Sous l'histoire de la psychanalyse, celle des filiations et des ruptures, des transferts qui n'en finissent pas de se liquider et des narcissismes jamais las de faire valoir leurs petites différences, sous l'histoire souvent criante des affrontements et des scissions, il y a la géographie. Un French Freud, à en croire du moins l'université de Yale. Une psychanalyse « à l'américaine », qui nous a longtemps servi de repoussoir et donc dispensé d'aller y voir : un « moi autonome », pensez donc ! Existe-t-il une psychanalyse anglaise ? On est d'abord tenté de répondre par la négative, tant la géographie intra-analytique paraît prévaloir sur celle du sol culturel. Entre les disciples de Melanie Klein qui, il faut le reconnaître, imposent plus qu'ils ne proposent un système de pensée venant doubler ce qu'ils conçoivent comme un système fantasmatique, et les tenants d'Anna Freud, toujours soucieux d'étayer leur strict point de vue génétique sur l'observation directe, le fossé est depuis plus de trente ans considérable. Si la cohabitation au sein d'une même institution l'a finalement emporté sur le clivage patent, si la guerre chaude, puis froide, entre les deux blocs a laissé place aujourd'hui à une détente vigilante, l'opposition demeure active. Opposition dans la théorie, la technique, la visée de la cure comme dans l'extension des zones d'influence, opposition toujours prête à se raviver malgré l'existence de ce qu'on a appelé le middle group dont Winnicott fut un des animateurs. Or, dans ce groupe médiateur et particulièrement inventif (en font partie aujourd'hui, entre autres, Marion Milner et Masud Khan), on peut voir une modalité de l'espace transitionnel, un terrain de jeu situé à bonne distance de l'emprise des parents-maîtres. L'école anglaise de psychanalyse, c'est peut-être ceux qui ne se réclament d'aucune école.
Pourtant l'observateur étranger leur trouve bien quelque chose de commun à ces familles déchirées ! L'occasion m'a été donnée, ces dernières années, de participer à une série de rencontres avec des collègues anglais de diverses tendances. Chaque fois, j'en revenais avec l'impression qu'il y avait bien, au-delà de la disparité des modèles de référence et des personnes, une manière « anglaise » de pratiquer, de penser et de vivre l'analyse. Vouloir préciser cette impression, c'est évidemment risquer à la fois le schématisme réducteur du dénominateur commun, l'idéalisation propre à ce qui dépayse juste ce qu'il faut (le week-end à Londres...), c'est surtout engager à l'objectivation trompeuse de ce qui n'a d'effet que dans l'actualité de la rencontre. Car il en est des échanges entre analystes comme de ceux entre l'analyste et ses patients. L'écrit seul est impuissant à lever un refoulement, à faire émerger une vérité, à éveiller à la parole une aire, jusque-là opaque, de sensibilité. Esquissons quand même à grands traits ce qui spécifie à mes yeux la psychanalyse anglaise. Commençons par dissiper un préjugé dont notre parisiano-centrisme nous fait un titre de gloire1.
Les analystes anglais, à jamais englués dans leur tradition empiriste, seraient de piètres théoriciens. Pour un peu, on couperait en son milieu la proposition fameuse qui leur tient lieu de philosophie : nihil est in intellectu quod non sit prius in sensu. Rien dans l'intellect : d'où l'étayage laborieux sur la case history, l'abondance des références bibliographiques (1937 c, 1972 a...) attestant du sérieux et de la modestie « scientifiques », le recours à des citations sans surprises du Freud de l'édition dite Standard (I quote, End of the quote...), d'où, enfin, pour donner le personal touch, l'appel au vécu, sous la rubrique désormais obligatoire du contre-transfert : « At that moment, I felt deeply embarrassed, then I progressively realized that my patient wanted me to feel the way his mother had made him feel... »
Acceptons un moment cette caricature. Il est vrai que les analystes anglais se montrent méfiants envers la théorie qui s'énonce sans contrepoids. Nous le sommes aussi, en France, mais dans notre fauteuil, dénonçant alors comme tout un chacun l'intellectualisation du patient qui prend les mots pour les choses ; mais, une fois sur l'estrade, c'est une autre affaire ! Se refuser à faire l'économie du matériel clinique n'implique pourtant nul ancrage dans un positivisme – les faits d'abord, seulement les faits –, positivisme que la nature même de l'objet psychanalytique – imaginé, construit, transféré d'un lieu à l'autre, d'une parole à l'autre – exclut nécessairement. Non, l'insistance mise sur la clinique ne témoigne pas d'une incapacité à théoriser. J'y vois au contraire une incitation à nous dégager de l'opposition classique, reçue sans pertinence en psychanalyse, entre théorie et pratique. J'y vois aussi un vœu, certes nourri pour une part d'illusion : « Assez discuté maintenant des précurseurs du surmoi ou de l'identification projective. Si nous disions ce que nous faisons, ce qui s'est enregistré en nous (pas sur la bande d'un magnétophone ou la feuille de papier) de cette séance, de ce temps d'analyse. » Ce n'est pas là la « vignette clinique » ou le fragment de discours associatif qui vient à point nommé illustrer la thèse préconçue. Ce serait tout au contraire tenter de rendre l'autre témoin du travail qui s'effectue entre ce patient et cet analyste, entre eux et en chacun d'eux. Tâche impossible et vaine, dira-t-on : il n'y a pas de transposition, surtout quand elle se prétend honnête, qui ne soit travestissement et résistance. Soit. Mais alors pourquoi tant de colloques, de revues et de livres ? Simplement pour se remonter le moral ? Je n'en crois rien.
