— Ça ne fait pas de mal de s'y prendre à l'avance. Ta mémoire est une

vraie passoire.

Ava se hérissa, mais répondit du ton le plus calme qu'elle put :

— Je ne peux pas y aller aujourd'hui. J'irai demain.

— Qu'est-ce qui t'empêche d'y aller aujourd'hui ? voulut savoir Byron.

Ava s'apprêtait à inventer une excuse, lorsqu'un instinct rebelle la poussa

à dire la vérité. Ou du moins, une partie de la vérité.

— J'ai fait venir quelqu'un pour tondre les pelouses. Et lorsqu'il aura

terminé, j'aimerais discuter avec lui d'autres travaux d'entretien.

— Mais... il n'est pas censé venir le lundi ?

— Ce n'est pas la même personne. J'ai renvoyé l'autre au profit de

quelqu'un de plus... polyvalent.

Ava n'était pas mécontente que Byron ne fût pas là pour la voir rougir.

C'était bien la première fois que le mot « polyvalent» prenait un sens

coupable dans son esprit.

— Tu as engagé quelqu'un ? dit Byron, apparemment soufflé par la

nouvelle. Sans m'en parler d'abord ?

En silence, Ava compta jusqu'à dix avant de répondre :

— Melanie n'en discutait pas avec toi ; pourquoi le ferais-je?

— Melanie était compétente. Alors que, toi, tu es...

— Tout aussi compétente. Ou du moins je le serai bientôt si tu arrêtes de

fourrer ton nez partout.

— Ava !

— Oh, ça suffit, Byron. Tu commences à m'échauffer les oreilles.

— A t'échauffer les oreilles ?