CHAPITRE 25

« Le mal sort parfois vainqueur. Mais pas cette fois. Pas aujourd’hui. »

 

Extrait des notes privées du détective Max Shannon  : État de New York contre Bonner.

 

Nikita n’apprécia pas qu’ils interrompent son enquête, mais elle n’essaya pas de leur mettre de bâtons dans les roues lorsque Max lui eut fait comprendre qu’ils continueraient à travailler sur son affaire depuis le Wyoming, et aussi que sa loyauté allait d’abord aux victimes de Bonner.

— Combien de temps durera ce voyage  ? demanda-t-elle.

— Si Bonner révèle l’emplacement des corps (c’était un mince espoir), je devrai en informer les parents.

Ils le connaissaient et se fiaient à lui… ils sauraient pourquoi il venait après tout ce temps.

— Ensuite, les experts médico-légaux prendront le relais, continua-t-il. Puisque Bonner reste de toute façon en prison à perpétuité, il n’est pas indispensable que je sois là-bas tout le temps.

Même si avant, il aurait voulu assister à l’issue fatale.

Il avait d’autres priorités désormais.

— Je peux déléguer la supervision à l’un des autres détectives (de bons flics, qui avaient sacrifié des week-ends et des vacances pour aider Max à traquer le Boucher de Park Avenue) et garder un œil sur la situation à distance.

Bien sûr, il ne serait jamais libéré de l’affaire Bonner, pas vraiment. Et peut-être n’en avait-il pas envie. Un homme portait des cicatrices sur son cœur. Elles faisaient de lui celui qu’il était.

Sophie allait laisser la plus grande cicatrice de toutes.

Non. Il refusait de la perdre, cette talentueuse J avide de contact.

— Très bien, détective. (Répondant à son téléphone, Nikita se tourna vers la fenêtre.) Je compte sur vous pour me tenir informée.

Max fut momentanément happé par l’image de la silhouette de Nikita qui se découpait sur la vitre, de son regard perdu dans le lointain. Puissante. Dangereuse. Seule.

 

Sascha étira les jambes sur l’ottomane dans le salon de Tamsyn et se renversa dans le canapé moelleux. Comme tout le monde à DarkRiver, elle s’était rendue auprès de leur guérisseuse dès qu’elle avait eu besoin d’un réconfort féminin. Lucas l’avait déposée chez elle avec un baiser après le déjeuner, même si Sascha savait que s’il y avait consenti, c’était uniquement parce qu’il y avait Nathan, le compagnon de Tamsyn. Une autre sentinelle veillait sans doute aussi à l’extérieur ; DarkRiver prenait la protection de sa guérisseuse très au sérieux.

Elle entendit des grattements suspects monter derrière elle. Esquissant un sourire, elle resta immobile, les yeux fermés. Il y eut d’abord de petits cliquetis sur le plancher qui furent ensuite étouffés par les tapis, puis quelques légers crissements avant qu’elle sente une présence chaude et espiègle marcher sur le dossier du canapé pour venir s’allonger à quelques centimètres de son oreille. Une autre présence, à peine plus malicieuse, s’installa à côté de sa cuisse.

Elle s’attendait presque à ce qu’un rugissement de bébé la fasse sursauter, mais lorsqu’elle ouvrit les yeux, Julian et Roman, les jumeaux de Tamsyn – tous deux sous leur forme de léopard – la regardaient d’un air si innocent qu’elle sentit son cœur fondre.

— Comment résister  ? murmura-t-elle en caressant Jules tandis qu’elle levait la tête vers Rome.

Il se leva et s’avança à pas feutrés pour se blottir contre son oreille. Elle essaya de l’attraper d’un bras pour le faire descendre, mais il sauta sur le canapé contre elle afin qu’elle le câline lui aussi.

— Mes petits démons t’embêtent  ? demanda Tammy en entrant dans le salon avec une plaque de cuisson qui débordait de cookies au chocolat tout chauds, les préférés de Sascha.

