CHAPITRE 5

« L’enfant a subi des dommages à un niveau fondamental. Toute tentative de la sauver impliquera le sacrifice d’un temps et de ressources considérables, sans la moindre garantie d’un retour productif. »

 

Rapport du Psi-Med sur Sophia Russo,

mineure, 8 ans.

 

À peine plus de vingt-quatre heures après sa conversation avec le commandant Brecht, Max ressortait par la porte du terminal national de San Francisco avec une seule valise et une caisse de transport renforcée contenant un chat très agité. Un chat dont les miaulements suraigus commençaient à attirer des regards désapprobateurs sur Max, du genre de ceux que l’on réserve aux individus qui battent leurs chiens et épuisent leurs chevaux.

— Max  !

Il leva la tête et vit une silhouette familière à la chevelure mordorée. Après avoir posé la valise et la caisse de transport, il souleva Talin dans ses bras et déposa un baiser sur ses lèvres.

— Tu as une sacrée bonne mine, Tally.

Elle avait le visage éclatant de santé, avec ses taches de rousseur dorées et sa peau qui avait conservé son hâle estival malgré le froid mordant du mois de janvier.

L’homme à la droite de Talin émit un grondement, son regard vert vif tranchant sur sa peau sombre.

— Une fois, je laisse passer. Mais embrasse-la encore et c’est au bitume que tu vas goûter.

Avec un grand sourire, Max reposa Talin qui riait et tendit la main.

— Moi aussi, je suis content de te voir.

Clay la secoua.

— Salut, Flic.

Il regarda les pieds de Max.

Et ce dernier se rendit compte que Morpheus ne faisait plus un bruit depuis qu’ils s’étaient rapprochés du couple. Il baissa la tête et vit que la boule de poils noire et indignée avait les yeux rivés sur Clay.

— Je crois qu’il essaie de déterminer quel genre de chat tu es au juste.

Talin se pencha pour passer la main entre les barreaux de la caisse et câliner le chat.

— Évite, la prévint Max, une main sur son épaule. Il mord.

— S’il mord Tally, je lui montrerai de quoi mes dents ont l’air, dit Clay, qui fixait sur le chat des yeux qui avaient cessé d’être humains.

— Tout doux, dit Talin en caressant délicatement la tête de Morpheus. Il est juste fâché d’être resté enfermé, n’est-ce pas mon joli  ?

Elle regarda Max et chuchota  :

— Clay aussi est de mauvais poil quand il prend l’avion.

— Attention à ce que tu dis, avertit Clay, mais le sourire qui jouait sur ses lèvres enchanta Max.

À l’évidence, il était fou de sa Tally.

— Je suis contente que tu l’aies amené, dit Talin en se redressant. Tu lui aurais manqué.

— Ça non… il aurait trouvé une autre bonne poire pour le nourrir, dit Max, qui savait que l’ancien chat errant avait l’instinct de survie d’un rat sur un navire faisant naufrage. Mais comme je ne suis pas certain du temps que cette histoire va prendre, autant que Morpheus vienne voir du pays avec moi.

Remerciant Clay d’un hochement de tête lorsque le changeling prit sa valise, Max se chargea de la caisse de transport.

— C’est sympa d’être venus me chercher.

— J’étais d’avis de te laisser en plan, marmonna Clay.

Talin glissa le bras sous celui de Max.

— Ne fais pas attention à lui. Il le cache bien, mais il t’aime.

— Vraiment bien, alors.

Max sentit son cœur se serrer de joie à la vue de Talin si heureuse. L’enquête sur les enfants disparus les avait rapprochés un peu plus tôt, mais leurs routes s’étaient déjà croisées à plusieurs reprises les années précédentes, quand leurs missions avaient coïncidé à New York. Elle avait travaillé avec des enfants en difficulté, les mêmes que ceux que la Sécurité ramassait régulièrement.