Un mot ancien, de Lagache, m'est revenu en entendant – en entendant, plus qu'en lisant – mes collègues anglais : « La théorie, pour un psychanalyste, c'est l'ensemble des solutions qu'il tente de donner aux problèmes que lui posent ses patients. » Définition qui, à l'époque, m'avait paru, d'une part, trop imprégnée du modèle inductif de la science pour être acceptable, et, d'autre part, trop éluder la précession de la théorie freudienne sur l'instauration même de la situation analytique. Mais, aujourd'hui, je lui donnerais une portée différente.
Le pluralisme actuel des « théories » psychanalytiques – à la limite, chacun la sienne, ce que Jean Laplanche a appelé la « petite métapsychologie portative » – n'est pas à comprendre comme un éclectisme sans principes, pas plus qu'il n'appelle la synthèse. Car ce n'est pas seulement avec son objet qu'une théorie qui se voudrait unitaire serait contradictoire, c'est avec les conditions mêmes de déclenchement et d'opération de l'activité de pensée propre à la psychanalyse. Le fait est qu'une œuvre psychanalytique ne nous parle que si elle garde en elle, à tout le moins dans son mouvement, des traces de ce qui l'a rendue nécessaire. Sous le récit de rêve, le travail du rêve. Sous et dans l'écrit, le travail de la pensée. Et, dans la pensée, l'exigence de la pulsion. L'appareil théorique ne saurait être une batterie conceptuelle dont l'analyste serait armé ; il est métaphore de l'« appareil psychique », il est aussi « librement en suspens » que l'attention, aussi ouvert à ce qui en détraque le bon fonctionnement. Une théorie unitaire n'est en définitive que fantasme d'omnipotence, lui-même omnipotent.
Mais, si la situation analytique est un laboratoire, elle n'est pas exemplaire. Là se situe, je crois, une autre différence sensible entre analystes anglais et (certains) analystes français. Voyez le sort qu'on a fait ici à la formule lacanienne – et cette fois, à coup sûr, strictement freudienne : « la guérison, bénéfice de surcroît ». L'adopter signifierait qu'on se soucie de son patient comme d'une guigne. La récuser, qu'on discrédite l'interprétation – qui peut faire mal – au profit de la réparation, ou encore qu'on assimile la fin de l'analyse avec un état de bien-être. La question n'est pas là, car quel analyste se reconnaîtrait dans l'une ou l'autre de ces attitudes ? Mais peut-être parce qu'ils se risquent à prendre en traitement des patients plus « malades » que les nôtres, peut-être parce qu'ils ont en eux un souci de care qui se retrouve dans toutes leurs institutions, et pas seulement médicales, peut-être enfin parce que la psychanalyse n'a aucune chance chez eux de se diluer dans la culture ambiante et le discours du temps, les Anglais ne risquent pas de dissoudre celui ou celle qui s'est confié à eux en une machine à associer, en une combinaison d'instances ou une combinatoire de signifiants. Un nourrisson, a pu dire Winnicott, ça n'existe pas : ce qui existe, c'est la relation entre cette mère et cet enfant, dans une interaction mouvante des besoins et des réponses. Un « analysant », ça n'existe pas davantage. Or, à lire certains analystes français, à entendre surtout une certaine population « divanisée », on a souvent le sentiment que poursuivre une analyse confère au sujet l'attribut de quelque substance divine. Avatar moderne du cogito : je suis en analyse, donc je suis. Mais il n'y a que l'analyste à être en analyse sa vie durant... L'humour d'un Winnicott, nous rappelant que la psychanalyse n'est pas a way of life, pourrait bien alors être de saison.
Chacun s'accorde pour affirmer que la psychanalyse – pas plus l'« anglaise » qu'une autre – ne propose un idéal de normalité psychique. Mais elle n'offre pas davantage le modèle d'un fonctionnement mental ou d'un type d'être. D'où l'insistance de Winnicott à dénoncer la complaisance soumise envers tout code – social, parental, ou interprétatif – , à faire dériver l'analyse telle qu'il l'aime d'un jeu sans règle et qui s'invente, qui peut se poursuivre aussi quand la partie est finie. Car la seule différence entre l'analyse et les autres « thérapies » tient sans doute en ceci : le processus qu'elle a déclenché continue à opérer. On garde – parfois on acquiert – le droit d'être malade, mais on gagne aussi la possibilité de se guérir soi-même.
