Robbe-Grillet
Robbe-Grillet, de l'Académie française, parle de son dernier film dans Les Inrockuptibles. Ses propos sont pieusement recueillis et tournent autour de ses fantasmes habituels, petites filles enchaînées, femme absente, kitsch maniéré. Mais pourquoi éprouve-t-il soudain le besoin d'attaquer Hitchcock ? « Ce n'est pas un grand auteur, dit-il, il veut toujours s'expliquer. » Entre Robbe-Grillet et Hitchcock, il y a, hélas, un abîme, celui qui sépare l'artisan besogneux de l'artiste de génie. On n'imagine pas le pauvre Robbe-Grillet sachant diriger et aimer Ingrid Bergman, Kim Novak, Grace Kelly, Eva Marie Saint, ou encore l'extraordinaire Tippi Hedren (pas plus, d'ailleurs, que Cary Grant). Voilà toute la différence entre un brave ingénieur agronome légèrement pervers et le grand vice enveloppant d'un jésuite anglais. On peut revoir cent fois les films de Hitchcock, et, chez lui, les femmes sont en effet très présentes. Elles sont toutes des « abrégés de la souveraine volupté ».
25/12/2005