— Seigneur, non ! Elle s'est mariée il y a quelques semaines. Depuis, je

fais son travail. Sans grand succès, aux yeux de mon frère...

— Malgré toute ma sympathie pour les grands frères, puisque je fais moi-

même

partie

de

cette

catégorie

martyrisée,

le

vôtre

m'a

l'air

particulièrement carabiné. J'ai l'impression que je ne m'entendrais pas

forcément avec lui. Bon, à quel autre endroit dans cette maison pourrai-je

trouver du désinfectant ?

— Il y en a dans ma salle de bains, à l'étage, mais c'est...

— A l'étage. Parfait. C'est donc là que nous allons !

Sans lui laisser le temps de répondre, il la prit de nouveau dans ses bras

et se dirigea vers le hall.

— Je connais le chemin, expliqua-t-il d'un ton enjoué. J'ai vu l'escalier en

allant chercher le brandy.

— Vous n'allez pas me porter jusqu'en haut ! protesta Ava. Je... Je suis

trop lourde !

Vince lui décocha un regard surpris.

— Lourde, vous ? Vous êtes minuscule !

— En taille peut-être, marmonna-t-elle. Pas en poids.

— Bravo, vous n'êtes pas anorexique. Croyez-moi, c'est une qualité

appréciable à notre époque. De plus, nous autres Italiens aimons les

femmes avec des formes. Vous ne le saviez pas ?

Ava se crispa, parfaitement consciente qu'il s'agissait là d'un badinage

tout à fait anodin. Pourtant, à son grand dam, elle se sentit frémir de la

tête aux pieds. Il lui fallait faire attention, sous peine de perdre de vue la

réalité et la vraie nature des paroles de Vince : elles étaient destinées à la

réconforter et rien d'autre.