— Ils sont adorables, dit Sascha. (Rome posa les pattes sur sa cuisse et ferma les yeux de plaisir lorsqu’elle se mit à caresser d’une main ferme sa belle petite tête.) Ils ne sont plus aussi chahuteurs avec moi qu’avant.

— Qu’est-ce que tu crois  ? (Tammy roula des yeux.) Ils grandissent entourés de Nate et des autres. Ils ont compris qu’il fallait « veiller sur toi ».

Sascha éclata de rire tandis que Tammy s’asseyait dans un fauteuil en face d’elle. Féroce, le chat des jumeaux, se mit aussitôt à son aise sur les genoux de la guérisseuse.

— Ils ne devraient pas être à la maternelle, tous les deux  ?

— Ils font des demi-journées en ce moment… ils viennent de rentrer il y a quelques minutes, dit Tamsyn avec un sourire attendri. La maîtresse a signalé qu’ils se comportaient bien tous les deux.

Sascha déposa un baiser au bout de son index et le posa sur le museau de Julian. Par jeu, il leva une patte et chercha à lui mordiller le doigt.

— Pourquoi ça a l’air de te surprendre  ?

— Ne me dis pas que ça ne te surprend pas  !

Sascha ne put s’empêcher de partir d’un nouveau rire, ponctué par les grondements de protestation de Jules et de Rome.

— Ils vont devenir des jeunes hommes merveilleux, tu sais.

Le regard de Tamsyn s’adoucit.

— Je sais. (Tout en caressant Féroce qui ronronnait, elle se cala dans son fauteuil.) Alors, tu as vu ta mère aujourd’hui  ?

— Oui.

Roman se frotta contre la main de Sascha lorsqu’elle cessa de le caresser. Elle se reprit aussitôt, le gratouillant comme il aimait derrière les oreilles avant de glisser les doigts dans la belle fourrure dorée et noire de son dos.

— Je ne sais pas si c’est moi qui me monte la tête… mais je lui trouve quelque chose de changé.

Tamsyn ne répondit rien et se contenta de laisser Sascha parler. Ce qu’elle fit. Elle lui confia ses espoirs, ses inquiétudes, ses peurs.

— Tu crois que ce ne sont que les émotions de la grossesse  ? dit-elle enfin. Tu comprends, j’aime tellement notre bébé. Je ne conçois pas qu’une mère puisse ne pas ressentir la même chose.

Jules et Roman dormaient roulés en boule sous ses mains immobiles, deux vies merveilleusement précieuses.

— Les Psis sont différents, finit par répondre Tammy, tu le sais bien mieux que moi. Mais tu es aussi une empathe, et si ton cœur te dit qu’une relation saine avec Nikita n’est pas sans espoir…

— Je ne sais pas, dit Sascha. Je sais juste que je ne suis pas encore prête à renoncer à elle.

Tammy esquissa un lent sourire qui révéla toute la force de son cœur de guérisseuse.

— En ce cas, j’imagine que la Conseillère Nikita Duncan n’a qu’à bien se tenir.

 

Ayant déposé un Morpheus méfiant au siège de DarkRiver afin que Clay le récupère, Max et Sophia atterrirent à l’aéroport le plus proche du pénitentiaire D2 moins de trois heures après l’entretien de Max avec Nikita. Vingt minutes de route plus tard, ils arrivaient au centre de détention.

— Bonner refuse toujours de parler  ? demanda Max à Bart lorsque Sophia revint dans la pièce après avoir laissé les M-Psis procéder à un bilan de santé préliminaire.

Max croisa son regard et la vit secouer très légèrement la tête. Le soulagement lui étreignit le cœur ; elle tenait bon, refusait de s’abandonner à la mort qui l’avait poursuivie toute sa vie.

— Ce fumier n’a pas dit un mot depuis qu’il a réclamé mademoiselle Russo, dit Bart en jetant un coup d’œil à Sophia. Soyez prudente, mademoiselle Russo. J’ai l’impression que ça l’a rendu furieux qu’on lui ait envoyé un J-Psi homme après la conférence qu’il a eue avec vous.

L’expression de Sophia ne changea pas.

— Je m’y attendais, monsieur Reuben. Bonner n’a pas l’habitude qu’on le contrarie.

