Tortures

Après les Américains, les Britanniques. Et toujours les mêmes clichés écœurants de prisonniers irakiens ligotés et foulés aux pieds, ou bien forcés de simuler des rapports sexuels, ce qui en dit long sur la nature des armées. On s'indigne très fort, mais à peine. J'apprends même que la « torture encadrée » américaine reste un horizon possible (des aiguilles enfoncées sous les ongles, par exemple).

De l'autre côté, si l'on peut dire, les attentats et les enlèvements en Irak redoublent de sauvagerie et d'opacité. Que vivent exactement, en ce moment, la charmante Florence Aubenas, journaliste à Libération, et son guide, Hussein Hanoun ? On a reproché à Bernard-Henri Lévy d'avoir imaginé les sensations de Daniel Pearl avant sa décapitation. Mais il a eu raison, c'est ce qu'il fallait faire. Nous manquons d'imagination.

À propos, ce livre contre BHL, vous l'avez lu ? Feuilleté, seulement, tant il est ennuyeux. J'ai quand même vérifié ce qui me concerne : erreurs sur erreurs. Aucune importance. L'existence de BHL en torture psychiquement certains, mais bon, encore quelques livres sur lui et tout sera à refaire. Je pense quand même que Lévy se trompe, dans son hommage funèbre à Françoise Verny, prononcé dans l'église Saint-Augustin à Paris, en la comparant à Jacques Rivière ou à Jean Paulhan. C'est très exagéré. On ne voit pas cette brave femme éthylique, devenue dévote, fonder la NRF, recevoir des lettres d'Antonin Artaud, préfacer Histoire d'O, être l'amie de Claudel, de Proust, d'Henri Michaux, de Céline. Je l'ai connue : elle ne lisait rien.

30/01/2005