Mais il n’y avait pas que ça. Un lien s’était établi entre lui et Talin, qu’ils reconnaissaient sans l’avoir jamais vraiment mis en mots. Ils avaient tous deux été pris enfants dans l’engrenage du système d’adoption, savaient quelles cicatrices ça pouvait laisser. Ce n’était pas le genre de chose qu’on pouvait vraiment expliquer à ceux qui ne l’avaient pas vécu.

Clay comprenait, lui. Max ignorait le passé de cet homme imposant, mais le lien qui unissait le détective et Talin se formait lentement aussi entre elle et son compagnon. Max les avait invités à dîner la dernière fois qu’ils étaient venus à Manhattan, et avait fini saoul avec le léopard. Talin les avait ramenés du bar en jurant tout le trajet qu’elle allait leur arracher la peau, mais elle les avait bordés tous les deux cette nuit-là, poussant Max sur le canapé de leur hôtel avec l’ordre de se tenir tranquille.

Souriant au souvenir de la musique rock qu’elle avait mise à fond le lendemain matin en guise de punition, il regarda sa chevelure sauvage.

— Vous avez vérifié où se trouve l’appartement  ?

Il leur avait envoyé par e-mail les coordonnées de l’endroit qu’on lui avait réservé pour la durée de son séjour.

— Il est près du Quai des pêcheurs, dit Talin, pas très loin de l’immeuble Duncan. C’est un coin agréable… à proximité des commerces.

Clay leva la tête alors qu’il calait le bagage de Max dans le coffre de la voiture.

— Tu es sûr de ne pas vouloir nous dire ce que tu fais pour la mère de Sascha  ?

Redevenus humains, ses yeux brillaient d’une vive intelligence, comme il seyait à l’un des meilleurs hommes de DarkRiver.

— Désolé, je ne peux rien dire. Pas encore. (Max plaça Morpheus sur la banquette arrière.) Je pourrai peut-être en révéler davantage quand je saurai ce qui se trame.

Après s’être installé à côté du chat toujours muet, il attacha sa ceinture et attendit que Clay et Talin montent dans la voiture. Mais…

— Qu’est-ce que…

Glissant la main sous sa cuisse, il en délogea une étrange poupée aux cheveux roses et aux articulations improbables.

— C’est un Metamorph, lui dit Talin en se tournant pour regarder par-dessus son épaule. Ils se transforment en animaux.

— Tiens donc. (Il tritura le petit jouet, parvint à comprendre le mécanisme et se retrouva avec un loup rose entre les mains.) Comme un changeling.

— Ouais. Clay n’arrête pas d’en acheter à Noor, même si elle en a déjà au moins une dizaine.

Tout en le taquinant, Talin glissa les doigts entre ceux de la main libre de son compagnon. Il suffit qu’elle le regarde avec ses grands yeux marron pour qu’il capitule.

Clay porta sa main à ses lèvres pour l’embrasser.

— Tu ne te plains pas quand je fonds pour tes grands yeux gris.

— Clay  !

Rougissante, Talin souffla tout de même un baiser à son compagnon.

Mis à l’aise par leur petit échange, Max se cala dans son siège – après s’être assuré que Morpheus allait bien malgré son silence persistant – et repensa à l’e-mail qu’il avait reçu alors qu’il attendait de monter à bord du jet supersonique. Il provenait du bureau du commandant.

« Sophia Russo vous rejoindra à San Francisco. »

Il brûlait d’impatience ; son corps n’avait pas l’air de vouloir comprendre que cette femme était plus susceptible de lui geler les couilles durant la nuit que de consentir à se frotter à lui au sens sexuel du terme.

Mais Max avait cessé d’être régi par ses hormones depuis l’âge de seize ans, et que cette J-Psi aux yeux violets empreints de mystère le chamboule de la façon la plus viscérale qui soit n’y changeait rien. Mettant à profit le temps dont il disposait avant de monter à bord de son avion, il avait passé quelques coups de téléphone, notamment à Bart Reuben pour avoir des nouvelles de Bonner. Le procureur n’avait rien eu à signaler sur ce plan, mais quand Max avait mentionné qu’il allait travailler avec Sophia, il lui avait dit  :

— Comme elle m’intriguait, j’ai fait quelques recherches.

