— Arrête de répéter tout ce que je dis, enfin ! Ecoute, je sais que tu me
prends pour une incapable. Tu me l'as assez répété. Mais tu te trompes. Je
suis douée.
— Bien sûr que tu es douée. Tu es une Whitmore !
— Et je suis ta sœur, lui rappela Ava, sachant que le point faible de Byron
était son attachement à la famille.
Puis, changeant brusquement de sujet, elle demanda :
— Tu as passé une bonne soirée avec Catherine ?
Si elle n'avait pas tant redouté sa réponse, elle aurait ri de l'ébahissement
audible de son frère.
— Si j'ai passé... Eh bien, je... oui.
Ava n'aurait su dire si le manque d'enthousiasme de ce « oui » était dû à la
réticence de Byron à répondre, ou au fait qu'il mentait. Elle espérait
sincèrement qu'il s'agissait de la dernière hypothèse, et que son frère
commençait de comprendre que Catherine n'était pas une femme pour lui.
Mais dans ce cas, pourquoi l'invitait-il à l'Opéra dans deux jours ?
— E coute, Ava, à propos de ce type que tu as engagé... Comment l'as-tu
trouvé ?
— On me l'a recommandé, mentit-elle effrontément. Tu ne me crois pas
complètement idiote, tout de même ? Je dois te laisser, maintenant. M.
Morelli doit avoir fini les pelouses de derrière, et je veux vérifier qu'il a
bien taillé l'herbe au bord de la terrasse avant de le laisser s'attaquer au
reste.
— Tu... tu as l'air de savoir ce que tu fais...
— C'est le cas, Byron. Au revoir.
— Au... au revoir...