« Cet homme est un briseur de couples... un salaud sans conscience... Ne
lui adresse plus jamais la parole. Jamais ! »
Mais leur rencontre était accidentelle. A moins que... A moins que Damian
ne l'eût guettée et n'eût fait exprès de lui marcher sur le pied. Mais dans
ce cas, pourquoi avoir attendu aussi longtemps depuis leur dernière
rencontre ? Non, c'était ridicule...
La serveuse partie, Damian reporta un regard inquiet sur elle, avant de se
fendre d'un sourire où se lisait un réel soulagement.
— Vous avez l'air d'aller déjà mieux. J'espère que vous aimez le café ? Si
vous préférez, je peux demander un thé à la place. Et je nous ai commandé
des sandwichs. Je m'apprêtais à aller déjeuner quand je vous suis rentré
dedans, mais j'ai bien peur de devoir rentrer au bureau dans... — il
regarda sa montre — trente minutes.
Son aisance et sa décontraction mirent Gemma à l'aise, et elle s'en voulut
d'avoir pensé durant quelques instants comme l'aurait fait Nathan.
Voulait-elle devenir comme lui, aussi dure et aussi cynique ? Il détestait
par principe tout homme qui osait la regarder. D'après lui, la gent
masculine tout entière n'attendait qu'un signe de la part d'une femme
pour passer à l'attaque.
Si elle appréciait l'extraordinaire beauté de Damian, Gemma devait
cependant admettre qu'il n'était pas son genre. Et puisqu'il pouvait avoir
toutes les femmes qu'il souhaitait, pourquoi se mettrait-il en peine de
séduire une femme mariée et très amoureuse ? Non, elle n'avait rien à
craindre de lui.
— Vous ne vous êtes pas encore enfuie, la taquina-t-il, une lueur rieuse
dans le regard.
— Non, reconnut-elle.