Cognac
Comme on pouvait s'y attendre, les surprises viennent de plus en plus de Chine. Ce continent en pleine ébullition est, certes, peu regardant sur les droits de l'homme, mais la crise du Tibet semble loin, les contrats sont les contrats, au diable les écharpes blanches du dalaï-lama. Mieux : les milliardaires chinois, désormais, pullulent, il y en a autant qu'aux États-Unis, cent vingt-cinq millions de consommateurs devraient être assez riches pour s'offrir des produits de luxe en 2010. Et voici la grande vedette inattendue : le cognac français le plus raffiné, le plus cher, le plus historique : le Louis XIII ! Oui, vous avez bien lu : le Louis XIII, et vive, donc, Alexandre Dumas. La carafe Baccarat de cognac Louis XIII se vend, dans les restaurants de luxe, en Chine, entre mille cinq cents et deux mille euros. Vous imaginez ici une scène rétrospective : Mao, en train de lever son verre de Louis XIII à la santé du peuple français et l'un de ses rois les plus populaires ! Le père de Louis XIV ! Les mousquetaires ! Le Louvre ! Versailles ! Le Sud-Ouest ! Soyons réalistes : sur cent vingt-cinq millions de Chinois élevés au Cognac, il y en aura bien un million pour s'intéresser à la littérature française. Céline imaginait les Chinois à Cognac : c'est fait, mais en sens inverse. Le Louis XIII envahit les palais chinois. Je préfère le vin de Bordeaux au cognac, mais j'ai confiance, mes lecteurs et mes lectrices futurs sont déjà là, impatients de me découvrir.
27/12/2009