CHAPITRE 37

« Il y a toujours un prix à payer quand on commence à poser des questions. Parfois, les réponses ne sont pas celles qu’on espérait trouver. Et parfois, il n’y a pas de réponses. »

 

Extrait des notes privées du détective Max Shannon,

au sujet du dossier étiqueté « River ».

 

Aussitôt après déjeuner, Clay avait pris sa voiture pour aller monter la garde autour de la maison du couple dominant de sa meute. Il regarda Sascha alors qu’ils sortaient ensemble de la cabane où elle vivait avec Lucas. Il n’était pas aussi proche d’elle que d’autres sentinelles, mais il avait un profond respect pour la femme que son chef avait choisie. Sa force contribuait à celle de leur meute.

— Je n’ai rien dit à Max, déclara-t-il, reprenant la conversation qu’ils avaient eue au téléphone alors que Clay était en chemin, je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. Mais est-ce que Noor peut aider Sophia  ?

Sa fille adoptive – à qui il avait donné une bonne partie de son cœur – était moitié humaine, moitié Psi. Elle avait également noué une profonde amitié avec Keenan, un autre enfant doué. Et cette accumulation de facteurs avait engendré quelque chose d’incroyable.

Sascha posa une main sur son bras pour garder l’équilibre lorsqu’ils enjambèrent un tronc d’arbre, une marque du privilège du contact rapproché qui revenait de droit à tout membre de la meute ; mais jamais elle ne l’avait tenu pour acquis avant que Clay le lui accorde.

— Après ton appel, j’ai demandé à Faith de voir si son père pouvait nous obtenir les scans médicaux de Sophia.

Clay songea à l’énigme qu’était Anthony Kyriakus, ce Conseiller Psi qui semblait avoir un cœur.

— Il a fait le nécessaire.

Lorsqu’elle acquiesça d’un bref hochement de tête, une mèche de cheveux noirs se libéra de sa tresse et vint boucler sur sa joue.

— Tammy, Ashaya et moi les avons toutes trois examinés. (Elle leva la tête, la mine sombre.) D’après ces scans, son cerveau organique est intact.

Et mince.

— Et c’est ce que les gosses réparent, c’est ça  ?

— À notre connaissance… oui. Mais on en apprend tous les jours avec Noor et Keenan. (Elle saisit au vol une feuille qui virevoltait dans la lumière dorée de la forêt et se mit à la triturer, soucieuse.) Les J-Psis aussi sont un mystère depuis l’aube de leur existence. Je suppose que les dommages sont psychiques et cumulatifs. Quand je l’ai rencontrée… j’ai senti une incroyable volonté qui cachait une douleur immense.

La voix de Sascha était tendue et ses os saillaient sous sa peau.

— Ses boucliers ne sont pas brisés… ils ont été lentement rongés par des milliers de gouttes d’acide.

Clay se passa une main dans les cheveux.

— Il n’y a rien qu’on puisse faire  ?

Il voulait aider le flic qui avait soutenu sa compagne lorsqu’elle avait été seule et qui avait versé du sang pour retrouver le monstre qui menait des expériences sur des enfants sans défense comme Noor.

Sascha avait l’air si bouleversée qu’il sut la réponse avant que l’empathe au grand cœur la lui donne.

— Je comptais essayer de voir si je pouvais faire quelque chose sur le plan psychique, mais d’après une note dans son dossier, c’est une ancre mineure. (Une larme unique roula sur sa joue, son chagrin si lourd que Clay le sentait dans sa chair.) Elle est connectée au cœur du Net… et le Net bascule lentement dans la folie.

Clay desserra les poings et tendit une main pour la refermer sur l’épaule de Sascha.

— A-t-elle jamais eu la moindre chance de s’en sortir  ?

Sascha agrippa ses doigts en signe de compassion.

— Non.

 

De retour à son appartement, Max constata que Morpheus avait déserté pour de bon. Le chat repu ronronnait d’aise sur la table basse de Sophia lorsqu’elle le fit entrer.

