Femmes du Nord
Un autre livre qui ferait bien de disparaître nous vient d'un Hongrois cynique : Éloge des femmes mûres, de Stephen Vizinczey40. Voici ce qu'il ose écrire des Canadiennes et des Américaines :
« Savoir qu'il fallait garder ses distances avec des femmes qui adoraient le camarade Staline ou la musique tzigane ne suffisait pas à vous défendre contre des personnes tout aussi retorses en Amérique du Nord. Je mis du temps à comprendre que je ne devais pas approcher des femmes qui baissent les yeux et rougissent respectueusement dès qu'on mentionne la Compagnie de téléphone Bell, qui regardent la télévision tous les jours pendant des heures, fredonnent des airs sur des marques de détergents, qui embrassent les yeux ouverts et se vantent d'avoir l'esprit pratique… »
« Une bibliothécaire de trente-deux ans m'offrit son corps moins d'une demi-heure après que nous eûmes fait connaissance dans une soirée, et dans l'heure qui suivit elle me demanda en mariage. Après quoi, elle me fit une leçon sur mes responsabilités nouvelles en qualité de futur époux. Il serait de mon devoir de lui assurer une certaine aisance tant que je vivrais et après ma mort, c'est-à-dire qu'il me fallait souscrire une assurance-vie. En l'espace de moins de deux heures, cette étrange créature était prête à m'épouser et à m'enterrer. Elle ne se décida à partir que lorsque je lui expliquai que j'étais d'une tribu qui enterrait la veuve vivante aux côtés de son mari mort. »
Encore un irresponsable qui se moque des désirs féminins les plus naturels. Réfractaire au communisme, le serait-il aussi au libéralisme ? Un pas de plus, et il sera dans l'axe du Mal.
24/02/2002