— Allons, à t'entendre, on dirait que je suis un calculateur. ..
— C'est exactement ce que tu es.
Il y eut un lourd silence au bout du fil, et Ava songea avec stupeur qu'elle
n'avait jamais osé parler comme cela à quiconque, et moins encore à
Nathan. Que lui arrivait-il ?
— Tu ne m'as jamais beaucoup aimé, n'est-ce pas ? reprit Nathan avec sa
froideur coutumière.
« Faux. A une époque, j'étais même amoureuse de toi. Mais c'était il y a
très, très longtemps... »
— Comment aimer quelqu'un que l'on ne connaît pas vraiment?
— Tu me connais, Ava.
— Personne ne te connaît, Nathan.
II eut un rire sombre, puis enchaîna :
— Eh bien, je dois dire que tu me surprends. Tu as un côté caché.
— Pas autant que toi.
Elle l'entendit prendre une brusque inspiration et, lorsqu'il parla de
nouveau, ce fut d'une voix qui la fit frissonner :
— Je crois que nous ferions bien d'en rester là, Ava. Il est évident que ta
chute n'a pas émoussé tes capacités intellectuelles. Mais un avertissement
serait peut-être bienvenu... Ne t'avise pas de te mêler de mes affaires, et
encore moins de ma relation avec Gemma. Me suis-je bien fait comprendre
?
— C'est une menace, Nathan ? demanda Ava d'une voix étonnamment
calme, même si son cœur battait fort.
— Juste un conseil.
— Dans ce cas, laisse-moi t'en donner un autre. J'en ai par-dessus la tête
qu'on me dicte que faire et que penser. Dorénavant, je ferai ce que bon me
semble. Me suis-je bien fait comprendre ?