Winnicott, c'est une nourrice, c'est la maternisation universelle, le père ne brille que par son absence, pas trace de libido : propos de freudiens intransigeants. Admettons : on peut le lire ainsi. Mais, d'abord, il suffit de critiquer un auteur pour ce qu'il dit ; il n'y a jamais, à mon sens, à lui faire grief de ce qu'il ne dit pas. Ensuite, il convient de différencier la réponse théorique proposée – construction conjecturale – et l'expérience qui l'a suscitée. Or, dans le cas de Winnicott, il me semble que la théorie, qu'il a largement développée jusque dans le détail, de l'« environnement facilitant », de la « mère suffisamment bonne », etc., est seconde à une intuition née, elle, de la clinique analytique. Ce qui ressort en effet à l'évidence de son livre Jeu et réalité, ce qui ne cesse de s'y dire, sous une forme qui prend parfois le risque de la naïveté, c'est qu'il ne suffit pas de ne pas souffrir de symptômes, d'avoir des relations sexuelles satisfaisantes, de rêver la nuit et d'être actif le jour pour se sentir être et vivre. Observation on ne peut plus banale, oui, tant qu'elle n'est qu'une observation, mais qui peut être décisive quand elle est perçue au sein même de la situation analytique, à savoir là où la permanence et la fixité du cadre ont paradoxalement pour effet de brouiller toutes les frontières : entre le passé et le présent, le moi et l'autre, le dehors et le dedans, la parole et le corps. Seules ces conditions de brouillage peuvent faire apparaître au principe du fonctionnement mental ce que Winnicott nomme la dissociation primaire.
Qu'on se réfère, par exemple, au texte intitulé Rêver, fantasmer, vivre où cette idée est particulièrement mise en évidence2. Le titre, à soi seul, dit déjà la visée : non pas le rêve et le fantasme, non pas ce qui, produit de l'activité mentale, serait objet d'analyse, mais l'activité mentale elle-même. Du coup, la perspective se déplace : il s'agit d'abord de déterminer la fonction que remplit dans l'économie psychique tel ou tel processus de pensée ; dans le cas clinique évoqué, qui a valeur de prototype, le fantasying était un phénomène isolé et statique, se contentant d'« absorber de l'énergie » : la majeure partie de l'existence de la patiente en question se situait là « où elle ne faisait absolument rien3 ». Il s'agit ensuite de repérer, au plan topique, le lieu psychique où les représentations sont effectivement actives ; il y a une surproduction de rêves qui peut être le contraire d'une capacité de rêver, comme il y a une hyperactivité dans le réel à l'antipode de l'action. Conséquence paradoxale : le dreaming et le living, généralement opposés, se retrouvent ici du même bord, en tant qu'ils témoignent d'une possibilité créatrice.
On voit le changement d'orientation. La pensée psychanalytique reste le plus souvent dépendante à la fois de l'agencement des relations d'objet et de l'emboîtement des instances psychiques. Or la prégnance de l'objet risque toujours d'effacer ce qui est à l'œuvre dans la relation. Et la topique des instances, dans ce qu'elle comporte de machinerie (le moi, le surmoi, etc.), risque toujours de recouvrir la topique singulière de chaque sujet, à savoir l'organisation de son propre espace psychique, la configuration concrète et secrète de ses lieux d'inconscient. Winnicott lui-même a été, à mon sens, victime de ce mode de pensée : il suffit de comparer le sort qu'on a fait à sa trouvaille de l'objet transitionnel et la difficulté que nous avons à intégrer, dans notre théorie et dans notre pratique, sa conception, pourtant d'une plus grande portée, de l'espace potentiel – ni objet, ni instance.
J'ai dit que sa théorie du développement était seconde à une intuition plus fondamentale. Intuition qui s'énonce d'une façon aisément critiquable dans l'opposition d'un « vrai soi » et d'un « faux soi », d'une façon qui peut paraître banale dans l'affirmation d'une alliance psyché-soma, d'une façon enfin qui semble faire retour à un temps préanalytique, avec l'insistance mise sur l'être (comme si le négatif n'opérait pas en nous), sur le vivre (comme si le travail de la mort n'était pas toujours actif), voire sur la santé (comme si nous n'étions pas tous des animaux malades). Pourtant l'essentiel de Winnicott vient bien se déposer là.
