CHAPITRE 38

— Belle.

Avec des mains impatientes, il la fit se retourner pour qu’elle reçoive son baiser.

Et – oh  ! – quel baiser.

Il renfermait la même tendresse sauvage et le même instinct protecteur qui avaient transpercé tous les boucliers de Sophia dès le premier jour. Mais il y avait aussi autre chose ; un plaisir troublant et cru, une agressivité brûlante et sexuelle. En frissonnant, elle tira sur la chemise de Max. Des boutons volèrent dans toutes les directions quand il coopéra avec son besoin frustré de le toucher, mais il focalisait son attention sur sa bouche, mû par un inexorable désir.

Reposant les mains sur le corps de Sophia dès que sa chemise toucha le sol, il malaxa et caressa sa chair jusqu’à ce qu’elle mette fin à leur baiser, incapable d’en supporter davantage. Mais il refusait de la lâcher. Il couvrit sa mâchoire et son cou de baisers tandis qu’il la faisait reculer, la chaleur de son torse une caresse exquise. Lorsque l’arrière de ses genoux heurta le lit, elle ne songeait déjà plus qu’à s’y laisser tomber. Sans attendre d’encouragements, elle grimpa dessus et se retourna pour s’appuyer sur les coudes.

Au regard fixe et brillant qu’il braqua sur elle, la peau de Sophia se tendit à un point presque douloureux. Elle déglutit lorsqu’il porta les doigts à son jean, défit les pressions et baissa le pantalon en même temps que son slip. Elle avait les yeux rivés sur sa verge tendue… et sur la main qu’il referma autour. Il lui suffit de se branler une fois pour qu’elle se cambre. Elle ne s’expliquait pas pourquoi, mais le spectacle de Max caressant son propre sexe était la chose la plus érotique qu’elle avait jamais vue.

— Max, le supplia-t-elle, frémissante.

Il se plaça au-dessus d’elle tandis qu’elle s’allongeait en signe d’invitation muette et se rapprocha juste assez pour que leurs cuisses se frôlent, pressant avec exigence son érection contre son ventre. Le souffle coupé, elle explora des mains son superbe torse et ses magnifiques épaules.

— Oui.

C’était une réponse à une question qu’il n’avait pas posée.

Mais il comprit. Relâchant ses muscles, il s’autorisa à coller son corps entier contre le sien. Le contact provoqua un coup de tonnerre érotique, une tempête électrisante. Gémissant de plaisir et de douleur mêlés, elle glissa les doigts dans ses cheveux et s’empara de sa bouche à son tour. Il frissonna contre elle, crispant la main sur sa hanche. Lorsqu’il fit le geste de pousser sa cuisse, elle écarta les jambes pour l’accueillir.

Il toucha sa chair fondante et elle se mit à trembler. Mais il ne la caressa pas avec la même patience nonchalante qu’avant. Cette fois, son doigté était délicieusement ferme tandis qu’il mettait en pratique ce qu’il savait du corps de Sophia pour qu’elle se torde sous lui.

— C’est ça, murmura-t-il, les muscles de ses épaules bandant sous ses paumes tandis qu’il la titillait. Crie pour moi, Sophie.

Elle parvint à serrer les cuisses, coinçant la main de Max entre elles.

— Je ne crie pas, haleta-t-elle.

Il eut un sourire inattendu et malicieux, et sa petite fossette creusa sa joue.

— Je suis prêt à relever le défi.

Elle l’adorait. Attirant sa tête vers elle, elle couvrit sa fossette de baisers alors qu’il commençait à l’exciter par de petits mouvements du doigt contre son clitoris. Elle en eut le souffle coupé.

— Max, tu vas trop vite.

Cette plainte sensuelle lui arracha un petit rire.

— Chacun son tour.

Mais il retira la main et se rapprocha pour l’embrasser avec lenteur et nonchalance, même si son corps vibrait de tension au-dessus d’elle. Ses cheveux lui caressèrent la peau lorsqu’il progressa plus bas, enfouissant le visage dans ses seins avant de prendre l’un de ses petits tétons tendus dans sa bouche.

Les sensations écartelèrent Sophia, et c’était sublime.

— Oh  !

Il l’érafla des dents puis lâcha le téton.

— Ça, dit-il en passant la langue autour du bourgeon mouillé, ça ressemblait à un cri.

— Un gémissement, souffla-t-elle. C’était un gémissement. Recommence, s’il te plaît.

