Société générale
La Société est générale, le Spectacle aussi. Le « trader » est un souverain dans son genre. Il pianote, il spécule, il vend, il revend, la banque vacille, elle se reprendra, de même que le Président comblera, à la force du poignet, son trou dans les sondages. Regardez une salle d'ordinateurs : mille romans se font et se défont là, à toute allure, mélangeant les espaces, les temps. La planète virtuelle tourne, et avouez que ces milliards d'euros partis en fumée vous laissent stupéfaits, ahuris, incrédules. Il faudrait un miracle pour qu'il en aille autrement. Qui sait ? Peut-être cet été, à Lourdes, où le Président, on l'espère, accompagnera le pape au lieu des apparitions. Inutile de dire que j'attends cette photo dans Match avec impatience, de même que les images de Carla avec la reine, à Londres, et celles du voyage triomphal du couple présidentiel en Israël. Sarko pense beaucoup à la Shoah avec une effervescence enfantine, et il a raison, on n'en fera jamais assez sur ce sujet capital. Il aurait quand même pu demander la permission à Simone Veil, dont le sang, dit-elle, s'est « glacé » lors de son annonce au Crif. Un confesseur jésuite aurait peut-être conseillé au Président d'être plus prudent, mais il a ses bonnes intentions fiévreuses, et c'est très louable. Je vais d'ailleurs proposer mon programme éducatif pour les enfants de huit ou neuf ans : Shoah, naturellement, mais aussi un quart d'heure obligatoire de Mozart tous les jours. La Flûte enchantée chaque matin, où serait le mal ?
24/02/2008