À son grand étonnement, Max avait été pris d’un violent accès de possessivité.

— Pourquoi  ?

— Ses gants, avait répondu Bart. Je me suis souvenu les avoir déjà vus, sur un J-Psi avec qui j’ai travaillé il y a longtemps. Je sais qu’ils ont un sens, mais je n’ai pas encore découvert lequel. En revanche, j’ai trouvé autre chose de très intéressant.

Étouffant sa réaction d’une virulence inattendue à l’idée que Bart avait enquêté sur Sophia, Max se força à prendre un ton plus léger.

— Il va falloir que je te tire les vers du nez  ?

— Non, une bouteille de whiskey de malt fera l’affaire. (Le rire dans la voix de son ami était audible.) Il semblerait que cette dernière année, notre mademoiselle Russo a pris la curieuse petite habitude de se retrouver dans les parages de sinistres individus ayant décidé de se mutiler de façon créative.

— Ce n’est pas surprenant, depuis le temps qu’elle est une J-Psi.

Il aurait fallu qu’un flic se mette des œillères pour ne pas remarquer ce « penchant » pour l’homicide qui se manifestait parfois chez les J-Psis. Il était toujours impossible de prouver quoi que ce soit, bien entendu, en admettant même qu’un flic en éprouve le besoin vu le genre d’individus que ciblaient systématiquement les J-Psis, mais la Corps savait maintenir l’ordre ; ce n’était pas bon pour son image que ses employés perdent la tête en public.

Alors que cette pensée lui traversait l’esprit, Max constata qu’il trouvait dérangeant que Sophia Russo puisse être en train de sombrer lentement dans la folie.

— Pourquoi n’a-t-elle pas été démise de ses fonctions  ? demanda-t-il sur un ton un peu trop sec.

Par chance, Bart ne s’aperçut de rien.

— Elle fait très bien son travail, répondit-il. Mais sa date de péremption approche. Un de ces jours, elle va disparaître de la circulation comme tous les autres J-Psis avec qui j’ai travaillé au fil des années.

Alors que la voiture s’engageait dans les rues escarpées du centre de San Francisco, Max repensa aux derniers mots que Sophia lui avait dits et se sentit bouillonner de colère à l’idée qu’elle puisse avoir une « date de péremption ».

 

Sophia s’assit en face de la femme aux traits exotiques qui risquait bien de signer son ordre de rééducation une fois qu’elle ne serait plus jugée utile. Ça aurait dû l’inquiéter, au moins à un niveau intellectuel, mais Sophia n’était plus perturbée par grand-chose.

Si peu de temps après son reconditionnement, l’esprit d’une lucidité aveuglante, elle ne pouvait pas nier les faits  : les boucliers qui l’isolaient du PsiNet étaient en béton – pour la simple et bonne raison que tous les J-Psis étaient soumis à un entraînement impitoyable jusqu’à ce qu’ils maîtrisent ce talent –, mais les défenses télépathiques qui la protégeaient au quotidien étaient minces comme des feuilles de parchemin. Des perturbations de tout ordre étaient susceptibles de déclencher une vague mentale dévastatrice.

Les conséquences pouvaient aller du traumatisme et de la désintégration psychique à la mort.

La Conseillère Nikita Duncan leva la tête du dossier sur son bureau au moment où Sophia songeait qu’elle préférerait une mort subite et totale à un effondrement psychique. Il valait bien mieux partir dans un éclair de souffrance que se retrouver affaiblie et à la merci de ceux qui n’avaient aucune pitié. Elle s’était déjà retrouvée sans défense ; jamais plus elle ne tolérerait d’être dans une telle position.

