VUP
Au moment où la littérature est le plus en danger par illettrisme, analphabétisme, ignorance historique, simplification publicitaire, jamais on n'aura autant parlé de l'édition en péril. Le monstre Hachette rachète Vivendi, le diable Lagardère frappe, la pieuvre verte dévore tout, les éditeurs indépendants sont inquiets, les libraires affolés, la distribution déstabilisée, le paysage flambe. Tout cela est-il vraiment apocalyptique ? La catastrophe est-elle là ? J'en doute. Je note que les auteurs, dans tout ce bruit, ont été remarquablement silencieux. Or, jusqu'à plus ample information, ce sont eux qui sont déterminants dans cette région. Un auteur cherche un éditeur sans préjugés et qui sache lire. C'est tout.
Je propose un concours : les éditeurs enfermés et prouvant par eux-mêmes qu'ils ont vraiment lu les dix premières pages d'À la recherche du temps perdu. Vos impressions. Votre propre expérience du sommeil. Que veut dire exactement Proust, et pourquoi cette phrase ? Un éditeur indépendant, plus talentueux que les autres, a comparé l'offensive Hachette à des nénuphars envahissant une piscine. Après tout, on peut se passer de piscine et aller se baigner dans l'océan. Ou être comme moi, le plus souvent, un nénuphar heureux.
27/10/2002