— Je ne ferais jamais rien qui puisse te faire souffrir, reprit-il, enjôleur.
Tu le sais.
Les lèvres de Nathan conquirent les siennes et, à son grand dam, elle
sentit son pouls s'emballer. Mais son inquiétude s'avéra plus forte que son
désir de se perdre dans ce noir abîme de désir qui s'ouvrait au plus
profond d'elle-même. Elle se recula donc, et jeta à son mari un regard
courroucé.
— Ça ne marchera pas, cette fois. Je n'ai pas envie de faire l'amour. Tout
ce que je veux, c'est savoir ce que tu me caches. Ce que tu sais et que
j'ignore.
Nathan leva vers elle un regard clair et franc, dans lequel Gemma ne put
déceler la moindre trace de culpabilité.
— Je sais tout un tas de choses que tu ignores, Gemma. Mais rien que tu
voudrais savoir, je te le promets.
— Tu jures sur la tombe de ta propre mère que tu ne connais pas l'identité
de la mienne ?
L'ombre d'un sourire étira les lèvres de son mari, mais il acquiesça.
— Je le jure. Tu es contente ?
Gemma laissa échapper un soupir de soulagement, cependant elle ne put
se départir complètement de son inquiétude. Il lui avait peut-être dit la
vérité à l'instant, mais cela ne signifiait pas qu'il l'avait toujours fait, ou
qu'il le ferait toujours.
— Je vais lire ma lettre, marmonna-t-elle.
Tournant les talons, elle prit le chemin de sa chambre. Nathan ne fit pas
mine de la suivre, ce qui lui ôta un énorme poids des épaules. Elle ne
savait pas, en effet, comment elle aurait réagi s'il avait de nouveau tenté
de la séduire. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis une semaine, et elle
savait qu'elle ne pourrait lui résister indéfiniment.