Ava ne put qu'acquiescer, et Vince sourit avec un soulagement visible. Elle
ne put s'empêcher de se demander, cependant, s'il avait déjà accepté l'une
de ces propositions, franchi cette ligne invisible. Son mépris pour une telle
attitude laissait penser que non. Mais ce que la mère de Vince avait dit au
téléphone laissait supposer qu'il ne menait pas pour autant une vie
monacale !
Sentant ses pensées glisser de nouveau sur une pente dangereuse, Ava se
redressa brusquement en position assise.
— Qu'est-ce que vous faites ? la tança Vince, la repoussant doucement sur
le divan. Vous n'êtes pas prête à vous lever. Et vous auriez dû ôter vos
chaussures.
Ava se raidit comme il joignait le geste à la parole et la débarrassait de ses
sandales à talons hauts.
— Il y a du sang sur celle-là, déclara-t-il. Je vais aller la nettoyer. Et il y
en a aussi sur votre chemisier. Nous ferions bien de le mettre dans l'eau,
sans quoi la tache ne partira jamais. Je vais vous chercher de quoi vous
changer.
— Non ! Je veux dire... je...
Il poussa un soupir, et lui décocha un regard narquois :
— Franchement, Ava. Je comprends bien que vous n'ayez pas envie que je
fouille dans vos affaires. Mais laissez votre pudeur de côté pour le
moment, d'accord ? En plus, il faut bien que je me trouve un T-shirt, pas
vrai ?
Ava acquiesça, gênée.
— Parfait, reprit-il. C'est bien votre chambre, de l'autre côté de la salle de
bains ? J'en ai pour une minute ; restez allongée et reposez-vous. Je peux
vous faire confiance pour ne pas bouger ?
De nouveau, elle hocha la tête.