— Elles doivent se passer le mot, poursuivit-il comme s'il ne l'avait pas
entendue. Une fois qu'elles ont déniché un employé jeune et relativement
séduisant, elles se battent pour solliciter ses services sous un prétexte
quelconque. Et le premier indice du fait que vous ne venez pas pour
réparer un robinet qui fuit, ou tondre les pelouses, ou nettoyer la piscine,
c'est lorsqu'elles vous ouvrent la porte tout apprêtées. Parfum, bijoux,
tenue sexy... La totale !
Ava sentit sa gorge s'assécher lorsqu'elle se rappela le soin qu'elle avait
mis à se préparer, et le regard que Vince avait posé sur elle quand elle
avait ouvert la porte. Seigneur, il avait vraiment cru qu'elle voulait le...
le...
— Après quoi, enchaîna-t-il avec un rictus narquois, elles vous demandent
de les appeler par leur prénom. Ensuite, elles tournent autour de vous
pendant que vous travaillez, puis elles essaient de vous faire rester sous
prétexte de prendre un verre ou une douche. On m'a même proposé de
piquer une tête dans la piscine pour me rafraîchir. Et si vous êtes assez
stupide pour accepter, vous avez franchi une ligne invisible, mais il est
trop tard pour reculer. Si vous essayez, vous êtes sûr de perdre un client et
de ruiner votre réputation.
— Vraiment ? dit Ava d'une voix involontairement aiguë.
Elle n'aurait su dire si elle était choquée ou fascinée par toutes ces femmes
qui laissaient libre cours à leurs fantasmes. Même si elle ne cautionnait
pas, bien sûr, un tel comportement ! Mais il y avait quelque chose
d'excitant dans les situations que Vince décrivait.
— Eh oui, vraiment, confirma-t-il. Et voilà pourquoi, quand vous m'avez
ouvert ce matin... Enfin, je me suis déjà excusé, et maintenant que je vous
ai tout expliqué, je pense que nous en avons fini avec le sujet, n'est-ce pas
?