Que l'on considère notamment comment Winnicott s'est de plus en plus détourné du kleinisme. Parler de « mère » au lieu de « sein », c'était déjà marquer que l'objet partiel sein est, pour ainsi dire, prélevé sur une réalité infiniment plus large : la mère, c'est, dès les premiers jours, autre chose qu'un sein qui nourrit, se donne ou se refuse, c'est un bain de paroles, ce sont regards, sourires, contacts, des bras qui tiennent – ce qu'on appelle, faute de mieux, l'environnement. Et ce handling, ce holding, qui pourrait déterminer si, pour la mère comme pour l'enfant, cela relève du psychique ou du corporel ? Autrement dit, la mère, avant d'être un objet, est cet entour indivis. Il en est de même pour ce qui pourra se dénommer plus tard une psyché : avant d'être réceptacle d'objets, elle est espace. La radicale et nécessaire bipartition entre le dehors et le dedans, entre un monde interne et un monde extérieur, a aussi sa face négative : elle risque de nous couper à jamais de ce temps et de cet espace indivis où l'enfant crée sa mère autant qu'elle le crée.
« Psyché est étendue ; n'en sait rien. » Bien que Winnicott ne cite pas cette note de Freud4, peut-être n'est-ce qu'avec lui qu'elle cesse d'être une énigme pour prendre corps. Je ne vois donc pas dans le concept de « mère suffisamment (ou insuffisamment) bonne » une reprise sous d'autres mots, à la fois nuancés et plus distants de la fantasmatique kleinienne du « bon » et du « mauvais » objet. Il s'agit de tout autre chose. Car ce qui est en cause, ce n'est plus l'incorporation d'un objet, dans son trop de présence, positive ou négative, c'est la constitution progressive de l'absence. La mère absente fait notre intérieur et notre « vrai soi » est la relation maintenue vivante, avec cette absence, sans quoi le sentiment d'être et de vivre fait défaut.
Une invention en psychanalyse n'est jamais une technique. Elle n'est féconde que pour son auteur Le squiggle game, par exemple. « Je commence ; main tenant c'est ton tour. À toi de jouer ; à moi. » Oui, mais pas pour marquer des points, pas pour que l'un impose son jeu à l'autre afin de l'y prendre et de l'y enfermer ; non, un jeu pour chercher ensemble ce que nous ignorons. Mêlons, démêlons le tien du mien. En fait, toute une conception de l'échange – ou, si l'on veut, de la circulation des « signifiants » entre deux sujets – est à l'œuvre dans ce jeu, qui est bien le contraire d'un test projectif. Une partie de squiggle avec Winnicott, on peut regretter d'avoir manqué ça !
Pourtant, tout lecteur peut en trouver un équivalent dans le mode d'échange qui s'instaure avec l'auteur dans certains écrits – les derniers surtout. Car il y a parfois chez Winnicott une transition du squiggle à l'écriture ; ce n'est assurément pas un auteur facile à suivre, mais encore moins à précéder. Trouvaille géniale et développements laborieux, affirmations toutes simples, mais comme peuvent l'être certaines interprétations (« comment n'y avais-je pas pensé ? »), détours qui éloignent apparemment de l'analyse et ramènent soudain au cœur de la séance qu'on vient de vivre... On comprend qu'il ait dérouté ses savants collègues, même si la figure de l'original fait partie de la tradition britannique.
Parti d'une image globale de la psychanalyse anglaise, j'en suis venu, sans même percevoir le passage, à évoquer Winnicott. Il n'est pas pourtant toute la psychanalyse anglaise, loin de là, il est même plutôt seul, mais toujours « seul avec quelqu'un ». Peut-être même n'aura-t-il aucun successeur, personne pour se réclamer de lui. Et c'est très bien ainsi. Avec les maîtres, la psychanalyse peut survivre quelque temps. Sans marteau ni maître, elle a une chance de vivre indéfiniment.
Peut-être aussi n'ai-je fait, croyant définir quelques-uns des traits de sa pensée, que faire allusion – comme au squiggle – à ma propre situation. Paris-Londres : souhaitons que ce ne soit pas seulement, pour les analystes français, l'occasion de changer de miroir.
1 On trouvera un exemple remarquable de cette attitude dans un article du numéro de Critique consacré à la « psychanalyse vue du dehors ». On y voit dénoncé avec mordant le « complexe idéologique anglais ». En gros, ce complexe a le tort de ne pas être le nôtre, Winnicott en particulier celui de ne pas s'appeler Lacan. Puisque l'inconscient n'est pas défini comme « un opérateur langagier, générateur d'une tropologique, d'une opération signifiante mettant le sujet en procès » (sic et etc.), l'auteur en infère qu'il (l'inconscient) n'a pas droit de cité « sur les rives anglaises ».
2 Chapitre II de Jeu et réalité, Gallimard, 1975.
3 Op. cit., p. 44.
4 Cf. S. Freud, Résultats, idées, problèmes, II, P. U.F. 1985, p. 288.