Voltaire
Et voici enfin de l'esprit pour un monde sans esprit : Les Écrits autobiographiques de Voltaire170. Début des Mémoires : « J'étais las de la vie oisive et turbulente de Paris, de la foule des petits maîtres ; des mauvais livres imprimés avec approbation et privilège du roi ; des cabales des gens de lettres, des bassesses et du brigandage des misérables qui déshonoraient la littérature. Je trouvais en 1733 une jeune dame qui pensait à peu près comme moi, et qui prit la résolution d'aller passer plusieurs années à la campagne pour y cultiver son esprit loin du tumulte du monde. C'était Mme la marquise du Châtelet, la femme de France qui avait des dispositions pour toutes les sciences. »
Heureux Voltaire, qui a pu, plus tard, se reposer sur sa nièce et maîtresse, lui écrivant ainsi de Berlin, le 26 décembre 1750 : « Je vous écris à côté d'un poêle, la tête pesante et le cœur triste, en jetant les yeux sur la rivière de la Sprée parce que la Sprée tombe dans l'Elbe, l'Elbe dans la mer, et que la mer reçoit la Seine, et que notre maison de Paris est assez près de la Seine… » Et plus loin : « Variété, c'est ma devise. J'ai besoin de plus d'une consolation. Ce ne sont point les rois, ce sont les belles-lettres qui la donnent. »
26/03/2006