3.

Ava, en fin de compte, fut soulagée que Byron ne fût pas rentré à la

maison, car il n'aurait pas manqué de faire un commentaire désobligeant,

le matin venu, sur sa nervosité inhabituelle.

Elle n'essaya même pas de se convaincre que la venue de Vince Morelli ne

justifiait pas une telle excitation. Elle le savait déjà. Mais c'était soudain

comme si l'un de ses fantasmes prenait corps.

Elle hésita longuement sur la tenue à porter. Un coup d'œil par la fe nêtre

lui indiqua que la journée allait être ensoleillée, comme c'était souvent le

cas en septembre à Sydney. La brise venue de la mer empêcherait

cependant la température de monter au-delà d'une vingtaine de degrés.

Ava opta donc pour un pantalon noir qu'elle avait acheté récemment dans

une boutique pour les femmes rondes, et dont la coupe dissimulait

parfaitement ses défauts.

Et des défauts, elle n'en avait que trop selon elle ! Même si son nouveau

rôle de maîtresse de maison lui avait récemment fait perdre quelques kilos

sans qu'elle eût besoin de faire le moindre régime. Il fallait dire qu'elle

n'avait plus guère de temps pour s'empiffrer de sucreries.

Elle fut cependant surprise, en passant le pantalon, de constater que sa

taille ne sollicitait pas autant la résistance de l'élastique que d'habitude.

Surprise, elle alla se regarder dans le miroir fixé au dos de la porte de son

placard, chose qu'elle n'avait pas osé faire depuis une éternité.

Ce qu'elle y vit la sidéra, et la réjouit. Elle n'était pas si grosse, après tout.

Certes, la taille mannequin était encore loin. Mais ses hanches, ses fesses

et ses mollets s'étaient raffermis et précisés. Quant à ses seins, ils