— Tu m’as manqué aujourd’hui, dit-elle avec un sourire, mais il vit les cernes sous ses yeux, et les marques que le surmenage avait laissées sur son visage.

Le cœur serré par la force de ses sentiments, il n’attendit que jusqu’à ce qu’elle referme la porte pour poser la main sur sa joue et s’emparer de sa bouche en un baiser aussi sauvage que tendre. Un gémissement monta dans la gorge de Sophia.

— Max, attends.

Il lui mordit la lèvre inférieure, furieux de ce qu’elle allait bientôt faire, de la trahison qu’elle ne tarderait pas à commettre.

Des larmes montèrent aux yeux de Sophia.

— Max  !

Ce ne furent pas les larmes qui l’arrêtèrent, mais le ton de sa voix et son regard. Elle n’avait pas peur de lui, mais pour lui.

— Qu’est-ce qu’il y a  ?

Il agrippa ses hanches, incapable de la relâcher.

Elle appuya quelques instants le front contre son torse.

— Tu vas me détester, Max  ?

— Chaque minute de chaque jour.

— Bien.

Sa colère claqua comme un fouet dirigé vers cette femme qui avait besoin qu’il se souvienne d’elle. Ignorait-elle donc qu’il n’oublierait jamais  ?

— Que voulais-tu me dire  ? demanda-t-il, la voix vibrante d’une fureur contenue.

Elle prit une longue inspiration et releva la tête.

— Quand j’étais sur le Net, j’ai fait des recherches hors du cadre de l’affaire. (Elle détourna le regard, puis fixa de nouveau ses yeux extraordinaires sur lui.) J’ai trouvé des informations pour toi.

Il n’avait pas l’habitude qu’elle soit aussi évasive.

— Si tu ne sais toujours pas que je resterai à tes côtés…

Elle posa les doigts sur sa bouche.

— Je sais. (Ses yeux brillants et le ton de sa voix ne laissaient aucune place au doute.) Je ne veux pas que ces informations te fassent du mal… et je sais qu’elles ont le potentiel de t’infliger énormément de souffrance.

Il lui prit la main et embrassa ses doigts.

— Je suis résistant, je survivrai.

C’était dans ses habitudes, survivre. Mais la cicatrice que Sophie allait lui laisser ne guérirait jamais.

Elle posa la main sur sa joue avec douceur et affection, et il sut qu’elle comprenait ce qu’il n’avait pas dit, la douleur qu’il n’avait pas exprimée.

— Il est possible que River ait été encore vivant il y a deux ans.

Le cœur de Max s’arrêta. Lorsqu’il se remit à battre, il s’aperçut qu’il secouait la tête en crispant les mains sur elle ; il cherchait River depuis qu’il était devenu flic, avait épluché en vain toutes les bases de données possibles.

— Pourquoi y aurait-il quoi que ce soit à son sujet sur le PsiNet  ?

— Il a croisé la route d’un chercheur humain qui mène une étude sur des adultes qui étaient toxicomanes enfants, dit-elle avec douceur, le regard soucieux. Les notes de son article renvoyaient à celui d’un scientifique Psi sur l’addiction au Jax.

— Où…, commença-t-il, mais Sophia s’écartait déjà pour prendre une feuille de papier posée à côté de Morpheus qui ronronnait.

Prenant l’impression, Max alla droit au passage qu’elle avait surligné.

C’était là. Le nom de River écrit noir sur blanc. La citation indiquait que le sujet était libéré de son addiction depuis son quatorzième anniversaire, lorsqu’il s’était inscrit de son plein gré à un programme mis en place par une organisation caritative.

— Max.

Sophia replia les doigts sur son poignet.

Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il se rendit compte que sa main tremblait.

— Ils n’ont utilisé que les prénoms… il pourrait s’agir d’une tout autre personne.

— C’est un nom inhabituel, et combiné à son addiction et son âge au moment où l’article a été rédigé…

L’esprit de Max avait du mal à fonctionner. Levant la tête, il vit qu’elle tenait un petit bout de papier à lettres.

