— Oui ! répondit-elle alors qu'il l'entraînait à terre et commençait

fébrilement de la déshabiller.

Mais plus tard, alors qu'elle gisait sous le corps puissant de son mari et

qu'elle écoutait le désir mourir dans son souffle rauque. Gemma se sentit

prise d'une intense rancœur à l'égard de Nathan. Pourquoi avait-il un tel

pouvoir sur elle ? D'un claquement de doigts, il était capable de la

transformer en marionnette docile et obéissante. Etait-ce l'amour ou une

lutte force, noire et dangereuse mais tout aussi puissante ? Une force

destructrice pareille à un orage, qui ne trouvait d'exutoire que dans un

déchaînement élémentaire ?

A l'inverse d'un orage, cependant, le soleil ne se levait pas après coup sur

un paysage apaisé. Gemma ne se sentait jamais apaisée après leurs

étreintes. Au contraire, elle avait l'impression d'être plus tendue que

jamais.

Nathan roula bientôt sur le côté et elle enfouit son visage au creux de son

bras, se tournant pour ne pas le voir. Pourtant elle devinait qu'il avait

commencé à remettre ses vêtements en place.

— Je vais te faire couler un bain, annonça-t-il d'une voix qui semblait

lointaine.

Il se leva, et Gemma en fit autant.

— Non, soupira-t-elle. Ce n'est pas la peine. Je préfère prendre une

douche.

— Comme tu voudras. Appelle-moi quand le dîner sera prêt. Je serai dans

mon bureau.