— Mademoiselle Russo, dit la Conseillère Duncan d’une voix nette. Je crois savoir que vous étiez attendue au tribunal ce matin  ?

— C’était à 9 heures, dit Sophia sans hésiter. J’avais terminé et suis partie à 10 h 30.

— Vous avez donc pu lire le fichier que je vous avais envoyé par e-mail  ?

— Oui, je l’ai parcouru à bord du jet.

Elle ne précisa pas qu’elle avait passé l’essentiel du trajet à regarder la petite photographie numérique de l’homme avec qui elle allait travailler, un homme qu’elle n’aurait jamais pensé revoir vu le peu de temps qui lui restait à vivre.

La photo avait été prise plus tôt cette année-là, et Sophia avait eu le sentiment qu’il avait été en train de rire juste avant que le photographe appuie sur le déclencheur, ses yeux bridés illuminés de l’intérieur. Elle s’était surprise à être fascinée par la différence entre ce cliché et l’homme au visage grave qu’elle avait rencontré en sortant de la salle d’interrogatoire dans le Wyoming.

— Avez-vous des questions  ? demanda Nikita.

— Pas à ce stade… la mission me paraît simple.

À l’exception du fait qu’on lui avait assigné comme partenaire un humain qui éveillait chez elle des pensées non seulement impossibles, mais si scandaleuses qu’elle se demanda si elle ne s’était pas déjà engagée sur la route tortueuse qui menait à la folie irrévocable.

Le regard de Nikita devint dur et tranchant comme des éclats de jais.

— Avant que nous poursuivions, j’aimerais mettre une chose au clair… je ne veux pas « d’incidents » pendant que vous serez à mon service.

— J’ignore ce à quoi vous faites référence, Conseillère.

Sophia garda un visage neutre ; c’était une mise en scène, mais elle lui permettrait de rester en vie un peu plus longtemps. Assez longtemps pour reparler à Max Shannon, découvrir ce qui chez lui jetait sur les derniers fragments oubliés de l’âme et de la personnalité de Sophia des rais de lumière inattendus. En même temps, son alter ego lui chuchotait qu’il était intelligent, qu’il finirait par tout savoir à son sujet et se détournerait d’elle. Ça allait faire mal. Et la fillette brisée qu’elle était, le secret caché au-delà de Silence, en avait assez de souffrir.

— J’ai dit ce que j’avais à dire, déclara Nikita après une courte pause. Si vous enfreignez les règles, vous en paierez le prix.

Sophia en savait assez au sujet de Nikita pour comprendre que ce n’était pas une menace en l’air. Le bruit courait que la Conseillère était une contaminatrice capable d’infecter les esprits avec les armes psychiques les plus meurtrières qui soient – ainsi que cruellement douloureuses – si elle le voulait.

— C’est entendu. (Elle se leva et prit son agenda électronique.) J’ai tout de même une question qui n’est pas en rapport direct avec cette affaire.

Nikita attendit qu’elle poursuive.

— Aux dires de mon supérieur direct, c’est à moi spécifiquement que vous avez fait appel. (Sophia n’aurait pas imaginé que Nikita connaissait ne serait-ce que son nom.) Y avait-il une raison à cela  ?

— C’était plus logique de me servir de vous que de réquisitionner un J-Psi parfaitement fonctionnel, dit-elle sur un ton calme et pragmatique.

Mais il y avait un hic.

Sophia savait que Nikita mentait.

 

Le temps qu’ils arrivent à l’appartement après s’être arrêtés en chemin faire quelques courses, Max avait recentré ses pensées sur Bonner. Se forçant à mettre ce sujet de côté, au moins pour priver le fumier de la satisfaction de savoir qu’il avait de nouveau réussi à mener son monde en bateau, il fit le tour de l’appartement pendant que Talin jouait avec Morpheus, toujours contrarié d’être resté enfermé. Mais le recours aux biscuits pour chat et les caresses de Talin semblèrent avoir raison de la mauvaise humeur de la bête.