— Qu’est-ce que c’est  ?

— Le numéro de téléphone du chercheur qui a écrit l’article original. Il donne en ce moment des cours à l’université du Pacifique Sud et réside au Vanuatu. (Une lueur d’espoir presque douloureuse brillait dans ses yeux.) Tu devrais pouvoir le joindre à son bureau un peu plus tard et vérifier s’il s’agit de ton frère.

Il l’attira dans ses bras et serra son corps doux et féminin contre lui, enfouissant le visage dans ses cheveux.

— Tu ne sais pas ce que ça représente pour moi.

Elle enfonça les doigts dans son dos, ses émotions aussi claires que si elle avait parlé.

— Mais si, n’est-ce pas  ? chuchota-t-il à son oreille, son odeur agissant comme un baume sur son âme ravagée. Tu sais exactement ce que ça représente.

— Une famille, Max. Tu auras une famille, dit-elle d’une voix pleine d’espoir. Tu ne seras pas seul.

Quand je serai partie.

Max serra ses cheveux dans son poing et s’écarta afin de pouvoir regarder son visage et parler tout contre ses lèvres.

— On, dit-il. On aura une famille.

Les yeux de Sophia s’illuminèrent d’un bonheur infini.

— Max.

Alors qu’elle déposait un baiser sur sa joue, le portable de Max se mit à sonner.

C’était Bart.

— Bonner s’est échappé.

 

— Comment est-ce possible  ?

Sophia resta à dévisager Max lorsqu’il raccrocha et lui expliqua ce qui s’était passé. La prison était souterraine, tous ses accès sécurisés. Même les sorties de secours étaient équipées d’alarmes sensibles à la pression, conçues pour se déclencher dès qu’elles détectaient un corps plus gros que celui d’un mulot.

La colère de Max était froide et tranchante.

— Il a eu un « accident » et a dû être emmené à l’aile médicale. Il semblerait qu’il travaillait le docteur au corps depuis des mois. Il a dû la convaincre de son innocence.

— Quand bien même, le docteur ne pouvait pas avoir les autorisations requises pour le faire sortir.

Sophia n’arrivait pas à croire qu’un être aussi maléfique et sournois que Bonner était de nouveau en liberté.

— Mais elle avait accès à des tranquillisants… elle a éliminé le gardien, puis a retourné son bureau pour trouver le passe-partout. (Max crispa la mâchoire si fort qu’il entendit ses os crisser.) La chasse à l’homme est lancée, et on est à peu près certains qu’il est parti au volant de la voiture du docteur.

Sophia s’assit sur le bras du canapé et laboura le tissu des doigts.

— Et le docteur  ?

— Si elle a de la chance, elle est déjà morte, dit Max sur un ton ferme. Dans le cas contraire…

Il savait que Sophia comprenait mieux que quiconque ce dont Bonner était capable, et ce que serait la récompense du docteur pour avoir commis la bêtise de croire un sociopathe.

Elle acquiesça en silence.

— Est-ce que tu dois te joindre à l’équipe de la chasse à l’homme  ?

— Je peux rester en liaison avec eux d’ici. (Bonner n’allait pas lui voler le temps qu’il lui restait avec Sophia. Et…) Ils sont en nombre suffisant.

L’équipe était gigantesque et grandissait d’heure en heure.

— Ce qu’ils attendent de moi, c’est que je devine où Bonner est susceptible d’aller et que j’actualise le quadrillage des recherches au fur et à mesure qu’on recevra des signalements. (Max avait tout de suite pensé à l’intérêt pervers de Bonner pour Sophia.) Sophie, il y a un risque qu’il essaie de te rejoindre.

Sophia déglutit et hocha la tête.

— Je serai avec toi la majorité du temps, et sinon je serai dans des bâtiments sécurisés. Je demanderai à l’un des vigiles de m’accompagner si je dois sortir seule.

Il lui fut reconnaissant de ne pas l’obliger à se battre pour qu’elle accepte sa protection.

