire des Cyclades. Autre exemple : une statue d'Hercule voit une de ses moitiés exposée dans un musée en Turquie, où la statue a été découverte, et l'autre à Boston. Hercule passé à la tronçonneuse, qui dit mieux ? Une tête par-ci, un bras par-là. Un bout de partition de Mozart. Un morceau de bouddha.
25/06/2000