— Quoi donc  ?

Nouveau sourire malicieux.

— Max  !

Avec un petit rire, il baissa la tête pour titiller le téton qu’il avait négligé, refermant la main d’un geste possessif sur son autre sein rond.

Frémissante, elle s’aperçut qu’elle avait de nouveau écarté les cuisses et qu’elle enserrait son sexe de la plus intime des façons. L’intensité de son plaisir était pareille à une lame tranchante ; elle s’agitait sans relâche, faisant courir ses mains le long du dos de Max. À moi, songea-t-elle dans un élan de possessivité primaire, il est à moi. Elle posa les mains sur ses fesses lorsqu’il releva la tête pour embrasser ses lèvres, et elle s’aperçut qu’elle se délectait de caresser sa chair lisse et musclée.

Un gémissement contre sa peau.

— Arrête ça. (Il mordilla sa lèvre inférieure lorsqu’elle n’obtempéra pas.) Ou je jouerai au même jeu avec toi… devant le miroir.

Les mains de Sophia se figèrent.

Max s’appuya sur les avant-bras, suffisamment intrigué pour lutter contre le désir qui pulsait dans sa verge et l’envie de s’enfoncer dans la chaleur soyeuse de Sophia.

— Alors comme ça, mademoiselle Sophia Russo a des fantasmes au sujet des miroirs. Intéressant.

Le rouge lui monta aux joues, mais elle releva la tête.

— Raconte-moi l’un de tes fantasmes.

Ça lui plaisait qu’elle se fie assez à lui pour ne pas céder. Combattant le feu par le feu, il fit un mouvement lent et délibéré… puis son érection se retrouva pressée contre son clitoris. Seigneur tout-puissant. C’était si bon qu’il eut envie de glisser quelques centimètres plus bas, de la prendre tout entière. Mais c’était la première fois pour Sophia, et il avait la ferme intention de l’inonder de plaisir ; c’était sa fierté masculine qui parlait… ainsi que la force de ses sentiments pour cette femme.

Dont les yeux se voilèrent de noirceur lorsqu’elle dit  :

— Ne t’imagine pas que tu vas réussir à détourner mon attention.

En souriant, il l’embrassa et se blottit dans son cou.

— Tu sais, ces tailleurs que tu portes  ? Ceux avec les petites jupes sages au genou et les vestes qui se boutonnent sous tes seins  ?

— Mmm. (Elle se frotta contre son sexe, l’un de ces petits gestes qui le rendaient fou.) Mes tailleurs sont ennuyeux.

Il lui fallut plusieurs secondes pour retrouver l’usage de la parole.

— Au contraire, dit-il d’une voix rauque, le souffle court. Ces tailleurs donnent des idées à un homme. Par exemple, se retrouver seul avec toi dans un bureau désert (il mordilla par jeu le lobe de son oreille), te faire te pencher sur un grand bureau en bois, remonter ta petite jupe sage et découvrir que tu mouilles pour moi.

Cette image le poussa un peu plus près de la folie.

— Tu me toucherais  ? dit Sophia d’une voix sensuelle qui s’enroula autour de sa verge et la serra.

En frémissant, il baissa la tête et lui suçota le cou jusqu’à lui laisser une petite marque rouge.

— Non, c’est un fantasme d’homme des cavernes (l’un de ceux qu’il préférait), je me contente d’arracher ta culotte et de te pénétrer.

— Ça… (Elle déglutit, s’humecta les lèvres.) Je n’ai… euh, rien contre ce fantasme.

Cela méritait un baiser brûlant et appuyé.

— J’ai une autre version, lui dit-il ensuite.

Elle crispa les doigts sur ses biceps, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration saccadée.

— Cette fois, je te place devant moi et je retrousse ta jupe un centimètre après l’autre, tout en caressant des pouces l’intérieur de tes cuisses. (Se redressant pour s’agenouiller au-dessus d’elle, il passa à l’acte et lui écarta les cuisses pour s’offrir le plus délicieux des spectacles.) Je sais que tu ne portes rien en dessous… même si parfois, je te laisse porter des bas de soie et un porte-jarretelles.

Une vague de chaleur déferla sur le corps de Sophia et fit rosir ses seins.

— Max  !

Il passa doucement les mains sur elle.

— Chut, ça commence à être bon.

Elle frissonna à son contact.

