Chine
Si vous ne devez voir qu'une exposition, ne ratez pas celle consacrée au taoïsme, au Grand Palais. C'est un événement dévoilant la Chine la plus profonde, une démonstration de liberté radicale. Rien à voir avec une religion, et surtout pas avec le bouddhisme. Le catalogue est somptueux, et vous pourrez rêver longtemps sur ces images. Une formule ramassée de cette pensée en acte ? Celle-ci : « L'infini harmonique. » Et puis : « Avoir des os immortels, monter au ciel en plein jour. » Comme ça. Si vous voulez pousser plus loin votre connaissance de la pensée chinoise, prenez la traduction des Maîtres mots de Yang Xiong, qui vient de paraître215. Ce portrait d'un certain Dongfang Shuo m'enchante :
« Pourquoi le renom de Dongfang Shuo dépasse-t-il ainsi la réalité ?
— Son art de la repartie, sa ressource, son franc-parler, sa vertu contournée. Sa repartie ressemble à de l'excellence, ses ressources jamais à court ressemblent à de la sagesse, son franc-parler ressemble à de la droiture, sa vertu contournée ressemble à du retrait.
— À quoi tient son renom ?
— À une parfaite maîtrise de la plaisanterie. »
Ou encore : « Le renom suprême est le renom auquel on n'a pas travaillé. Le renom auquel on a travaillé vient après. »
28/03/2010