Euro
Vous êtes inquiets, et je vous comprends. Où va l'euro, qui contrôle l'euro, comment allez-vous rembourser sept cent cinquante milliards de dettes ? Vous voyez arriver partout des plans de rigueur, en Grèce, au Portugal, en Allemagne, en Italie, en Espagne. Vous attendez un miracle, un homme providentiel, un sauveur, un messie de gauche, bien sûr. Eh bien le voici : DSK lui-même, qui devrait bientôt être nommé gouverneur des finances mondiales. Assez de tergiversations, de conflits personnels, de plans sur la comète : le Gouverneur vous parle depuis Washington. Il est lumineux, prolixe, intarissable, il parle d'argent comme personne, on voit défiler sous ses yeux des millions de milliards virtuels qui s'évanouissent (mais pour votre bien) dans la nuit. Être un jour président de la République est une ambition bien trop locale et modeste pour un gouverneur-né. Une fois élu, le sauveur pourra regarder en face la Chine accélérée, le Brésil ascendant, l'Inde en hausse constante. DSK, c'est Obama sans les inconvénients de la marée noire en Louisiane, et Sarkozy sans les embarras des sondages. C'est un destin séducteur en marche, et les populations n'ont qu'à suivre comme elles peuvent en s'occupant de leurs retraites. La Bourse a voté.
30/05/2010