— C’est plus sympa que je ne m’y attendais, dit Max à Clay.

Une grande chambre à coucher, un salon, une cuisine et une salle de bains. Et il y avait des fenêtres.

— On dirait qu’enquêteur spécial paie mieux que détective. (Clay alla rejoindre Max à la fenêtre près du coin repas.) Belle vue d’ici. On a eu beaucoup de brouillard le matin ces jours-ci, mais ça donne des levers de soleil spectaculaires.

— Ouais. (Max baissa le ton.) Comment va Jon  ?

L’adolescent avait été enlevé, séquestré dans un laboratoire Psi et torturé avant d’être sauvé. Aux dernières nouvelles, il faisait tourner Talin et Clay en bourrique.

Clay se fendit d’un large sourire.

— Toujours aussi impertinent.

— Normal, alors  ?

— Ouais. Il a un faible pour l’une des jeunes femelles dominantes… pauvre gosse. Il ne se rend pas compte qu’elle le ménage en se retenant de lui botter les fesses.

Max sourit, submergé par une vague de soulagement.

— Je parie qu’elle le trouve adorable.

Clay ricana.

— Je crois que ce qu’elle pense est plutôt de l’ordre de  : « mince, c’est un bébé, je ne peux pas le blesser. »

— Aïe. (Max tressaillit, pris de compassion pour l’adolescent.) Ça pique.

— Comme tu dis. (Clay arbora un air très félin.) N’empêche qu’il est d’une détermination à toute épreuve. Qui sait, d’ici quelques années…

— Max  ?

Se retournant au son de la voix de Talin, il constata que Morpheus ronronnait sur les genoux de la jeune femme. Cet ingrat de chat de gouttière ne ronronnait jamais pour lui. Max n’avait droit qu’à ses feulements et son dédain.

— Ouais  ?

— Tu veux que je l’emmène chez nous  ? (L’inquiétude se lisait sur son visage expressif.) Il n’a pas l’air d’un chat d’intérieur.

Max grimaça pour Morpheus.

— C’est le moins qu’on puisse dire. Il trouvera le moyen de sortir avant la fin de la journée.

Et reviendrait sans doute avec quelques cicatrices à ajouter à sa collection déjà impressionnante.

Talin gratouilla le chat félon derrière les oreilles. Morpheus roula les yeux de plaisir.

— Bon, s’il est en manque d’espaces verts, tu sais où j’habite, dit-elle avec l’air de douter des affirmations de Max.

— Le passe-temps préféré de Morpheus consiste à fouiller les poubelles… je pense qu’il ferait un anévrisme dans une forêt, marmonna Max. Je rêve ou il ronronne  ?

— Bien sûr qu’il ronronne. Je sais caresser les félins dans le sens du poil, dit-elle, jetant un coup d’œil sensuel à son compagnon.

Max bascula sur ses talons avec la nette impression d’être un voyeur. Et pour être honnête, il était aussi un peu envieux. Il aurait donné son bras droit pour avoir la même chose… pour aimer et être aimé en retour. Mais il était incapable d’une telle vulnérabilité, et il avait l’honnêteté de le reconnaître, de ne jamais faire des promesses qu’il ne pouvait pas tenir.

Une femme l’avait embrassé sur la joue lorsqu’ils s’étaient séparés et lui avait dit  : « Tu as jeté la clé de ton cœur il y a longtemps, n’est-ce pas Max  ? »

Il avait souri cette nuit-là, car c’était une femme qu’il respectait et qui était restée une bonne amie, mais il s’était demandé après coup s’il avait jeté la clé ou si la serrure était irrémédiablement bloquée.

La sonnette discrète de la porte d’entrée le tira de ses pensées.

— J’y vais.

Il traversa la pièce pour aller ouvrir.

Et il sut qu’il l’attendait depuis l’instant où il avait mis les pieds dans cette ville de brume sur la baie.