— Et donc, je remonte la jupe jusqu’à ta taille et dévoile ta chair rose et humide (il glissa les mains sous ses fesses), je t’attire près de moi (il se positionna plus bas) et je te mange toute crue.

Puis il la pénétra d’un coup de reins brûlant, ouvertement possessif. Elle se cambra sous lui, pulpeuse dans sa féminité, poussant de petits cris de plaisir qui l’encouragèrent à l’emmener encore plus loin. Mais ce jour-là, il ne voulait pas qu’elle jouisse sans lui. Il avait besoin de la tenir dans ses bras, de sentir son plaisir. Aussi, lorsque ses petits muscles intimes se contractèrent et que son souffle s’accéléra, il la goûta une dernière fois et se dressa au-dessus de son corps, main sur sa hanche.

— Ensemble cette fois, Sophie.

Sa voix était si grave et rauque qu’elle en était presque méconnaissable.

Sophia comprit que son flic avait épuisé tout son contrôle.

— Oui, oh oui.

Se sentant d’humeur sauvage et avide, elle appuya une jambe sur sa hanche et s’ouvrit encore pour l’accueillir.

Il ne se fit pas prier deux fois, l’embrassant avec un mélange touchant de tendresse et de désir presque violent tandis qu’il se pressait contre son vagin. Ce que Sophia ressentait était… indescriptible. Ça aurait pu la rendre folle si elle s’y était essayée lors de leur première rencontre. Mais là…

Enfouissant le visage dans son cou, elle inspira son odeur grisante et s’agrippa à lui de toutes ses forces lorsqu’il se glissa en elle. La pénétration la brûla un peu, mais ce n’était rien comparé à l’avalanche de sensations. Tremblante, elle enveloppa son autre jambe autour de lui. À ce geste soudain, elle s’ouvrit et il s’enfonça en elle plus vite qu’avant.

Ils poussèrent un cri simultané, et Max se figea au-dessus d’elle.

— Sophie  ?

Elle lui érafla le cou des dents.

— Oui.

Toujours oui pour cet homme.

Il l’obligea à le lâcher et entremêla leurs doigts tandis qu’il la clouait aux draps et prenait possession de sa bouche. Se sentant délicieusement exposée, elle succomba à l’extase lorsqu’il donna un coup de reins et s’enfonça en elle jusqu’à la garde. Elle laissa échapper un cri et se cambra vers lui en réaction primaire. Quand il se mit à bouger, elle essaya de suivre le rythme. Elle était un peu décalée… mais ça ne dura pas.

Puis il n’y eut plus de pensées. Juste le mouvement chaud et fluide du corps de Max contre le sien, dans le sien, le frottement de sa mâchoire sur sa joue lorsqu’il baissa la tête… et enfin, la beauté tumultueuse d’une tempête sexuelle qui les jeta sur les récifs et les écartela tous deux.

 

— Salut toi. (Allongé sur le côté auprès d’elle, Max fit courir la main sur le corps de Sophia.) Tu ressembles à un chat repu.

Elle grimaça.

— Ce n’est pas très sensuel comme image, vu que je sais que c’est sans doute à Morpheus que tu me compares.

Cette repartie acerbe lui valut un baiser, avec lequel il la marqua en profondeur.

— Comment tu te sens  ?

— Bien. Aussi inexplicables (mais incroyablement résistants) que soient mes boucliers, ils tiennent toujours bon sur le PsiNet.

— Tant mieux, mais je voulais parler du plan physique.

Le corps de Sophia s’embrasa.

— Oh. (Elle était allée faire un tour à la salle de bains et avait regardé son visage dans la glace, émerveillée par l’image de la femme comblée aux lèvres rougies de baisers que le miroir lui avait renvoyée.) Je suis un peu sensible, c’est tout.

Il lui paraissait étrange de tenir une telle conversation, et pourtant elle le pouvait. Parce que c’était Max.

Il caressa son abdomen.

— Fais-moi savoir quand tu seras prête pour le deuxième round… comme je te le disais, c’est en forgeant que l’on devient forgeron.

Décelant la lueur malicieuse dans ses yeux, elle lui donna un petit coup de poing à l’épaule avant de se retourner vers lui.

— Merci d’avoir rendu l’expérience si…

— Intéressante  ?

La petite fossette qu’elle adorait fit une apparition éclair.

— Oui, dit-elle, en la traçant du doigt, et elle se sentit à son tour esquisser un sourire. C’était d’un intérêt suprême. Et ça, c’est un grand compliment.