Max croisa les bras.

— C’est le moins que l’on puisse dire.

Bonner était né avec une cuillère en or dans la bouche. Il avait fait ses études dans les écoles privées les plus prestigieuses, passé ses étés dans un vignoble en Champagne et ses hivers dans une station de ski en Suisse. Ce fils unique n’avait eu qu’à demander pour que ses parents accèdent à ses désirs  : une voiture à cent mille dollars à seize ans, un voyage autour du monde à dix-sept, une résidence privée dans leur immense propriété à dix-huit.

— Il va essayer de jouer avec vous, dit Bart en tapotant un stylo sur le bloc-notes désuet qu’il s’obstinait à utiliser. Il a eu quelques jours pour faire des recherches en souterrain et a pu découvrir des choses à votre sujet…

Sophia secoua la tête.

— J’ai survécu à des monstres pires que lui. (Elle soutint le regard de Max.) Il est temps que j’y aille.

Tous les muscles de son corps se raidirent à cette idée, mais il acquiesça.

— Je reste ici… au moindre signal, je viens vous chercher.

 

Sophia entra dans la pièce où elle s’était déjà rendue à peine quelques jours plus tôt, mais elle avait cette fois une conscience aiguë du regard de Max braqué sur elle, même s’il était caché par la cloison qui la séparait de la salle d’observation. Bien qu’il y eût un gardien adossé au mur derrière Bonner, c’était le fait de savoir que Max veillait sur elle qui lui permettait de rester calme et concentrée.

Son flic ne laisserait jamais ce monstre la toucher.

Se raccrochant à cette certitude, elle rejoignit la table.

— Monsieur Bonner.

Le sourire que lui décocha Gerard Bonner sous-entendait une intimité qui lui donna des frissons de dégoût.

— Sophia. Je me serais levé pour vous accueillir, mais hélas…

Il lui indiqua les attaches qui l’immobilisaient et l’empêchèrent de lever les mains plus haut.

— C’est pour ma sécurité que vous ne pouvez pas bouger, dit-elle en s’asseyant en face de lui. Vous avez des mains très puissantes.

Après avoir infligé à Carissa White une multitude de tortures horrifiantes, il l’avait achevée à mains nues.

— Chercheriez-vous à me choquer  ? (L’homme à l’apparence trompeuse en face d’elle laissa échapper un petit rire chaleureux.) J’y ai pris du plaisir, vous savez. Pauvre Carissa. Elle a fini par me supplier de le faire.

Elle songea qu’il se débrouillait toujours pour tourner ses phrases de façon qu’il ne s’agisse jamais vraiment d’une confession. Même si pour Carissa White, c’était superflu.

— On m’a dit que vous étiez disposé à coopérer.

— Ma requête vous a-t-elle causé beaucoup de désagréments  ? demanda-t-il, arborant un air que bien des gens auraient pris pour la plus sincère des excuses. Je me suis rendu compte que c’est vous que je préfère. Vous êtes tellement plus… douce que les autres J-Psis.

— Saviez-vous, monsieur Bonner, qu’au début du siècle on enfermait encore des hommes ensemble dans la même cellule  ? dit-elle sur un ton léger.

Soutenant son regard, elle lui montra qu’elle avait affronté l’abîme et que rien de ce qu’il pourrait dire ne l’atteindrait.

— Dites-moi, pensez-vous que vous auriez… pris du plaisir, poursuivit-elle, calquant sciemment ses paroles et son ton, à partager une cellule avec un détenu qui n’aurait peut-être pas eu des goûts aussi sophistiqués que les vôtres  ?

Bonner n’apprécia pas, et un éclair de fureur sadique brilla dans ses yeux avant qu’il se ressaisisse.

— Je suis sûr que j’aurais survécu, Sophia. Mmm, est-ce que quelqu’un vous appelle Sophie  ?

Elle fut écœurée qu’il ait employé le petit nom que Max lui donnait, à tel point qu’elle se demanda l’espace d’un instant si elle ne s’était pas trahie, car les yeux bleus de Bonner se mirent à pétiller.

