« Papounet »

Et voilà Berlusconi, réélu trois fois (comme le souligne Sarkozy avec admiration), empêtré dans une histoire bizarre avec une jeune fille blonde, une mineure, ce qui provoque la demande de divorce de sa femme, et une campagne de presse dévote, toutes tendances confondues. La mineure en question a l'air plutôt débile, mais chacun ses goûts. En tout cas, elle n'appelle pas son beau président « Chouchou » mais, paraît-il, « Papounet ».

Les Italiens vont-ils s'énerver et trouver qu'il s'agit là d'un événement politique ? C'est peu probable, et ce complot moral contre le pauvre Papounet le rendrait plutôt sympathique malgré sa vulgarité ébouriffante, parfaitement synchrone de la basse époque qu'on nous oblige à respirer. Sarkozy a encore un peu de temps avant de passer de « Chouchou » à « Papounet », mais sait-on jamais.

En tout cas ces sobriquets sont préférables à « petit père des peuples » dont on a abusé du temps des sanglants abus de pouvoir. Il y a eu « Tonton », remarquez, et il avait ses frasques. « Chouchou », « Papounet », « Tonton », c'est familial, condescendant, rassurant, vaguement gâteux, beaucoup mieux que « Sa Sainteté », par exemple.

À propos du pape (que je trouve intellectuellement très supérieur à Berlusconi), mes conseils pour la visite en Israël n'ont pas été écoutés. J'avais préconisé de l'émotion, encore de l'émotion, toujours plus d'émotion, et même, pourquoi pas, une crise de larmes. Rien à faire, Benoît XVI ne sait pas surjouer.

31/05/2009