Gide
Sylviane Agacinski m'envoie cette phrase de la jeunesse de Gide : « Je me souhaitais mélancolique ; je n'avais pas encore compris la supérieure beauté du bonheur. » Eh bien, le bonheur, pour Gide, on le lit dans ce petit texte de 1907 conservé dans ses papiers et intitulé Le Ramier53.
On est dans le Sud-Ouest, après une élection républicaine. On dispose, quand on est notable, des fils de fermiers de la région. On en fait roucouler un sous la lune. On le prête ensuite au sénateur de la Haute-Garonne, Eugène Rouart. Ces messieurs ne s'embêtent pas. Le brave garçon meurt d'ailleurs trois ans après de la tuberculose. C'était donc un pigeon, voilà tout. Un pigeon de quinze ans, croit Gide, alors qu'il en avait dix-sept. Tout cela devait paraître scandaleux à l'époque, et nous semble aujourd'hui presque un comble de niaiserie. Comme quoi beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
À moins qu'il faille poursuivre Gide, rétroactivement, pour ses tendances pédophiles avérées. Catherine Gide nous assure (et elle a raison), qu'il n'y a dans tout cela aucune perversité. Gide, on le sait, se voulait « éducatif ». Aux innocents les mains pleines.
29/09/2002