— Appelez-moi comme vous le voulez, dit-elle avec un calme feint, assez convaincant pour tromper les médecins depuis des années. Seuls m’importent vos souvenirs.

La façade de Bonner se fissura de nouveau et sa laideur remonta une seconde à la surface.

— Prenez-les donc, Sophie, dit-il sur un ton à la fois charmeur et brutal. Prenez ce que vous êtes venue chercher… peut-être qu’ensuite vous me direz ce qui est arrivé à votre si joli minois.

Elle ne répondit pas, ne ressentait rien. Elle se moquait des paroles de Bonner… car Max la voyait telle qu’elle était, la connaissait, l’acceptait.

— Je n’ai pas l’intention de partir à la chasse au trésor dans votre cerveau, monsieur Bonner. Si vous voulez coopérer, faites-le. Dans le cas contraire, je ferai savoir que vos offres de nous communiquer des informations n’ont été qu’une perte de temps, et que toutes vos approches futures seront à ignorer.

— Garce, dit-il de sa voix toujours enjôleuse, sans se départir de son sourire. Avez-vous des marques sur toute la peau  ? Ou bien êtes-vous une toile vierge qui n’attend que le bon artiste  ?

— Pour la dernière fois, monsieur Bonner… êtes-vous disposé à coopérer  ?

— Bien sûr.

Elle soutint son regard et déploya son don télépathique unique en son genre. Certains J-Psis devaient entrer en contact physique avec ceux qu’ils scannaient, mais ça n’avait jamais été son cas. Et avec sa Sensitivité, le toucher l’entraînerait trop loin et l’enfermerait dans l’esprit de l’autre personne. Et s’il y avait bien une conscience dans laquelle elle ne voulait pas se retrouver piégée, c’était celle du sociopathe de l’autre côté de la table.

Dépassant sans effort la barrière perméable qui faisait la faiblesse des boucliers humains, elle pénétra son esprit. Il était toujours aussi calme et ordonné… mais les éléments avaient changé de place. Bonner réarrangeait ses souvenirs du passé, peut-être afin qu’ils correspondent mieux à sa vision personnelle du monde.

Le visage d’une femme qui criait, le dos vrillé de douleur, des larmes de sang au coin des yeux. Sophia se replia en elle-même, mais ses années d’entraînement l’empêchèrent de trahir son horreur.

— Nous savons déjà ce que vous avez fait à Carissa White, dit-elle. Si c’est tout ce que vous avez…

Une petite clairière dans les bois, presque paisible.

Elle sentit vibrer sous ses mains le manche d’une pelle qu’il/eux plantaient dans la terre, entendit le silence inquiétant et le plastique qui crissait tandis qu’il/eux faisaient rouler le corps dans une fosse peu profonde. Bonner ensevelit sa victime sans perdre de temps, ses/leurs actes aussi impersonnels que s’il/eux entretenaient un jardin. Le corps de la femme avait arrêté d’avoir la moindre valeur dès l’instant où elle avait cessé de crier. Peu après, la terre avait recouvert le plastique et ils marchaient dans la forêt, puis débouchèrent moins de cinq minutes plus tard sur un sentier accidenté et noyé dans le brouillard.

Des pins – vert foncé et touffus – dont les cimes disparaissaient dans la légère brume blanche les cernaient de tous les côtés, mais il y avait aussi beaucoup de fourrés et quelques arbres grêles d’autres espèces. Ce n’était donc pas une ferme forestière, mais quelque chose de plus naturel. Elle monta dans le véhicule et démarra le moteur après avoir retiré d’épais gants de jardinage. Le 4 × 4 s’engagea facilement sur la route cahoteuse, jusqu’à ce qu’une demi-heure plus tard elle sorte du brouillard et se retrouve à un carrefour en T, une route barrée devant elle. Son cœur était calme, son corps détendu. C’était…

Sophia prit conscience qu’elle se perdait dans l’esprit de Bonner et lutta pour refaire surface.

— Il me faut un lieu.

Elle ne voyait que de rares voitures passer à vive allure sur une autoroute peu fréquentée.