— J’en suis ravi. (Il glissa un bras sous sa tête et posa l’autre main sur sa hanche.) Tu t’en es bien sortie, pour une Psi.

— Tu n’étais pas mal non plus, pour un flic.

Ils se regardèrent, savourant tous deux pleinement cet instant. Elle voulut se blottir plus près de lui, mais son corps sensible vibrait toujours. Elle songea qu’il valait mieux attendre un moment que les choses se calment un peu.

— Retourne-toi.

Max eut le mérite de ne pas feindre l’incompréhension. En grimaçant, il fit ce qu’elle lui demandait. Le tatouage s’étirait sur toute la longueur de sa colonne vertébrale, une épée avec un pommeau intriqué au creux de ses reins et une pointe qui arrivait juste sous sa nuque. C’était une superbe œuvre d’art.

Fascinée par sa beauté dépouillée, Sophia repoussa le drap afin de pouvoir le contempler en entier.

— Quand l’as-tu fait  ?

— À seize ans, dit-il. Je me trouvais irrésistible.

Elle pensa au garçon qu’il avait dû être – robuste mais mince, sa musculature encore peu développée –, et elle eut envie de couvrir chaque centimètre de son tatouage de baisers doux et passionnés.

— La lame est si nue comparée au travail du pommeau.

Il banda les muscles.

— Je l’ai laissée vierge exprès. Pour toi.

La gorge de Sophia se noua. Elle voulait lui faire un cadeau, elle aussi… un cadeau aussi précieux, aussi durable.

— C’est presque l’heure du déjeuner à Port-Vila. Tu réussirais sans doute à joindre le professeur à son bureau.

Se tournant vers elle, il dit  :

— Je sais.

Sophia caressa son bras, inquiète.

— Pourquoi ce ton  ?

Comme si Max cherchait à contenir quelque chose.

Il tressaillit et inclina la tête pour poser le front contre celui de Sophia.

— J’ai peur, admit-il sans détour. Et si ce n’était pas River  ? Ou si c’était lui… et qu’il n’avait pas envie de me voir  ?

— Pourquoi te rejetterait-il  ?

Max s’était battu pour essayer de sauver son frère.

— J’ai toujours pensé qu’il s’était engagé sur la mauvaise voie en partie parce qu’il se sentait coupable de la façon si différente dont notre mère nous a toujours traités. (River avait été son enfant adoré, Max son souffre-douleur.) J’ai essayé de le protéger de ça, mais je n’ai pas réussi, pas à la fin.

Sophia entremêla leurs doigts sur les draps entre eux.

— Si c’est ton frère, si c’est le garçon que j’ai aperçu dans ce flash de rétrovision, il tient à toi du plus profond de son âme.

— Parfois, ça ne suffit pas. (Max avait conscience que son ton était dur, mais il n’y avait que comme ça qu’il arrivait à gérer la situation. S’il y attachait de l’importance, il en souffrirait beaucoup trop.) Je ne lui en voudrais pas de ne pas avoir envie d’être ramené au passé.

Sophia lui serra la main et le laissa prendre la décision finale, une intense et indéfectible loyauté brûlant dans ses yeux violets.

En fin de compte, il n’y eut qu’une chose à faire ; l’amour qu’il portait à son frère tourmenté et brisé était bien plus fort et tenace que la peur qui le freinait. Prenant son téléphone portable, il composa le numéro. Sa conversation avec le professeur dura moins d’une minute, et se conclut sur la promesse du vieil homme de transmettre les coordonnées de Max à ce River qui pouvait être son frère. Après avoir raccroché, Max poussa un long soupir et inspira l’odeur de Sophia dans ses poumons.

La tentation de l’envelopper et d’oublier le monde était presque irrésistible, mais le flic qu’il était n’arrivait pas à rester en place. Il avait prêté serment, fait une promesse.

— Je devrais te laisser te reposer, dit-il à la femme qui se donnait tant de mal pour s’assurer qu’il ait une famille, mais ça te dit de venir en planque avec moi  ?

Son impuissance face aux boucliers défaillants de Sophia le mettait dans une colère qui menaçait de le rendre amer, mais il lutta contre ce sentiment hideux, refusant d’entacher la beauté de cette joie étrange et sublime entre un flic et sa J.

Le visage de Sophia s’éclaira d’un plaisir presque enfantin.

