Ava soupira. Giuseppe, même à soixante-treize ans, n'aurait sûrement

aucune envie de la séduire.

— Que veut dire ce soupir ? s'enquit aussitôt son compagnon. Après tout,

je ne sais pas si je dois vous faire confiance pour appeler Giuseppe. Je

ferais peut-être bien de m'en charger moi-même. Oui, ce sera mieux ainsi.

Je vais lui dire de passer. Quel soir vous arrange ?

— II... il ne pourrait pas venir durant la journée ?

— Non. Je tiens à venir avec lui pour m'assurer que vous ne lui racontez

pas n'importe quoi, et pour le surveiller. Et je n'ai pas un jour de libre,

cette semaine. Surtout après aujourd'hui.

Ava éprouva un pincement de culpabilité en se voyant ainsi rappeler le

temps qu'elle lui avait fait perdre.

— Je vous avais dit de ne pas rester, grommela-t-elle. Ecoutez, Vince, je ne

crois pas que tout cela soit une très bonne idée. Je veux dire, je... je...

Un seul regard à son compagnon lui fit comprendre qu'elle perdait son

temps.

— D'accord, dit-elle avec résignation. Appelez votre ami. Mais vendredi est

le seul soir qui me convienne.

— Je ne pensais pas que vous aviez un agenda si chargé ! A vous écouter,

je pensais plutôt que vous meniez une vie paisible.

Ava regrettait à présent de s'être confiée à Vince.

— C'est le cas, reconnut-elle. C'est juste que... je préférerais que Byron ne

soit pas là quand vous viendrez.

— Et vous prétendez que ce n'est pas un ogre...

— Non ! Simplement, il est un peu... difficile, parfois.