Coulisses

Andrew Nurnberg est l'agent britannique comblé du phénomène Jonathan Littell, dont le gros best-seller Les Bienveillantes a été le tsunami de la rentrée littéraire. C'est un homme avisé, numérique, multipolaire, qui ne s'intéresse pas qu'à la littérature. Dans son bureau de Londres, raconte Le Monde, figure, en face de lui, une dédicace en russe signée Boris Eltsine, puisque Nurnberg a géré trois de ses livres, dont son autobiographie. « Il était Président, dit Andrew, mais d'abord un client et un ami. Dans sa datcha, on parlait de tout et de n'importe quoi. Dans son sauna, on mangeait ou on buvait. » Eltsine a présenté Andrew à Poutine, lequel lui a promis de lui confier ses Mémoires. Là, ce sera le scoop. Il paraît que Poutine a beaucoup aimé le livre de Littell et qu'il s'est fait traduire exprès les passages les plus crus de la bataille de Stalingrad, sans parler de la prise hallucinante de Berlin. Pour les Mémoires de Poutine, je propose un titre choc par antithèse : Le Labo du diable. On découvrira avec surprise dans ce best-seller mondial automatique que le président russe est, en réalité, un humaniste de haut vol. Le poutinium ? Faribole, pure propagande dirigée contre la Russie éternelle. Une préface de Littell ? Pourquoi pas ?

31/12/2006