— Vraiment  ? Oui  !

Et il sut qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour préserver cette lueur dans ses yeux.

— Bon, dit-il après avoir contacté l’équipe de la chasse à l’homme. (Il n’y avait eu ni signalements, ni information qui aurait pu aider Max à restreindre le champ des recherches, et sa frustration était aussi intense que la leur.) Le bruit court que des Psis tiennent des réunions secrètes un peu partout en ville. Personne ne sait pourquoi.

— On va épier l’une de ces réunions clandestines  ?

— Oui. D’après les informateurs de Clay, il est presque certain que l’endroit où l’on va se rendre sera leur point de rendez-vous de ce soir. (Le changeling léopard lui avait envoyé un message un peu plus tôt.) Pour le moment, on va se contenter de regarder pour voir si on peut se faire une idée de ce qui se trame et déterminer si ça a un lien avec l’affaire Nikita.

Peu de temps après, Max garait leur voiture dans le quartier sélect de Pacific Heights, entre deux berlines noires semblables à la leur. La rue au cachet historique où ils se trouvaient avait été conservée presque telle qu’elle avait été au début du XXe siècle, avec les bordures décoratives des élégantes demeures de style Queen Anne et les couleurs qui ressortaient même dans la lumière réduite.

— C’est excitant, dit Sophia en écarquillant les yeux, juste au moment où les réverbères détectaient la tombée de la nuit et s’allumaient.

Max se mordit l’intérieur de la joue.

— Ouais, et ne t’imagine pas que j’emmène toutes mes copines en planque. Tu es spéciale.

Une déclaration qui témoignait de la profondeur de ses sentiments pour elle avec une simplicité déconcertante.

— Je suis flattée. (Petit rire sensuel.) Oh… je crois avoir découvert ce qui te dérangeait au sujet du dossier de Quentin Gareth… je comptais te le dire quand tu as raccroché tout à l’heure, mais on a été… distraits.

Le corps de Max vibra à la pensée de la distraction en question.

— Toujours sensible  ?

— Max  !

Il tendit la main pour la refermer sur sa cuisse et la serra doucement.

— Alors  ?

— Oui. (Il sentait son embarras dans le ton de sa voix.) Tu es raide  ? ajouta-t-elle.

Bon sang.

— Je devrais savoir que c’est dangereux de te titiller.

Sourire aux lèvres, il changea de position pour soulager l’érection soudaine que Sophia avait provoquée et dit  :

— Et donc, Quentin Gareth  ?

— Il y a une faille bien cachée dans ses registres plus anciens. Il est écrit qu’il est allé dans une université prestigieuse entre dix-huit et vingt-trois ans, ce qui est le cas. Sauf qu’il n’y est pas allé les six derniers mois de sa dernière année… il ne s’est inscrit à aucun cours, n’a passé aucun examen.

» Après des recherches plus approfondies, j’ai découvert qu’il avait décroché une sorte de stage. (Elle toucha la main qu’il avait posée sur sa cuisse et la frotta du pouce.) Il n’y a rien de réellement suspect là-dedans, mais pour qu’il s’en soit caché au lieu de l’indiquer sur son CV, c’est soit que le stage a été un tel échec qu’il ne veut pas que ça figure dans son parcours professionnel…

— Soit qu’il a un secret qu’il n’a pas envie qu’on déterre, compléta Max. Où s’est déroulé le stage  ?

— C’est ça le hic. Il n’est indiqué nulle part où il a passé ces six mois.

Max repéra quelque chose du coin de l’œil.

— Reste détendue, dit-il à Sophia. Il fait assez sombre pour qu’ils ne nous voient pas.

En revanche, le réverbère situé devant la maison qu’ils surveillaient leur permettait de voir parfaitement la scène.

Deux hommes et une femme s’avancèrent de l’autre côté de la rue et entrèrent dans la maison après avoir frappé un coup discret. Deux autres femmes d’âge plus mûr vinrent ensuite. Le sixième participant était un homme beaucoup plus âgé aux cheveux gris bouclés.

Tout à coup, Sophia fit un bond en avant.

— C’est bien celui à qui je pense  ?

L’individu qui avait retenu son attention s’arrêta sur les marches de la maison, jetant des coups d’œil autour de lui comme s’il avait conscience d’être épié.

— Fils de pute, murmura Max tandis que Ryan Asquith tournait les talons et s’engouffrait à l’intérieur.