— Patience, ma douce Sophia.

Bonner haletait, excité par ce souvenir… et parce qu’il l’obligeait à le revivre avec lui.

Ce fut alors qu’elle vit le panneau sur sa gauche qui indiquait le début du sentier par les mots « Fog Valley Track ».

Elle prit note des fleurs qu’elle avait vues, de la position du soleil, du climat, d’autant de détails que possible.

Puis les souvenirs de Bonner se déformèrent comme dans un kaléidoscope.

Elle s’était attendue à quelque chose de ce genre et se rétracta avant que ça puisse l’atteindre.

— Ça ne nous donne guère d’indices.

— Tu la trouveras. (Il prit une profonde inspiration.) Tu trouveras ma jolie Gwyn.

Gwyneth Hayley avait disparu six mois après Carissa White et était largement admise comme étant la deuxième victime de Bonner. Sophia essaya de tirer des détails supplémentaires du Boucher, mais il se contenta de la gratifier de son petit sourire satisfait et intime qui lui fit comprendre qu’elle allait devoir terminer le travail elle-même.

En sortant, elle laissa le médecin la scanner.

— Il vous faut des nutriments, lui annonça-t-il.

Elle but les boissons énergétiques qu’il lui donna, puis laissa Bartholomew Reuben les mener hors des entrailles du bâtiment jusqu’à une salle de conférences à l’étage supérieur.

— Si vous voulez bien tous baisser vos boucliers, dit Sophia, je projetterai le scan dans vos esprits.

C’était en partie cette aptitude à littéralement projeter des souvenirs entiers qui faisait d’elle une J-Psi plutôt qu’une simple télépathe. Elle devait se limiter à cinq personnes à la fois, mais en dehors de Max, il n’y avait que Reuben, son assistant et le gardien.

— Je regrette, détective Shannon, votre bouclier naturel m’empêche de procéder à la projection.

Max haussa les épaules.

— Les projections prennent de l’énergie aux J-Psis, n’est-ce pas  ? (Il poursuivit sans attendre sa réponse.) Pourquoi ne pas plutôt nous faire un résumé  ? dit-il, le regard pénétrant. Si Bonner est réellement d’humeur coopérative, vous aurez peut-être bientôt à le scanner de nouveau.

Il la protégeait. Lorsqu’elle en prit conscience, son cœur gonfla tant qu’il faillit la consumer. S’accrochant à cette émotion puissante comme à un trésor, Sophia prit une profonde inspiration et décrivit ce qu’elle avait vu.

— Fog Valley Track, dit Max, déjà au téléphone avec les informaticiens de la Sécurité. Ouais, combien de résultats  ? (Une pause.) Réduisez le champ des recherches à un lieu avec beaucoup de pins, relativement isolé… ou en tout cas, qui l’aurait été il y a cinq ans ; à proximité d’une autoroute peut-être.

Sophia leva la main pour attirer son attention.

— La température était fraîche, même si la position du soleil suggérait qu’il était près de midi. (Faisant abstraction des voitures et des pensées de Bonner, son esprit parvint à voir l’autre côté de la route.) Il y avait un panneau qui annonçait une fête des moissons quand il a quitté le sentier.

Max transmit ses dires à l’informaticien et attendit quelques instants.

— Je te dois un verre. Envoie tout ce que tu as à D2, le poste de communication numéro trois. Et crypte le message au cas où quelqu’un scannerait la ligne de la prison.

Après avoir raccroché, il dit  :

— Nous avons trois mentions d’un Fog Valley Track qui pourraient correspondre.

— Le sentier était très accidenté, précisa Sophia. Il ne figure peut-être pas du tout sur les cartes.

— Ouais, dit-il, la mine sombre. Mais on s’inquiétera de ça quand on aura jeté un coup d’œil à ces images.

Les images en question leur parvinrent quelques secondes plus tard.

— Celle-ci, dit Sophia presque avant d’avoir conscience d’ouvrir la bouche.

La dernière demeure de Gwyneth Hayley se trouvait au cœur d’un massif enneigé.