Heureusement, elle ne risquait pas de commettre pareil impair avec M.
Potts, le vieux jardinier de la famille. Il avait sa propre clé et, habitant
tout près, venait quand bon lui semblait. Il accepterait peut-être de lui
tondre une ou deux pelouses si elle le lui demandait, mais ce n'était pas
une bonne idée. M. Potts se faisait vieux, et ce n'était certainement pas à
lui de réparer ses erreurs !
Mais qui allait s'en charger ? Elle avait déjà parcouru le petit livre noir où
Melanie notait les adresses de divers manœuvres et artisans, mais aucun
ne s'occupait d'entretien de jardins.
Byron, en la circonstance, aurait certainement passé un coup de fil aux
voisins pour leur demander qui ils employaient. Mais Ava hésitait à le
faire, persuadée qu'ils se moqueraient d'elle dans son dos. Ce qu'ils
faisaient sans doute déjà... « Pauvre petite Ava, qui essaie de gérer les
affaires de la maison à elle seule. Byron aurait-il perdu la raison ? »
Un frisson la parcourut.
Non, il lui faudrait regarder dans les pages jaunes, et tenter sa chance.
Que risquait-elle ? Seulement de tomber sur quelqu'un qui faisait mal son
travail. Auquel cas il lui suffirait de renvoyer cette personne, puis de
trouver d'autres coordonnées.
Redressant le menton, Ava se dirigea vers la cuisine et tira les annuaires
du tiroir où ils étaient rangés. Après quelques minutes, elle fronça les
sourcils. Elle ne s'était pas imaginé trouver autant d'entreprises de
jardinage. Elle hésitait sur le choix d'un nom lorsqu'une annonce
encadrée, en haut de la page, retint son attention.
« Entreprise de jardinage et d'entretien Morelli. Aucun travail n'est trop
modeste ou trop imposant pour nous ! Tarifs imbattables, ouvriers
qualifiés. »
— Morelli, dit-elle à voix haute, satisfaite par la sonorité du nom.