Affaires
Houellebecq, l'écrivain français le plus cher : un ou deux millions d'euros ? Lagardère l'exhibe à ses troupes, son prochain roman est déjà un grand succès, il va en tirer lui-même un film qui est déjà un grand succès, et comme dirait Andy Warhol, à quoi bon lire un livre qu'on a déjà lu et voir un film qu'on a déjà vu ? C'était très bien, c'est très bien, ce sera très bien, seule la jalousie pourra dire le contraire. Quant au rachat d'Éditis par Seillière, il est tellement dans l'ordre des marchés financiers qu'on ne voit pas en quoi il peut surprendre. Il est vrai que le coup d'éclat, la noblesse, l'élégance auraient été, de la part d'Arnaud Lagardère, de privilégier Gallimard et d'en faire ainsi son concurrent direct. Jean-Luc Lagardère l'aurait décidé, je pense. L'édition est d'abord une question d'argent, dites-vous ? Ce n'est pas ce que pensaient les sourcilleux aventuriers de la NRF. D'où ce qu'on appelle un fonds. Le futur est toujours un fonds.
30/05/2004