Voltaire

On monte en province le Mahomet de Voltaire, mais cela déclenche aussitôt les foudres de plusieurs associations musulmanes locales et de représentants de la mosquée de Genève. Là-dessus, un sous-préfet français croit bon d'expliquer que la pièce est surtout dirigée contre le fanatisme catholique, ignorant sans doute que Voltaire a dédié sa pièce au pape Benoît XIV qui, en retour, lui a envoyé sa bénédiction. Voilà notre époque.

Vous en profiterez donc, puisqu'il vient de paraître enfin en livre de poche, pour lire, de Voltaire, Le Siècle de Louis XIV162. Voici un passage, presque au hasard. Mme de Montespan tombe en disgrâce, Mme de Maintenon commence son règne obscur : « On conservait à la marquise de Montespan tout l'extérieur de la considération et de l'amitié, qui ne la consolait pas ; et le roi, affligé de lui causer des chagrins violents, et entraîné par d'autres goûts, trouvait déjà dans la conversation de Mme de Maintenon une douceur qu'il ne goûtait plus auprès de son ancienne maîtresse. Il se sentait à la fois partagé entre Mme de Montespan, qu'il ne pouvait quitter, Mlle de Fontanges, qu'il aimait, et Mme de Maintenon, de qui l'entretien devenait nécessaire à son âme tourmentée. Ces trois rivales de faveur tenaient toute la Cour en suspens. Il paraît assez honorable pour Louis XIV qu'aucune de ces intrigues n'influât sur les affaires générales, et que l'amour qui troublait la Cour n'ait jamais mis le moindre trouble dans le gouvernement. Rien ne prouve mieux, ce me semble, que Louis XIV avait une âme aussi grande que sensible. »

25/12/2005