Mais elle en savait plus sur ce dernier. Comme le fait que son véritable
nom était Stefan. Elle avait découvert cette information après sa mort, sur
cette vieille photographie dénichée dans les affaires de celui-ci, où on les
voyait, Mary Bell et lui. D'ailleurs, maintenant qu'elle y pensait, elle se
souvenait avoir confié ce cliché à son mari...
— Nathan, tu ne m'as jamais rendu cette photo. Tu sais, celle de ma mère.
— Celle que tu crois être ta mère.
Une nouvelle fois. Gemma fronça les sourcils.
— Pourquoi dis-tu cela ? Le détective privé a-t-il avancé dans son enquête
? Sais-tu quelque chose que j'ignore ?
— Qu'est-ce qui te fait penser ça ?
Gemma savait que Nathan éludait souvent une question gênante en
interrogeant à son tour son interlocuteur. Aussitôt, une sonnette d'alarme
retentit dans son esprit.
— Je ne sais pas, répondit-elle d'un ton hésitant. Mon instinct. Tu aimes
prendre des décisions à ma place, après tout... Ça ne m'étonnerait donc
pas que tu me caches quelque chose parce que tu t'imagines que c'est dans
mon intérêt.
Elle lui jeta un regard interrogateur et, comme il ne répondait pas, fut
prise d'un affreux soupçon.
— Tu n'as pas fait ça, n'est-ce pas ? Tu sais à quel point il est important
pour moi de connaître l'identité de ma mère. Tu le sais, Nathan ?
— Bien sûr, ma chérie, dit-il d'une voix plus douce, l'attirant de nouveau
dans ses bras.
La sirène d'alarme, dans son esprit, se fit plus stridente. C'était le plan B
de Nathan lorsque son plan A échouait : faire l'amour à cette petite idiote
pour la faire taire.