— Et après ?

— Après, vous allez en faire quelque chose !

— Ah bon ?

— Ne me dites pas qu'il va falloir que je vous tienne la main tout le temps

?

Ava rougit furieusement, et Vince grogna :

— Bon sang, voilà que je recommence. Je vous fais la leçon alors que rien

de tout cela me regarde. Mais j'ai horreur de voir une jeune femme

talentueuse comme vous gâcher sa vie ! Et je crois que si cette Irene n'était

pas déjà morte, je me chargerais de l'étrangler personnellement.

Ava n'en doutait pas une seconde. Lorsque quelque chose irritait Vince, il

s'emportait facilement, en bon Italien. Peut-être était-ce ce qui l'avait

toujours attirée dans ce peuple qui incarnait tout ce qu'elle n'était pas.

Vince était fougueux, passionné, têtu. Il devait être très excitant d'être

l'épouse d'un tel homme...

— Je vais vous donner les coordonnées de quelqu'un, Ava. Je veux que

vous promettiez de le voir.

— Qui?

— Un certain Giuseppe Belcomo. C'est un artiste de renom et un

professeur talentueux. Il a une petite galerie à Gordon, où il lui arrive

d'exposer les œuvres de ses étudiants. Je suis sûr qu'il vous prendra une

fois qu'il aura vu ce que vous faites.

— Vous... vous croyez ?

— J'en suis sûr. Mais vous devrez être sur vos gardes, parce qu'il essaiera

sans doute de vous séduire. Ça ne rate jamais. Enfin, ne vous inquiétez

pas trop non plus, il aura bientôt soixante-treize ans.