« Darkstream »

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cette affaire Clearstream me paraît de plus en plus obscure. Ce n'est plus Clearstream mais « Darkstream », autrement dit un combat confus d'éléphants dans un long tunnel ténébreux sous la Manche. On sent que tout le monde finit par être gêné d'avoir monté en épingle judiciaire une bagatelle pareille. Des faux listings ? Et alors ? Pendre un responsable à un croc de boucher pour si peu, alors qu'une corruption énorme arrose la planète ? Autant s'alarmer des élections truquées un peu partout, du bourrage des urnes et des crânes, que l'on soit socialiste, afghan ou gabonais. L'obstination de Sarkozy dans cette voie sans issue est aussi pénible que la grandiloquence de Villepin.

Une seule façon d'y voir clair : un bon vieux duel à l'ancienne, à l'arme blanche, dans le parc de Versailles, par exemple, séquence étourdissante relayée, à une heure de grande écoute, par TF1 et les télévisions mondiales. Dieu se prononcera, c'est lui qui rendra la justice. Nos deux héros se surpasseront, l'un pensant à Napoléon, l'autre à Bonaparte. Avant ce grand show (tellement mieux qu'un misérable procès), je me permets de donner un conseil au président de la République française : qu'il cesse de lire, comme je viens de l'apprendre, À la recherche du temps perdu, de Proust. Les conseils de Carla, là, sont pernicieux. Ce livre est profondément délétère, malsain, peu viril. Pour se battre à mort, il faut autre chose.

Pendant qu'on y est, pourquoi pas un match de catch, dans la boue, entre Martine Aubry et Ségolène Royal ? Je sais qu'on va trouver cette proposition dégoûtante et primaire, mais enfin, il faut ce qu'il faut, et l'idéal socialiste le veut. Le spectacle a de temps en temps besoin de ces coups de fouet, sinon il stagne.

27/09/2009