— Tant qu’il reste au sol, le danger est faible. (Mais s’il réussissait à prendre l’avion…) Je vais alerter la Sécurité et informer DarkRiver afin que leur réseau ouvre l’œil.

— Pourquoi la Sécurité a-t-elle tant de mal à retrouver sa trace  ? Il avait une puce, non  ? demanda Sophia, se référant à l’émetteur inséré sous la peau de tous les délinquants violents pour la durée de leur peine.

— Il est parvenu à la désactiver peu après sa fuite… le plus probable étant que le docteur l’a extraite pour lui.

Tremblante, Sophia prit une profonde inspiration.

— Est-ce qu’elle… le docteur… est-ce qu’elle va le satisfaire pendant un moment  ?

L’estomac de Max se retourna.

— Il est resté derrière les barreaux assez longtemps pour que ses besoins se soient accumulés.

Et qu’il ait développé ses perversions.

— Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider  ?

Il voulait qu’elle reste loin de la malveillance de Bonner ; elle avait affronté l’abîme assez de fois pour dix vies.

— Penche-toi de nouveau sur Quentin Gareth… j’ai le sentiment que quelque chose nous échappe. Surtout que Tulane est rayé de la liste.

Il lui fit part de ce qu’il avait appris chez Amberleigh Bouvier.

— Intéressant… le comportement des employés de Nikita, déclara-t-elle, songeuse. Je vais regarder le dossier de Gareth tout de suite.

Pendant ce temps, il s’attela à la tâche de recouper l’emplacement du pénitentiaire D2 avec les cachettes connues de Bonner, puis il envoya la liste à l’équipe de la chasse à l’homme dès qu’elle commença à prendre forme.

— Il est malin, dit Max à l’équipe via la ligne de communication qu’il avait sécurisée. (Il leur avait fait part du risque que Bonner essaie d’atteindre Sophia afin qu’ils installent des barrages sur les routes qu’il était susceptible d’emprunter.) Je ne pense pas qu’il retournera à ses anciennes planques.

Mais l’équipe allait quand même devoir les inspecter toutes au cas où.

— Je vous ai également envoyé des affaires personnelles que je sais lui appartenir, même si je ne suis pas parvenu à le prouver… Vu qu’elles n’ont jamais figuré dans les dossiers de la police, il n’a pas eu le droit de les voir durant le procès.

— Bon sang, Max… s’il pouvait juste mourir, ça nous rendrait tous service. (Le chef de l’équipe perdit une seconde son sang-froid légendaire avant de prendre une inspiration pour se calmer.) On est sûrs que le docteur est déjà mort… les chiens nous ont menés à un coin de forêt pas loin de D2. Il y a beaucoup de sang.

» Celui de Bonner, en partie… c’est à cet endroit-là qu’ils ont extrait l’émetteur. À en juger d’après les giclures de sang, il a remercié le docteur de son aide en lui tranchant la gorge. Il n’a jamais été aussi impatient… on n’avait aucune chance de la sauver.

Max secoua la tête.

— Le docteur était une nécessité. (Un outil.) Elle était trop âgée pour le satisfaire autrement… dans l’esprit de Bonner, elle devait sans doute être heureuse de mourir une fois sa fonction remplie.

L’autre flic secoua la tête, incrédule et furieux.

— Que te faut-il  ?

— Tout signalement confirmé ou crédible… envoyez-moi les détails dès que vous les aurez. Même une direction générale m’aiderait à réduire la liste des lieux possibles. Avec les sommes dont il dispose (et Max savait que certains membres de la famille Bonner croyaient encore à l’innocence de leur petit garçon aux yeux bleus), il pourrait aller n’importe où.

— On couvre les aéroports.

— Bien. Il essaiera peut-être de prendre un vol domestique (surtout si sa fixation sur Sophia était plus forte que son besoin de trouver d’autres proies), mais je ne pense pas qu’il quittera le pays. Il aime trop le statut de star qu’il a ici.

Raccrochant après avoir échangé quelques mots supplémentaires, il alla s’asseoir sur le canapé à côté de Sophia.

