Terreur

Vous vous demandez sans doute ce que des otages français font aux Philippines pendant que la Libye de Kadhafi s'occupe de leur libération. Mystère. Qui paie qui ? Qui ne veut pas payer quoi ? Mystère. Nul doute : les responsables suivent cette misérable affaire heure par heure. Le président de la République, en vacances, téléphone même aux familles pour leur dire de ne pas désespérer. Voilà un geste humain dont le gris Poutine semble incapable. C'est pourtant simple comme un coup de fil. Évidemment, ce serait mieux si la liberté s'ensuivait, mais ne soyons pas trop exigeants avec les rebelles. Tout finira bien par s'arranger.

Ce qui ne semble guère aller mieux, en revanche, après l'Algérie (trois cents assassinats en juillet), c'est le Pays basque espagnol. Là, les voitures ont tendance à sauter en l'air, les cagoules fleurissent, les coups de revolver en pleine tête sont devenus une habitude locale. Dans quel but ? Obscurité. Sous quelle influence ? Obscurité. Heureusement, l'Amérique radieuse tient le bon cap. Laura Bush, sage ménagère mondiale au tailleur tilleul, rassure les parents de toutes les jeunes filles des États-Unis : non, mon mari ne les fera pas venir dans le bureau Ovale pour s'amuser d'elles avec ses cigares. Mon mari est un homme respectable, et la preuve c'est qu'avec lui, au Texas, la peine de mort se porte à merveille. Surenchère dans le sentiment religieux : Clinton se repent pour la centième fois en courbant la tête (il doit y prendre goût). Al Gore adore la Bible, le prochain vice-président sera impeccablement traditionnel. Qui dit mieux dans le meilleur des mondes possibles ?

27/08/2000