Chine

Vous êtes Chine ou Japon ? Acrobate ou sumo ? Sarkozy ou Chirac ? Ou les deux ? Un qui serait surpris, aujourd'hui, ce serait Céline qui voyait les Chinois déferler sur Cognac mais s'évanouir, avant d'arriver jusque-là, dans les bulles du champagne en Champagne. Eh non, les Chinois sont bien là, sur les Champs-Élysées, la tour Eiffel est illuminée en rouge, le président de cet énorme pays dont la croissance économique frôle les 10 %, parle à l'Assemblée nationale. Beaucoup rient jaune, très jaune, mais ne plaisantons pas, restons stricts, et avec raison, sur le Tibet, les droits de l'homme et la liberté d'expression. Ça va un peu mieux de ce côté, mais ce n'est pas assez. J'ai toujours été frappé par l'extraordinaire ignorance, teintée de racisme, de la plupart des gens à l'égard de la Chine (ignorance, aussi, des intellectuels, même quand certains se disaient « maoïstes »). Au fond, les Chinois auraient dû rester une colonie russe et ne pas se libérer de l'emprise occidentale via la Russie.

Des nouvelles de Russie ? En voici, données par Le Monde : « Désertions, violences, brimades, bizutage, absence de soins médicaux sont le lot quotidien des jeunes appelés russes. Le parquet militaire de la région de la Volga et de l'Oural vient d'admettre que cent trois recrues étaient hospitalisées à Chadrinsk, dans l'Oural, pour pneumonie ou déficience de poids. Selon un hebdomadaire, depuis mars 2001, cent vingt mille soldats ont déserté et neuf mille recrues sont mortes des suites du bizutage. » Neuf mille morts pour cause de bizutage, c'est quand même beaucoup. Russes, donc, pas Tchétchènes, lesquels connaissent, eux, un bizutage encore plus sérieux.

Oui, toujours le vieux fantasme abject du « péril jaune ». Je me réjouis, moi, de l'année nouvelle, celle du singe. Elle fait suite à l'année de la chèvre, qui n'était pas aussi porteuse de gaieté et de prospérité. La dernière année du singe, figurez-vous, a été 1968. Coïncidence sans signification, sans doute.

01/02/2004