— Il ne nous reste plus qu’à attendre.

Sophia ne supportait pas de voir sa bouche crispée de stress et le poids qui pesait sur ses épaules.

— Ne te fais pas du mal, Max. (Elle posa la main sur sa joue, ses émotions mises à nu.) Bonner ne mérite pas que tu te flagelles pour ses méfaits.

— Chérie.

Le baiser de Max était si tendre que des larmes se mirent à piquer les yeux de Sophia. Il lui semblait qu’il y avait quelque chose de différent ; c’était plus que sexuel, plus qu’intime. Comme s’il lui tendait un cadeau dont elle ne comprenait pas le sens. S’accrochant à lui, elle s’abandonna au baiser et à Max. Lorsque ses lèvres s’aventurèrent sur sa joue et le long de sa mâchoire, elle frissonna et glissa les doigts dans ses cheveux épais et soyeux.

Elle songea que Nikita pouvait attendre. Le monde entier pouvait attendre. Cette nuit, ce moment, elle les réservait pour elle et cet homme fort, loyal et beau qui avait vu tout ce qui était brisé chez elle, et qui pourtant la regardait comme si elle était parfaite.

— Max. Ne t’arrête pas. Pas aujourd’hui.

Écartant son visage du sien, il se leva dans un mouvement fluide qui témoignait de sa force toute masculine. Lorsqu’il lui tendit la main, Sophia trouva merveilleusement naturel de joindre leurs paumes et de se laisser guider jusqu’à la chambre, puis de le regarder porter les doigts aux boutons de son chemisier et les glisser hors de leurs fentes les uns après les autres.

Le dos de sa main effleura le côté d’un de ses seins et elle frissonna.

— Tu as froid  ? murmura-t-il contre son cou tandis qu’il laissait tomber le chemisier au sol et s’avançait derrière elle pour l’envelopper de son corps, cet homme aux muscles fermes et déliés qui ne cherchait nullement à cacher son excitation.

Jamais elle ne s’était sentie aussi vivante et sensuelle dans sa féminité.

— Non.

— Bien. (Il bougea les mains pour les refermer sur ses seins à travers son soutien-gorge fonctionnel en coton.) Si je t’achetais de la lingerie coquine, tu la porterais  ? demanda-t-il en la malaxant, en prenant possession d’elle.

Une onde de joie se surimposa à la sensualité, telle une épice piquante. Elle songea qu’il tenait autant qu’elle à faire de ce moment le leur, quelque chose que personne ne pourrait leur voler quoi que leur réserve l’avenir.

— Coquine comment  ?

— Très. (Il pinça légèrement ses tétons d’un geste vif et rapide, puis les fit rouler entre ses doigts.) Ça pourrait même te faire rougir.

La température de son corps commençait déjà à grimper, mais avec une langueur troublante.

— Ça ressemble à un défi. (Tendant un bras en arrière, elle glissa les doigts dans les cheveux de Max et le maintint contre elle.) Et je le relève.

Elle le sentit sourire contre sa peau tandis qu’il retirait les mains de sa chair douloureuse.

Relâchant le bras, elle le laissa dégrafer son soutien-gorge qu’elle repoussa ensuite pour le faire tomber.

— Comment se fait-il que… (elle frissonna lorsqu’il embrassa le haut de sa colonne vertébrale puis descendit plus bas) je me retrouve toujours nue alors que tu restes habillé  ?

Avec un petit rire rauque et masculin, il caressa son épaule des lèvres, mains sur ses hanches.

— Parce que je suis malin. (Il fit courir les doigts sur son ventre et défit le premier bouton de son jean.) Enlève-moi ça.

Le feu du désir qui la consumait lentement s’intensifia soudain, mais prenant l’initiative, elle baissa sa braguette et – avec une profonde inspiration – retira en même temps son jean et sa culotte. Elle se pencha pour dégager ses pieds, submergée par le bruit de son cœur qui battait à tout rompre. Max ne dit pas un mot jusqu’à ce qu’elle se fût redressée. Puis il prit la parole… et elle fondit.