Ava leva lentement les yeux vers lui. Ses lèvres s'entrouvrirent malgré elle
et son cœur se mit à battre très fort. L'espace d'un instant, l'allure de
Vince parut ralentir, tandis qu'un voile assombrissait son regard. Ava
aurait juré que son étreinte s'était raffermie, et elle se surprit à songer
qu'il allait peut-être l'embrasser...
Mais c'était là un nouvel effet de son imagination galopante, car il se
contenta de changer la façon dont il la tenait pour mieux franchir les
dernières marches.
— Je pensais que cette maison était dangereuse, marmonna - t-il, et je vois
que je ne m'étais pas trompé.
Mais ce fut sans encombre qu'ils parvinrent enfin au bas de l'escalier. Ava
n'aurait su dire si elle se sentait embarrassée ou déçue. Vince, l'embrasser
? Elle avait sans doute perdu la tête !
— Je... j'achèterai un tapis dès que possible, promit-elle en hâte pour
dissimuler son embarras.
— Quoi ? Ah oui, un tapis. Vous feriez bien, en effet. Et si vous avez besoin
de quelqu'un pour l'installer, j'ai l'homme qu'il vous faut. Un artisan du
nom de Roger White qui travaille pour nous.
— Je préférerais que ce soit vous... Vous ne faites pas ce genre de chose ?
Il hésita, puis sourit.
— Non. Non, je ne fais pas ce genre de chose.
Ava n'insista pas, mais resta sur l'impression étrange qu'ils ne parlaient
pas du même sujet.
— J'enverrai Roger s'occuper également de vos pelouses dès lundi, reprit
brusquement Vince, remontant le couloir à longues enjambées.
— Je croyais que c'était l'un de vos frères qui s'en chargerait?